Résultats Présidentielle 2012

» S'identifier
Mardi 10 décembre, 15:08
Accueil > Actualité > Economie > La colère du lait menace de déborder

La colère du lait menace de déborder

Economie


Le prix du lait a baissé de 30 % par rapport à l’an dernier. Les éleveurs peinent à s’en sortir et ne se sont pas mis d’accord, mercredi, avec les industriels lors des négociations.

Les 14 euros de la discorde. Mercredi, au petit matin, c’est pour 14 euros de différence que les négociations « de la dernière chance » sur le prix du lait ont échoué. Les éleveurs laitiers réclament 290 euros pour 1.000 litres. Les industriels n’en proposent que 276. « Il y a eu rupture des négociations, les positions de chacun étaient trop éloignées », expliquait un représentant des producteurs à la sortie de la réunion. Quelques heures plus tard, les représentants des producteurs, des industriels et des coopératives se sont de nouveau retrouvés au ministère de l’Agriculture, pour rencontrer Michel Barnier. Lequel a plaidé pour une poursuite des discussions dans les prochains jours, sans toutefois qu’une nouvelle date soit fixée. Il s’est également déclaré prêt à mettre la main à la poche pour « accompagner » les trésoreries des producteurs laitiers, mais sans préciser le montant de l’enveloppe et les modalités de cette aide.

Effondrement catastrophique

Ce qui a déclenché la colère des producteurs ? Le prix que les laiteries leur ont versé pour le mois d’avril dernier. Entre 203 et 217 euros les 1.000 litres. L’an dernier, en moyenne, il fallait compter 335 euros pour la même quantité. Un effondrement catastrophique pour le secteur, que les industriels justifient par la dégringolade des cours mondiaux des produits industriels (poudre de lait et beurre) et une consommation peu dynamique. Pour protester contre cette décision unilatérale de baisser le prix du lait, les agriculteurs mènent depuis trois semaines des actions tous azimuts, bloquant successivement laiteries et grandes surfaces. « Je peux comprendre la colère des producteurs », a d’ailleurs reconnu le ministre de l’Agriculture, également en campagne pour les européennes. Un conflit qui préoccupe vivement Xavier Bertrand, chef de l’UMP, interrogé hier sur Europe 1. Celui-ci s’est largement exprimé sur la crise du lait, évoquant lui aussi un plan d’accompagnement pour les plus vulnérables. Surtout, il a fixé une date butoir : avant demain, un consensus sur le prix doit être trouvé. Et accessoirement avant le scrutin européen de dimanche.

 


Sébastien Veyssière, éleveur dans le Cantal, 27 ans

“600 euros par mois pour 70 heures par semaine !”


Sébastien Veyssière, jeune éleveur à Chavaillac, dans le Cantal, à la tête d’un troupeau de quarante vaches laitières, s’inquiète pour son avenir. Après les crises de la vache folle, de la fièvre catharrale et la sécheresse, l’effondrement des prix du lait est pour lui « catastrophique ». « Ici, nous sommes dans une zone de montagne, où le lait sert à fabriquer des fromages AOC (cantal, bleu d’Auvergne), donc un produit plus valorisé. Pourtant, nous sommes payés au même tarif que le lait poudre, en partie responsable de la chute des cours », déplore le jeune homme de 27 ans. Sans compter les coûts plus élevés pour alimenter les animaux dans ces territoires parfois difficiles d’accès, et où l’altitude ne permet pas de cultiver des céréales.

« On ne pourra pas survivre »

Déjà, en début d’année, le jeune éleveur a limité son salaire mensuel à 600 euros, contre 1.200 euros en 2008, « pour plus de 70 heures de travail hebdomadaires ! ». « On nous demande de nous adapter, de moderniser l’outil de travail, alors on est obligé d’emprunter. En contrepartie, on nous empêche de vivre correctement », soupire-t-il, en faisant visiter un bâtiment agricole flambant neuf dans lequel il a investi 220.000 euros, indispensable pour « être aux normes ». Avec un prix du lait à 21 centimes le litre, comme au mois d’avril, « c’est impossible, je suis dans le négatif, on ne pourra pas survivre même si on sait se contenter de peu », affirme Sébastien Veyssière. Chaque année, il vend 250.000 litres de lait à l’usine Lactalis – deuxième groupe laitier mondial – de Riom-ès-Montagnes (Cantal), bloquée depuis lundi soir par des éleveurs cantaliens.

Pour autant, il refuse de baisser les bras. « On a un attachement à ce territoire, à nos bêtes, à ce métier », assure l’éleveur, pudique, qui prévoit de se marier cet été et vit avec sa compagne dans une maison, prêtée « gracieusement » par ses grands-parents.

 

Par Alexandra Gonzalez
C'est sur France Soir !

Plus d'articles Economie

Publié : 03/06/09 - 17h41
Mis à jour : 12/03/10 - 14h09
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX


FranceSoir l'e-mag en PDF
FranceSoir l’e-mag a 1 an
N° anniversaire gratuit à découvrir en PDF
Télécharger

France-Soir sur Facebook

Plus d’articles


Dernières vidéos

Audiences TV : Taxi est loin devant

» Voir toutes les vidéos

Les derniers commentaires

    Les membres les plus actifs

    • HeyBaal HeyBaal, le 26 jui à 17:29

      288500 points
      5570 commentaires

      En savoir plus sur HeyBaal


    • nellyolson nellyolson, le 21 sep à 19:55

      203400 points
      3716 commentaires

      En savoir plus sur nellyolson


    • Bluesun Bluesun, le 26 jui à 17:21

      155550 points
      2987 commentaires

      En savoir plus sur Bluesun


    • pasloi pasloi, le 3 mai à 21:48

      150550 points
      2433 commentaires

      En savoir plus sur pasloi


    • Jakyburn Jakyburn, le 20 avr à 21:02

      99900 points
      1686 commentaires

      En savoir plus sur Jakyburn


    Quiz

    Testez vos connaissances

    Quiz Info : Insolites, Retraite, Football et Hollande


    Actu du jour en image

    Horoscope Quotidien 2012

    Minute Trente de Montvalon

    TV Tout sur Secret Stroy 6

    Faits Divers Les maisons de l'horreur