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Les grands crimes du XXe siècle : Marcel Barbeault

Faits divers


On imagine que le « tueur de l’ombre » goûte peu celle des murs de la centrale de Saint-Maur (Indre), où il purge sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. Surtout en ce lundi 10 août 2009, jour de ses 68 ans – qu’il nous pardonne ce coup de projecteur. Disons-le : Marcel Barbeault a toujours nié. Mais deux procès n’y ont rien fait. Sa 22 long rifle à canon sciée, son imperméable et ses cambriolages ont désigné Barbeault comme étant l’assassin qui terrorisa les alentours de Nogent-sur-Oise dans les années 1970. Qui était-il ?

« Gros, grand, gras, Marcel Barbeault, chemise crème, cravate marron et verte, blazer bleu, pantalon de flanelle, tient dans son énorme main droite le micro. » En ce 25 mai 1981, date de l’ouverture de son premier procès devant les assises de l’Oise, l’accusé ne séduit guère les chroniqueurs judiciaires qui se pressent sur les bancs de la presse. En tout cas pas l’envoyé spécial de France-Soir, Renaud Vincent, qui note encore de son écriture en pattes de mouche ces détails impitoyables : « Visage empâté, nez et sourcils puissants, cheveux à crans noirs et fournis, menton épais, joues sanguines. Mais aussi des yeux marron mobiles et perçants. » Voilà le « tueur de l’ombre », qui « ne reconnaît que deux vols : un chronomètre et une casquette », habillé pour l’hiver…

Il faut avouer que quatre années et demi de « préventive » ont sans doute eu raison de la silhouette athlétique du quadragénaire qui pratiquait la boxe et le judo en amateur. C’était à l’époque où Marcel Barbeault trompait son monde. Dans la cité des Martinets, à Montataire (Oise), tout le monde appréciait le mari de Josiane – une grande femme blonde et élégante – et père de ses deux fils. Barbeault faisait les « trois huit » à l’usine Saint-Gobain voisine, à Rantigny. Un travailleur bien noté, « calme et ponctuel », comme la cour d’assises le constate lors de l’interrogatoire de personnalité de l’inculpé. Marcel Barbeault est né le 10 août 1941 à Liancourt, toujours dans l’Oise, d’un père conducteur de locomotive à vapeur et d’une mère travaillant dans le textile. Lui a embauché à l’âge de 14 ans comme chauffeur de rivets. Engagé volontaire, il part pour l’Algérie, où la guerre fait rage. « Cœur Vaillant » d’abord, militant de la JOC (NDLR : Jeunesse ouvrière chrétienne) ensuite, il aurait voulu être parachutiste ou gendarme. Mais le vertige et une allergie au Code de la route (huit échecs) l’ont empêché d’entrer dans la carrière », écrit Renaud Vincent. « Je voulais devenir militaire. J’aime tout ce qui touche à l’armée », reconnaît l’accusé, assis dans le box.

En 1964, il épouse Josiane, une jolie sténodactylo rencontrée au cinéma. Deux enfants naissent de l’union : Patrice en 1966 et Laurent en 1972. C’est cette année-là que Marcel sort du chemin de l’usine. « Quinze cambriolages. Toujours à cyclomoteur, toujours dans des maisons situées sur mon itinéraire », avoue-t-il en justifiant « ne pas gagner assez d’argent ». Barbeault aurait volé un bistouri, une paire de jumelles, des bouteilles d’apéritif, une perruque de femme… « Juste un chronomètre et une casquette », assure-t-il. Et les crimes ? Cinq meurtres de jeunes femmes brunes et petites lui ont été collés sur le dos par la justice – trois autres lui sont attribués mais n’ont jamais été retenus. « Un jour, il est arrivé à l’usine avec de la boue et des tâches de sang sur son duffle-coat », rapporte un ancien camarade de travail. « J’avais été renversé par une voiture », proteste Barbeault. L’accusé concède aimer les armes et être un bon client du magasin Le Fusil Rouge de Creil. D’où tenait-il le silencieux et la carabine trouvés dans sa cave ? De son cambriolage chez M. Landais, qui possédait les deux ? « J’ai trouvé la carabine dans un sac de jute au cimetière de Laigneville, derrière une tombe que j’allais régulièrement entretenir » – celle de sa tante Octavie. Barbeault se débat, en vain. Les charges sont lourdes : il ressemble tant au portait-robot dressé au lendemain du meurtre de Julia Gonçalves. Le 26 décembre 1975, le corps partiellement dévêtu de la jeune Portugaise était retrouvé aux abords d’un parc de Nogent-sur-Oise. De surcroît, un coup de téléphone anonyme a désigné le « tueur de l’ombre » : « Agé de 35 ans, il mesure 1,80 m, il est marié à une blonde, il a deux enfants, pas de permis de conduire, il a fait l’Algérie, il a pratiqué la boxe et il a travaillé chez Rivière… » Le commissaire Christian Jacob n’a jamais réussi à identifier le « corbeau » mais il a trouvé Barbeault. Et l’inspecteur Daniel Neveu, lui, a fait le rapprochement entre une douille de 22 LR trouvée au cimetière et la carabine découverte dans la cave de l’accusé.

 

Maître Jean-Louis Pelletier a plaidé cinq heures en juin 1981 pour sauver la tête de son client – la peine de mort avait été requise, contrairement aux instructions du garde des Sceaux. « Je ne suis pas certain de son innocence, mais encore moins de sa culpabilité », a argué l’(excellent) avocat. « Circonstances atténuantes mais perpétuité », lui ont répondu – curieusement – les juges. Le dossier, toutefois, n’en restera pas là. Car, saisie par Marcel Barbeault, la Cour de cassation en décidera autrement en annulant le verdict. La raison ? La peine de mort abolie, l’accusé, auquel le jury avait accordé des circonstances atténuantes, pouvait prétendre à une peine moins lourde…
Deuxième round donc, en novembre 1983 devant les assises de l’Oise. L’accusé nie toujours les meurtres qui, précisons-le, n’ont jamais eu de témoin direct. Jean-Louis Pelletier et son jeune confrère Thierry Herzog sont sur le banc de la défense. Mais les éléments à charge aussi restent les mêmes. Les jurés ont, eux, changé, mais leur position ne variera pas. Le 3 décembre 1983, France-Soir titre de nouveau « Barbault condamné à perpétuité ».

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Publié : 09/08/09 - 16h07
Mis à jour : 12/03/10 - 14h22
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