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Scandale dans les instituts médico-légaux français

Faits divers


Des familles dénoncent des dysfonctionnement dans les instituts médico-légaux. France-Soir publie le témoignage exclusif d'un thanatopracteur de la morgue de Lens qui pointe les actes de certains médecins légistes.

Certains corps sont inversés, d'autrent disparaissent à l'occasion d'autopsies (illustration)
Certains corps sont inversés, d'autrent disparaissent à l'occasion d'autopsies (illustration) MaxPPP

Bien que brisées, ces familles sont déterminées à connaître la vérité. Chacune a perdu, entre 2004 et 2009, un proche dont la mort a été déclarée suspecte. Aucune n'a pu voir le corps après qu'il ait été transporté à l'institut médico-légal (IML) de Lens pour y être autopsié. Toutes sont, aujourd'hui, habitées par le doute. Les corps dans les cercueils scellés qui leur ont été remis sont-ils les bons ? Si oui, leur intégrité physique a-t-elle été respecté ? « Nous avons des témoignages de certains membres du personnel qui pensent que les cercueils ne comportaient pas les corps de leurs parents. Nous savons aussi que ces autopsies ne se sont pas déroulées dans les règles de l'art. Il y a eu des agissements contraires à la déontologie humaine », explique leur avocat, maître Philippe Missamou. Il a demandé au parquet de Béthune, le 4 juillet dernier, d'exhumer dix corps. Mais sa requête a été rejetée, lundi, par la procureur de la République, Brigitte Lamy. Maître Missamou ne s'avoue pas vaincu. Il a déposé, cette semaine, une assignation en responsabilité devant le tribunal de grande instance de Paris contre le ministre de la Justice, Michel Mercier.

"Ils nous ont refusé le dernier regard"

Certaines de ces familles se posent des questions depuis 7 ans. En 2004, Anita et Jean-Marie Gilliot perdent Adrien, leur fils de 18 ans. « Il a été retrouvé à un kilomètre de chez nous, sur le bord de la route. Les gendarmes n'ont jamais déterminé ce qui lui était arrivé », confie Anita. Lorsqu'ils viennent récupérer le corps de leur fils à l'IML de Lens, le cercueil est déjà scellé. « On se posait des questions, ils nous incitaient à incinérer son corps. Ils nous ont refusé le dernier regard. On ne sait même pas s'il a été habillé », poursuit-elle. En 2005, Isabelle Faes perd sa fille Vanela, 11 ans. Son fils l'a trouvée un matin, dans son lit, inanimée. « La mort étant suspecte, on m'a prévenu qu'on allait l'autopsier. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas de quoi elle est décédée », raconte-t-elle. Là encore, le cercueil qui lui est remis est scellé. « Je l'ai enterré sans l'embrasser, sans la toucher, sans voir si c'était bien. » Chantal Dauchy, elle, perd son époux en 2006. « Il était routier. Il est décédé à 56 ans, dans son camion à l'arrêt. Depuis cinq ans, je ne sais pas de quoi il est mort », rapporte-t-elle. Le corps de son mari lui est rendu neuf jours plus tard. « Le cercueil était mal scellé. Ma fille a vu que sa veste de costume se trouvait à ses pieds. Il n'a pas été habillé, j'en suis sûr. »

   Maître Philippe Missamou, aux côtés de Hervé Louvrié et d'autres familles touchées par ce scandale

"Les corps n'étaient jamais recousus"

En 2008, les dysfonctionnement de l'IML de Lens éclatent au grand jour grâce à Hervé Louvrié, un pompier originaire d'Haillicourt dont l'épouse s'est suicidée. L'entrepreneur des pompes funèbres confie à Hervé que le corps de son épouse n'a pas été recousu et que ses organes se trouvent dans un sac plastique, au pied du cercueil. Hervé prend un avocat, écrit au procureur de la République, au Ministre de la Justice, à François Fillon et aux médias. C'est en lisant son histoire dans la presse que d'autres familles comprennent qu'elles ne sont pas seules dans cette situation. Suite à une enquête administrative liée à l'action judiciaire engagée par Hervé, la salle d'autopsie de l'IML de Lens est fermée en décembre 2008. « Monsieur X », un Thanatopracteur d'une vingtaine d'années, y a travaillé plusieurs années. « On s'apercevait que les corps n'étaient jamais recousus, que cela soit des enfants ou des personnes âgées. C'était presque systématique. Ils étaient ouvert du menton jusqu'au pubis, couvert de lacérations sur les bras. Le crane était décalotté. Les médecins leur retiraient la peau du visage, comme on fait aux lapins. Les organes, étaient mis dans un sac en plastic et déposé au pied du défunt », explique-t-il à France-Soir sous couvert d'anonymat, précisant qu'il était disposé à venir témoigner devant la justice.

"Je ne sais pas où est le corps de ma sœur"

L'IML de Lens n'est pas le seul mis en cause. D'autres familles, originaires de toute la France, se sont rapprochées du collectif des familles du nord. Parmi elles, Marie-Christiane Daujimont. Sa sœur, Eliane Kabile, décède en 2001 alors qu'elle est hospitalisée à Gonesse suite à une douleur à la cheville. Depuis qu'elle a lu le rapport d'autopsie, Marie-Christiane est certaine que les légistes l'IML de Garches se sont trompés de corps. Le 30 juin 2003, Eliane est exhumée. « Ce n'était pas le cercueil de ma sœur. A l'intérieur, il y avait plusieurs corps découpés en morceaux. Aujourd'hui, il existe plusieurs cadavres enregistrés au nom d'Eliane Kabile. Pourtant, je ne sais pas où est le corps de ma sœur », glisse Marie-Christine, espérant que cette ultime action en justice apporte enfin la vérité. 

Thibaut Chevillard

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Réactions à cet article4 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 15 jui à 13:31

    Anonyme-77656
    Quelle tristesse

    de lire cet article. Quel dommage que ces légistes n'aient pas les qualités de respect, de déontologie, d'humanité du docteur Michel Sapanet !



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  • Par Dr. Cherif Ghalizani, le 15 jui à 16:43

    Dr. Cherif Ghalizani
    Se plaindre des hopitaux en France...lisez ceci

    Ariane Lacoursière

    La Presse


    Des rats capturés par centaines. Des moisissures dans les murs. Des employés qui se plaignent de maux de tête et de problèmes respiratoires parce que l'air ambiant est vicié... Plusieurs immeubles du réseau de la santé québécois commencent à se faire vieux, et des problèmes de salubrité y surgissent chaque année, révèlent des documents obtenus par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

    Du mois d'août 2009 à aujourd'hui, plus de 470 rats ont été capturés à l'hôpital Louis-H.-LaFontaine, à Montréal. Selon les rapports des firmes d'exterminateurs, jusqu'à 64 rats ont déjà été vus à l'extérieur des pavillons Cloutier, Lahaise et Bourget. Pendant plusieurs semaines, en 2009 et en 2010, on a capturé au moins trois rats par semaine. La plus grosse récolte aura été d'une douzaine en un seul jour.


    La vermine entrait dans les pavillons par le compacteur à déchets. «Le compacteur a été réparé en septembre», explique le porte-parole de l'établissement, Jean Lepage. Malgré tout, il arrive parfois que des rats se retrouvent dans l'hôpital. L'immeuble, construit en 1900, se fait vieux. «La canalisation a quelques problèmes. La bâtisse est vieille. On travaille de façon continue avec une entreprise d'extermination», explique M. Lepage, qui assure que les rats ne se trouvent jamais dans les unités de soins.


    L'hôpital Louis-H.-LaFontaine n'est pas le seul aux prises avec des problèmes de vermine. Le 7 décembre 2010, on a trouvé un rat mort dans le plafond du CHSLD Saint-Michel, à Montréal. À l'hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, on a installé des pièges dans la buanderie le 9 février 2010, car un rat avait été aperçu à l'intérieur d'un chariot à linge. Deux autres bêtes ont été prises le 15 juin 2010 et une autre le 9 septembre 2010 à la cuisine.


    Blattes et fourmis


    Certains établissements du réseau sont aux prises avec des insectes. Le 17 janvier 2011, des blattes germaniques ont été trouvées au centre de santé et de services sociaux (CSSS) Champlain «car les drains des chambres sont pleins de matières organiques», est-il écrit dans le rapport de l'exterminateur. Au CSSS Cavendish, en octobre 2010, des fourmis ont envahi le pavillon du 6465, avenue Chester. «Il y a beaucoup de nourriture sur le plancher», écrit l'exterminateur. En septembre 2008, des insectes d'humidité «montent sur les murs et sur les patients» au service de pneumologie de l'hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval. Toutes ces situations ont été corrigées depuis.


    Alexandre Prud'homme, de la firme ABC Extermination, explique que la plupart de ces insectes sont inoffensifs. Seules les blattes germaniques, qui mesurent environ 1 cm une fois adultes, sont «un peu plus problématiques». «Elles peuvent transmettre des maladies. Et comme elles muent et produisent beaucoup d'excréments, beaucoup de particules peuvent se retrouver dans l'air et causer des problèmes respiratoires», note M. Prud'homme.


    Moisissures


    Les infiltrations d'eau causent aussi parfois des problèmes de moisissures dans les établissements de santé. À l'hôpital Louis-H.-LaFontaine, deux rapports datés de décembre 2010 notent l'état de décomposition avancé des pavillons Dominique-Bédard et Louis-Riel. «Haut niveau de dégradation et de contamination des lieux, principalement au pavillon Louis-Riel. Forte odeur de moisi dès notre entrée. Moisi sur la majorité des murs et plafonds», écrit l'inspecteur dans son rapport.


    Le pavillon Dominique-Bédard a été construit en 1896?; Louis-Riel, en 1936. «L'entretien de l'enveloppe extérieure des deux pavillons semble avoir été insuffisant au cours des années, causant l'état que l'on connaît actuellement», dit le rapport. L'équipe du Centre d'études sur le trauma a dû déménager au début de 2010 à cause des odeurs de moisissure et de l'humidité importante dans les deux pavillons. En avril 2010, les bureaux de deux ergothérapeutes ont été évacués, car les employés avaient des malaises.


    M. Lepage explique que de récents travaux pour construire des immeubles d'habitation non loin de l'hôpital pourraient avoir accéléré la dégradation de ces pavillons: «On soupçonne que les eaux souterraines ont été perturbées.» Il assure que des travaux ont été réalisés et que, là encore, aucune unité de soin n'est touchée. «Notre bâtisse est vieille et on doit vivre avec ça. On investit beaucoup pour régler tous les problèmes, et on y arrive», dit-il.


    En outre, la piètre qualité de l'air cause parfois des problèmes aux employés du réseau. Au CLSC René-Cassin, à Montréal, une analyse de la qualité de l'air a été réalisée le 4 juin 2010 parce que les employés se plaignaient de certains symptômes. Il faisait aussi trop chaud dans plusieurs locaux. Le rapport a recommandé de se débarrasser des tapis et de remplacer les tuiles mouillées, ce qui a été fait. Au CSSS de l'Ouest-de-l'Île, un rapport datant de janvier 2010 conclut que les concentrations de dioxyde de carbone sont trop élevées, car «aucun système de ventilation ne dessert directement les chambres».


    La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé, Régine Laurent, n'est pas surprise par l'état de salubrité des hôpitaux. «Il y a eu beaucoup de coupes dans l'entretien. Les gens font ce qu'ils peuvent. Mais c'est déplorable de noter que les endroits qui devraient être plus propres que propres ne le sont pas toujours, dit-elle. Ce n'est pas parce que nos bâtiments sont vétustes qu'ils sont sales ou remplis de vermine.»



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  • Par Anonyme-77656, le 15 jui à 17:18

    Anonyme-77656
    L'UML de Lens doit être sévèrement puni

    Le commentaire du Dr Ghalinazi est intéressant, certes, mais il concerne le Canada et non la France. J'espère que les hôpitaux français ne connaîtront jamais un tel état d'insalubrité scandaleuse! En ce qui concerne le comportement honteux et scandaleux des légistes de l'IML de Lens, ces médecins méritent une sanction exemplaire! Il semble que des prélèvements d'organes étaient faits sur les cadavres, ce qui est inadmissible. Par ailleurs, cet IML n'aurait jamais dû rendre des cercueils scellés aux familles car celles-ci ont quand même le droit de voir leur défunt une dernière fois pour lui dire adieu, après la toilette funéraire et aussi pour avoir la preuve que les vêtements confiés aux thanatopracteurs lui ont bien été enfilés! Cet IML n'avait pas à jouer avec la sensibilité des familles, déjà éprouvées par la mort de leur proche, c'est pourquoi il mérite d'être sévèrement puni, du moins les médecins impliqués dans ce scandale.



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  • Par Anonyme-77656, le 15 jui à 20:29

    Anonyme-77656
    Je suis perplexe

    Je me demande quand même si on doit montrer un corps mutilé par un accident ou un crime à une famille déjà bien éprouvée. Mais au moins le montrer avant l'autopsie et dire qu'ensuite on ne le montrera pas pour des raisons évidentes. Qu'il y ait un corps étranger à la famille dans le cerceuil, je dois avouer que je ne le comprends pas. Y a-t-il un traffic?? Comment les familles peuvent-elles vérifier sans être sérieusement traumatisées??



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Publié : 15/07/11 - 13h13
Mis à jour : 15/07/11 - 13h14
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