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Les grands crimes du XXe siècle : Guy Georges

Faits divers


Lorsqu’il a été interpellé, non loin de la station de métro Blanche, le 26 mars 1998, toutes les Parisiennes – et pas seulement celles de l’est de la capitale – ont respiré. En mars 2001, lors de son procès devant la cour d’assises, Guy Georges a avoué avoir violé et tué sept jeunes femmes.

En pleurant, le serial killer a demandé pardon aux familles des martyrs mais, somme toute, il n’a qu’un mérite, avoir contribué à la création d’un fichier regroupant les empreintes ADN des déséquilibrés sexuels en France. Si un tel outil avait existé, Magali Sirotti et Estelle Magd seraient en vie. Et peut-être aussi Agnès Nijkamp et Hélène Frinking. Les audiences, Anne Gautier, la mère d’Hélène, n’avait pas souhaité les vivre. Elle leur avait préféré les remparts protecteurs d’un couvent de la région d’Avignon. Après le verdict, inéluctable – la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans –, la maman quittait ses sœurs de charité pour rentrer chez elle : « J’aurai encore plus froid, je serai encore plus seule mais je serai très sereine », confiait-elle alors à Jean-Frédéric Tronche, le journaliste de France-Soir qui l’interrogeait.


Quand Elisabeth O. avance son fauteuil roulant au pied du box des accusés des assises de Paris, c’est une jeune femme qui force l’admiration, à commencer par celle de son avocat, le talentueux Me William Bourdon. « La jeune femme de 31 ans aux longs cheveux roux échange un lourd regard avec Guy Georges », note Olivier Pelladeau, le chroniqueur de France-Soir. Le président Jacob interrompt le dialogue silencieux et s’adresse à Guy Georges qui, jusqu’à cette minute, nie ses crimes : « Quelles étaient vos intentions ? »
« Comme les autres.
– Vous vouliez juste la tuer ?
– Non, la violer aussi. »
Elisabeth O. est une miraculée. Elle a échappé de peu au pire, le 16 juin 1995, lorsque sa route tranquille d’étudiante en médecine a croisé celle du « tueur de la Bastille », sous le porche de son immeuble de la rue des Tournelles (XIe ). « Je ne saurai jamais si Pascale Escarfail aimait les fleurs, si Agnès Nijkamp aimait lire. Mais je sais comment elles sont mortes. C’est une intimité assez inattendue. J’ai réalisé qu’elles étaient mes sœurs de sang », dit-elle, digne et – c’est assez remarquable – sans haine pour celui qui a brisé sa vie. Elisabeth, bâillonnée sur son lit, a sauté par la fenêtre. Ce n’est pas la raison de sa paraplégie : après le drame, la malheureuse a été fauchée par une mauvaise vague sur des rochers. Elisabeth a vu son agresseur mais elle ne l’a pas reconnu sur la photo que les enquêteurs de la brigade criminelle lui présenteront. Elle dira qu’il était « de type maghrébin », alors que Guy Georges est d’origine antillaise, et n’aura de cesse de s’en vouloir. Pourtant, c’est à elle que l’on doit le repentir de l’assassin. Pour cela, et pour son courage, Elisabeth O. mérite d’avoir l’esprit en paix.

Guy Georges « a tenu en échec, pendant près de sept longues années, les as de la crim », souligne France-Soir en 2004. C’est vrai. Les limiers du 36, quai des Orfèvres ont joué de malchance avec l’assassin. Deux mois avant d’être arrêté, le tueur était interpellé pour un vol de scooter. Et ressortait libre du commissariat après être passé devant son propre portrait-robot ! Dans leur enquête, les policiers étaient bien tombés sur une fiche de relevés génétiques, datée de 1995. A l’époque, la culpabilité de Guy Georges n’avait pas été établie. Mais l’empreinte existait. Encore aurait-il fallu que la loi autorise de la comparer avec celles prélevées sur les scènes de crimes du « tueur de la Bastille »… De surcroît, l’homme avait été condamné une première fois à une peine de dix années d’emprisonnement pour avoir sauvagement agressé une étudiante de 21 ans, à Nancy. Violée, giflée, ligotée et à moitié égorgée, Pascale N. s’en était tirée avec un traumatisme profond. Guy Georges, lui, avait été interpellé dans la soirée, trahi par l’empreinte de sa chaussure. Il profitait d’une permission de sortie alors qu’il purgeait une peine pour attentat à la pudeur.

 

A Paris, en 1997, c’est le juge Gilbert Thiel qui instruit l’affaire du « tueur de l’est parisien », vite baptisé « maniaque » par la presse. Ce 16 novembre, il vient d’apprendre le meurtre d’Estelle Magd. Comme les précédentes victimes, la jeune fille de 25 ans a été sauvagement violée. Le magistrat, peut-être plus qu’à son habitude, bouillonne : « Ce salaud-là, quand je le verrai… » (*) Il écrase sa gitane sans filtre, s’assoit sur la procédure et décroche son téléphone. Le juge appelle tous les laboratoires de génétique de France : il leur demande de comparer l’ADN du tueur avec leurs fichiers. Seuls des labos privés et le CHU de Nantes (Loire-Atlantique) acceptent de transgresser la légalité. Le 24 mars 1998, le Dr Olivier Pascal, spécialiste en génétique moléculaire à Nantes, prévient le magistrat : le tueur en série a un casier, il s’appelle Guy Georges. Deux jours plus tard, place Blanche, le maniaque est plaqué au sol par deux policiers. C’était moins une : une paire d’heures plus tôt, une radio avait imprudemment livré son nom sur les ondes.

Onze ans plus tard, au 36, quai des Orfèvres, aucun enquêteur n’a oublié ni l’affront ni l’arrivée de Guy Georges dans les locaux de la PJ. Martine Monteil, la patronne de l’époque, et ses hommes sont tous là lorsque le prisonnier gravit, dans un silence de mort, les larges marches usées de l’escalier en colimaçon. En haut, l’attend le juge Thiel. « Je lui ai demandé s’il était bien Guy Georges en citant des affaires d’agressions sexuelles pour lesquelles il avait déjà été condamné. Il a répondu : “J’ai déjà payé pour ça.” Je lui ai alors dit : “Je viens pour le solde.” (…) Il s’est évanoui. » C’est Elisabeth O. qui lui fera reprendre ses esprits.

(*) Entretien avec le juge Gilbert Thiel, paru dans L’Express, le 24 octobre 2002

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Publié : 10/08/09 - 18h40
Mis à jour : 12/03/10 - 14h22
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