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La défense plaide à deux voix pour Colonna

Procès d'Yvan Colonna


Selon la défense, les aveux des membres du commando ont été “sacralisés”.

Yvan Colonna a déjà été condamné une première fois à la perpétuité, peine alourdie en appel par une période de sûreté de vingt-deux ans
Yvan Colonna a déjà été condamné une première fois à la perpétuité, peine alourdie en appel par une période de sûreté de vingt-deux ans SIPA

La tâche est loin d’être aisée pour les cinq défenseurs d’Yvan Colonna, jugé depuis le 2 mai, et accusé d’avoir abattu le préfet de Corse Claude Erignac le 6 février 1998, à Ajaccio. Quatre d’entre eux – Me Dupond-Moretti n’y était pas – ont déjà vu leur client être condamné une première fois à la perpétuité, peine alourdie en appel par une période de sûreté de vingt-deux ans. Mercredi, l’avocate générale Annie Grenier a requis la peine maximale à l’encontre de l’« assassin du préfet ». Elle s’y est employée durant deux heures, à peine audible. Me Eric Dupond-Moretti n’a pas manqué d’évoquer la scène, déclarant avoir ressenti un « malaise ». « Vous étiez en terrain conquis ! » a-t-il lancé à la représentante du ministère public. Le ténor lillois a qualifié l’attitude d’« arrogance » qui « consiste pour un avocat général à requérir la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté sans dire pourquoi ».

« Les gardes à vue n’ont pas de valeur probante »

Le ton est donné. Jeudi, pendant deux heures, l’avocat s’est attaché à démontrer les errements de la procédure. « Avez-vous tout le dossier ? » a-t-il demandé aux juges, certain que des pièces ont été volontairement écartées. « Pourquoi on n’a pas versé les écoutes téléphoniques ? Est-ce que le nom d’Yvan Colonna avait été prononcé avant les gardes à vue ? » s’est interrogé Me Eric Dupond-Moretti. Et le défenseur de citer deux policiers venus dire à la barre que Colonna était suspecté depuis le mois de décembre 1998, bien avant le placement en garde à vue des membres du commando, auxquels le nom de Colonna aurait été soufflé. Les enquêteurs avaient donc « besoin des accusations », ne possédant aucun autre élément matériel contre le berger.

Me Dupond-Moretti s’est ensuite attardé sur les aveux des membres du commando et de leurs femmes, qui constituent le socle de l’accusation. Selon lui, des « divergences », « détails » dans les déclarations « devaient faire l’objet de questionnements ». Mais « cela n’a pas été le cas ». « Comment dans ce procès historique allez-vous condamner cet homme alors que les gardes à vue n’ont pas de valeur probante ? » a-t-il lancé.

« Hormis la parole du commando, vous n’avez rien ! »

« Aujourd’hui cet homme qui a été accusé est dans une situation infernale, il vit avec la tragédie comme la famille Erignac », a assuré Me Garbarini, venu plaider pour un « homme » et non pas « pour le “berger corse”, pour les habits qu’on a voulu lui mettre ». Sans s’aider de notes, Me Garbarini a reproché aux avocats généraux d’avoir « sacralisé la parole du commando ». « Hormis la parole du commando, vous n’avez rien ! » a-t-il asséné. Puis il a explicité les motivations de ce groupe : « Ces gens-là avaient décidé de changer le nationalisme corse, de faire cesser la dérive mafieuse. Ils ont décidé de la mort d’un homme, et ce sont les paroles de ces gens-là que l’on va prendre en considération ? » L’avocat a ensuite mis en évidence les incohérences dans les déclarations des membres du commando, qui accusent puis se rétractent en refusant de s’expliquer. « A chaque fois qu’ils viennent soit-disant le tirer de là, ils l’enfoncent encore plus ! » s’est-il emporté. « Comment des hommes rodés à l’action armée se sont-ils effondrés au prétexte que leurs femmes étaient en garde à vue ? » s’est-il interrogé. Avant de conclure : « La vérité, hélas ! vous ne la connaîtrez pas. Ça fait partie de ces non-dits, de ces discours insulaires, archaïques, détestables. » « Acquittez Colonna », a-t-il dit, dans un souffle, à la cour spécialement composée. Le verdict est attendu lundi.

Nathalie Mazier
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Publié : 16/06/11 - 19h47
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