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Nantes : Cinq dépouilles honorées et un absent

Tuerie de Nantes


Une semaine après la découverte du quintuple assassinat de la famille Dupont de Ligonnès, l’heure était au recueillement pour les proches nantais des cinq victimes. Avant une inhumation dans l’Yonne.

Les obsèques, jeudi, des cinq victimes de la famille Dupont de Ligonnès, en l'église Saint-Félix de Nantes
Les obsèques, jeudi, des cinq victimes de la famille Dupont de Ligonnès, en l'église Saint-Félix de Nantes MaxPPP

Il est 11 h 25, jeudi. Deux motards de la police ouvrent la voie, sur le boulevard de l’Amiral-Courbet, dans le centre de Nantes (Loire-Atlantique), vers l’église Saint-Félix. Derrière eux, des véhicules bleu nuit d’une société de pompes funèbres. Un, deux, trois, quatre, cinq. À leur bord, les dépouilles d’Agnès de Ligonnès, 48 ans, et de ses quatre enfants : Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans. Dans le dos de ce défilé, l’hôtel de police. Comme ouvrant une parenthèse dans l’enquête sur leur mort et les recherches de leur père et époux, Xavier Dupont de Ligonnès, le convoi gravit la colline vers un moment d’intimité, entre les murs de l’église où la famille, catholique pratiquante, avait ses habitudes. Pour la messe, pour diverses activités caritatives et associatives, pour des groupes de prière et de réflexion.

« N’ayez pas peur »

Trois heures plus tard, les cloches de l’église, débordant d’amis et de proches, commencent à résonner. Seuls le dispositif d’ordre mis en place par la préfecture et le crépitement des appareils photo rappellent la fin funeste de la famille Dupont de Ligonnès. Sur le parvis de l’église, des grappes de jeunes gens, vêtus solennellement de noir ou en tenue ordinaire, arborent tous le même visage grave, défait. À leur âge, on les devine venus d’Angers ou de Saint-Laurent-sur-Sèvre, où Thomas et Arthur poursuivaient leurs études il y a quelques semaines encore, ou camarades de classe d’Anne et Benoît, au collège et lycée de la Perverie-Sacré-Cœur. Tous égaux, comme les amis d’Agnès venus en nombre, dans la douleur et l’incompréhension.

Les premiers mots, prononcés au nom de la famille d’Agnès, s’adressent aux jeunes, qui ont « su adoucir notre douleur par toutes ces marques d’affection ». Des SMS, des courriels, des fleurs déposées devant la maison du drame, une marche silencieuse organisée mardi. À eux, les jeunes, un message, emprunté au pape : « N’ayez pas peur », « Croyez en la force de la vie et de l’amour », « Le hasard n’existe pas, il n’y a que des rendez-vous que nous ne pouvons pas lire »…

Ce sont ensuite des amis des enfants qui ont pris la parole, d’une voix brisée, pour décrire ce qu’ils perdent. « La bonne humeur, l’enthousiasme, l’humilité, ma passion pour la musique de Thomas » ; les « blagues pas toujours drôles », l’« incroyable gentillesse » d’Arthur. Pour dire à Anne « merci d’avoir été toi ». Pour louer les talents musicaux et sportifs de Benoît, son « esprit affûté », pour lui rapporter une opinion répandue : « Tu avais le caractère pour être prêtre »… Pour témoigner du « sourire malgré les difficultés cachées » d’Agnès, envoyer la mère de famille vers ce Dieu qu’elle avait « enfin trouvé ».

Un « abîme de non-sens »

Seul absent de cette cérémonie pleine d’émotion, Xavier Dupont de Ligonnès. Pas une fois son nom, sa place dans la famille ne seront évoqués. Lui est laissé à la « justice des hommes ». Car ce moment ne lui appartient pas. « Ne perdons pas notre cœur à scruter le mystère de l’horreur », intime le prêtre, ajoutant aux siens les mots d’un message de l’évêque de Nantes, décrivant cette épreuve comme un « abîme d’absurde et de non-sens ». Dominique, une amie de paroisse d’Agnès, salue l’« émotion, la retenue » de cette cérémonie. « C’est une force inouïe, ajoute-t-elle, de savoir qu’ils sont partis ensemble ». Attend-elle la capture de Xavier ? « Ça changerait quoi ? » Aux yeux de cette « justice des hommes », aujourd’hui incarnée par les polices du monde entier qui cherchent à retracer l’itinéraire du « témoin » disparu, elle mettrait une explication sur un geste incompréhensible.

De notre envoyé spécial à Nantes, Jérôme Sage
Publié : 28/04/11 - 19h26
Mis à jour : 29/04/11 - 07h51
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