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Les grands crimes du XXe siècle : Docteur Petiot

Faits divers


Le jour, Marcel Petiot soignait bénévolement les indigents en sa clinique de la rue Lesueur à Paris. La nuit, il gazait, dépeçait et brûlait des victimes de la Gestapo, espérant que « M. Eugène » les aiderait à gagner la zone libre ou l’Argentine. L’honorable médecin n’était qu’un tueur en série à qui la Seconde Guerre mondiale donna l’opportunité d’exprimer pleinement sa folie.

Le 11 mars 1944, après que l’alerte fut donnée à cause de la fumée que sa cheminée évacuait, la police découvrit dans sa cave des corps prêts à être incinérés, 72 valises et 655 kg de souvenirs, dont le pyjama du petit René Kneller, disparu avec ses parents.

Né le 17 janvier 1897 à Auxerre, Marcel Petiot est le fils choyé d’un employé de la poste, auquel il donne vite du fil à retordre : l’enfant est connu pour massacrer les chats du quartier. Blessé au front en 1918, le jeune soldat Petiot est réformé en raison de troubles mentaux que l’on impute aux horreurs du conflit.

En 1921, il achève brillamment ses études de médecine (mention très bien) et s’installe au pays, à Villeneuve-sur-Yonne. C’est un bon docteur, que les pauvres consultent sans bourse délier. Il se dédommage auprès de sa riche clientèle : kleptomane, il la déleste de ses effets personnels lors des visites domiciliaires. En 1927, la vie lui sourit, il est élu maire et convole en justes noces. Cinq ans et une ribambelle de vols plus tard, c’est l’infamie. Condamné, révoqué par le conseil municipal, le Dr Petiot est contraint de quitter l’Yonne.

A Paris, il ouvre un cabinet dans le IXe arrondissement et multiplie les larcins. Il échappe à la prison, pas à l’asile : l’internement dure quatre ans. En 1941, il achète un hôtel particulier au 21, de la rue Lesueur, dans le XVIe, qu’il transforme en clinique. Il rénove aussi sa cave, consolide le puits existant, fait installer une imposante chaudière, un large évier. Marcel Petiot est fin prêt à recevoir…

Au cours de l’année 1943, de 20 heures à l’aube, il devient « M. Eugène », spécialisé dans l’aide aux Juifs que pourchasse la Gestapo. Dès la nuit tombée, l’homme dévoué qui ne craint pas les représailles ouvre sa porte aux candidats à la fuite vers la zone libre et l’étranger. Il est réputé avoir « passé » en Argentine quantité d’« indésirables ». Jamais l’un d’eux ne se manifesta par la suite pour témoigner que « M. Eugène » favorisa effectivement sa fuite. Le voyage des malheureux s’est achevé dans le puits de chaux vive ou les tuyaux du calorifère, 21, rue Lesueur.

Lorsque, samedi 11 mars 1944, un voisin s’inquiète de l’odeur nauséabonde et de l’épais nuage noir qui s’échappent de la cheminée, il prévient pompiers et policiers. Pas trace du propriétaire mais, au sous-sol, plusieurs corps dépecés en attente de combustion, des valises, bijoux, vêtements, bibelots, jouets, tout ce que parents et enfants contraints à l’expatriation voulaient emporter, 655 kg de « souvenirs », dira Petiot à son procès. Pour l’instant, il a disparu.

Lors des perquisitions, la police met au jour un ossuaire, un puits rempli de chaux et une chambre à gaz dont la porte est équipée d’un judas qui permet d’assister à l’agonie des victimes. Sur l’égouttoir de l’évier, des résidus de chair humaine…

Tandis que la France découvre l’ampleur de la folie du docteur Petiot, celui-ci se cache parmi les vaillants des FFI (Forces françaises de l’intérieur). Il est devenu le « capitaine Valéry ». Mardi 31 octobre 1944, il est enfin confondu. Accusé de vingt-sept assassinats, il en revendiquera soixante-trois à son procès en 1946. Le médecin précisera cependant que ses « proies » n’étaient que des collaborateurs et des Allemands. La cour ne l’a pas cru et l’a envoyé à l’échafaud.

 


L’affaire Petiot choqua tant le monde entier que, durant une décennie au moins, elle alimenta la chronique. En 1957, France-Soir la déclina en bande dessinée, quatre planches par jour relatant toute l’histoire, du voisin à sa fenêtre, alerté par l’inquiétante fumée, jusqu’à la tête coupée du bon docteur. L’avocat général rapporta que, mené à la guillotine, le médecin s’exclama : « Ah, ça ne va pas être beau ! » Mais avant cet épisode, il y eut le procès dont l’Institut national de l’audiovisuel a conservé de saisissantes séquences (www.ina.fr). Le sinistre Marcel Petiot se présente à la cour d’assises en complet et nœud papillon, paraissant aussi à l’aise que s’il présidait un colloque sur l’art de bien disséquer. Provocateur et arrogant, il est tout sourire lorsque, menant magistrats, badauds et journalistes en sa clinique, il les invite à un macabre tour du propriétaire, leur expliquant comment il gazait, découpait et calcinait ses visiteurs du soir. Durant le mois de débats, il répète inlassablement que ceux-ci n’étaient que collabos ou nazis. Somme toute, il est un patriote, résistant à sa manière. Le 25 mai 1946, il eut la tête tranchée.

 


“Le médecin sortait d’un asile d’aliénés”

Les troubles psychiques de Marcel Petiot se manifestèrent dès l’enfance par une exceptionnelle cruauté envers les animaux. Démobilisé en 1918, il est interné et diagnostiqué neurasthénique. C’est en 1936 seulement que ses pairs prennent la mesure de la maladie mentale du Dr Petiot, alors âgé de 39 ans. Enfermé dans la maison de santé d’Ivry, un asile alors réputé, il en sort « guéri » quatre ans plus tard. A son procès, sous l’œil goguenard du patient, ses psychiatres regretteront de s’être fait berner.

 


“Je suis un voyageur qui emporte ses bagages”

Me René Floriot plaida durant six heures pour sauver Petiot de la peine capitale. En vain. Le 25 mai 1946, un gardien de la prison de la Santé le réveille pour le mener à l’échafaud. « Tu me fais chier », lui rétorque le condamné. Alors qu’il se tient devant la guillotine, l’avocat général lui demande s’il a quelque chose à déclarer. « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ! » répond-il. Donc ses secrets. Son histoire inspirera treize écrivains et Michel Serrault l’incarnera à l’écran.

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Publié : 06/08/09 - 18h06
Mis à jour : 12/03/10 - 14h21
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