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La disparition "incompréhensible" de Ludovic Janvier

Faits divers


Sous les yeux de ses deux frères, le garçonnet de 5 ans a suivi un inconnu, le 17 janvier 1983. Son enlèvement fait l’objet, vingt-sept ans après, d’une réouverture d’enquête. Un dossier qui vient rejoindre ceux des « disparus de l’Isère ».

De « Vivic », Virginie a conservé le cartable de classe, « deux trois souvenirs de petites bêtises » et « un trou noir ». Un gouffre béant, en réalité, dans lequel la famille entière de Ludovic Janvier a plongé inexorablement, quelques minutes seulement après la disparition de l’enfant, le 17 mars 1983. Ce jeudi-là, cela fait à peine trois semaines que la famille Janvier a quitté la Sarthe natale pour s’installer en Isère, en périphérie de Grenoble, à Saint-Martin-d’Hères. Ce 17 mars 1983, c’était également l’anniversaire de Virginie. La cadette de « Vivic », 6 ans, et de Jérôme, 8 ans, l’aînée de Nicolas, 2 ans et demi, allait souffler ses cinq bougies. Une fratrie « rapprochée et complice » autour des parents, Maryline et Jean-Bernard. Une fratrie qu’un inconnu aura amputée de l’un des siens, Ludovic.

Que s’est-il passé le 17 mars 1983, vers 19 h 45 ? Seul Jérôme en garde une image confuse. Du haut de ses huit ans, il se souvient être parti avec Ludovic et Nicolas pour acheter un paquet de Gauloises sans filtre à son père. La mission n’était pas périlleuse : le tabac se trouvait de l’autre côté de la place de la République, juste en face de la maison et à côté de la poste. « A deux cents mètres à peine », précise Virginie, aujourd’hui âgée de 32 ans. Sur le chemin, un homme « de taille moyenne », portant « un casque de moto sur la tête », se rappelle Jérôme, accoste les trois enfants. « Il a dit à Ludovic : “Si tu m’aides à trouver mon chien-loup, je te donnerai des bonbons” ». C’est en tout cas ce qu’a rapporté Jérôme à ses parents, puis aux gendarmes.

« Vivic » n’a pas hésité et n’est plus jamais revenu. L’inconnu l’a-t-il appelé par son prénom, comme s’il le connaissait ? Jérôme croit bien s’en souvenir,
mais n’est plus sûr. Le ravisseur a-t-il prononcé cette phrase au hasard, présumant qu’elle ferait mouche auprès du garçonnet – après tout, le même stratagème n’avait-il pas fonctionné, neuf ans plus tôt à Marseille, lorsque l’auteur du rapt de Maria-Dolorès Rambla avait envoyé le grand frère de l’enfant « chercher son gros chien noir » ? Le meurtre de la fillette de 6 ans, imputé à Christian Ranucci en 1974, et son mode opératoire avaient effrayé la France entière…

Six ans, c’était également l’âge de Ludovic Janvier. Le petit garçon ne sera plus jamais revu. Ni mort ni vivant. L’est-il encore ? Les Janvier le croient, l’espèrent (lire ci-dessous). Depuis sa disparition, sous le coup de la douleur, la famille a implosé. Les parents se sont séparés tandis que les enfants, tout juste adultes, reprenaient le chemin de la Sarthe. En 1985, la justice et les gendarmes de Grenoble ont bien pensé tenir le coupable après avoir découvert un petit cadavre dans une grotte du Vercors. Il n’en était rien. Les Janvier consultent des voyants et des radiesthésistes qui, pas plus que les gendarmes évidemment, ne parviennent pas à trouver la moindre piste. Le kidnappeur était-il un employé de l’usine voisine ? Un homme de passage en Isère ? L’inconnu avait-il repéré l’enfant ? « C’est incompréhensible », murmure Virginie.

Peu à peu, l’affaire a été enterrée. Au sens figuré – un non-lieu a été déclaré –, comme au sens propre puisque, lorsqu’il s’est agi, pour les gendarmes de la cellule Mineurs 38, créée en 2008, de remettre le nez dans les dossiers de neuf enfants disparus en Isère entre 1983 et 1996, la justice s’est aperçue que cinq d’entre eux, soi-disant prescrits, étaient « perdus ». L’inspection des services judiciaires les retrouvera finalement… en juin dernier. Le 2 août dernier, deux juges d’instruction, déjà saisis de quatre enlèvements, dont trois ont été suivis d’un meurtre, ont repris les investigations sur la disparition de Ludovic Janvier. Vingt-sept ans après le rapt de l’enfant.

Virginie Janvier : « Pour la première fois depuis vingt-sept ans, on cherche mon frère »

France-Soir. La justice vient de retrouver le dossier de votre frère, Ludovic, vingt-sept ans après sa disparition. Comment votre famille vit-elle ce rebondissement ?
Virginie Janvier.
 Très mal. Ce qui est hallucinant, c’est qu’il faut qu’un avocat saisisse un ministre pour lui signaler qu’il y a un problème au tribunal de Grenoble pour que, subitement, ils retrouvent les dossiers perdus. C’est un peu dur à digérer quand même !

F.-S. Depuis fin juillet, deux juges d’instruction sont chargés de poursuivre les investigations. C’est tout de même inespéré…
V. J.
C’est bien, je pense que les choses peuvent enfin avancer. J’ai l’impression que, pour la première fois depuis vingt-sept ans, on va vraiment chercher mon frère. Il faut que les juges nous rencontrent, c’est la moindre des choses. On a besoin de savoir où ça en est, même si ce n’est pas facile.

F.-S. Qu’éprouve votre frère aîné, témoin de l’enlèvement ?
V. J.
Jérôme s’en veut beaucoup, même encore aujourd’hui, même si on lui rappelle qu’il n’avait que 8 ans à l’époque. Lui pense qu’il a laissé partir Ludovic. C’est très dur.

F.-S. Vous-même n’aviez que 5 ans en 1983. Quel souvenir gardez-vous de ce 17 mars ?
V. J.
J’étais chez ma grand-mère, je regardais la télé lorsque j’ai vu ma mère et la photo de Vivic à l’écran. C’était le jour de mon anniversaire et j’attendais le cadeau de ma mère. La disparition de Ludovic a détruit toute une famille. Il n’y a plus jamais eu de Noël ou de fête des mères chez nous. Ma mère n’a jamais supporté et mon père est mort dans son chagrin. Mes frères et moi, on lui a fait une promesse avant qu’il ne parte : on saura la vérité. J’en suis sûre.

F.-S. Au fond de vous, que croyez-vous qu’il soit arrivé à Ludovic ?
V. J.
Je ne sais pas. Nous croyons toujours qu’il est vivant. Pour vous dire à quel point : au décès de papa, on a fait bloquer la part de Ludovic, au cas où il reviendrait. On s’est toujours cru dans un film… qu’un jour ou l’autre on nous le rendrait. Comme Natascha (Natascha Kampusch, séquestrée pendant huit ans en Autriche, NDLR). Quand on l’a vue, on s’est dit : mais oui, il faut encore qu’on y croie, ça peut encore arriver tout ça. Si un jour on nous dit que Ludovic est mort, ça va nous mettre une claque…
Par De notre envoyée spéciale dans la Sarthe Sandrine Briclot
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Publié : 07/08/10 - 07h00
Mis à jour : 06/08/10 - 19h11
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