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“Un cauchemar nommé Iran”

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Directeur de recherche à l’Institut français de géopolitique, professeur à Sciences-Po, auteur de plusieurs ouvrages dont Horizons géopolitiques (Seuil), Frédéric Encel confie à FranceSoir.fr son sentiment sur les relations entre les Etats-Unis et Israël qui, à ses yeux, restent, par-delà les apparences, foncièrement immuables et plus que jamais déterminées par la… bombe iranienne.

FRANCE-SOIR. Il se dit souvent que les relations entre les Etats-Unis et Israël connaîtraient une nette évolution depuis l’élection de Barack Obama et qu’elles trahiraient une certaine tension. Etes-vous de cet avis ?
FRÉDÉRIC ENCEL.
On exagère beaucoup au sujet du clash entre les Etats-Unis et Israël, au regard notamment de la composition du gouvernement de Benyamin Netanyahou et de l’approche nouvelle des
problèmes proche-orientaux par Obama. Franchement, je n’y crois pas. Pour l’instant, j’estime au contraire que nous assisterons au maintien du très haut niveau d’alliance entre les deux pays.

Pourtant, il y a bien eu certaines inflexions dans les discours…
Oui, j’en conviens, le ton a changé et Barack Obama verse sans doute moins dans les accolades à tout-va que ses prédécesseurs. Il est fermement décidé à en finir avec le conflit israélo-arabe. Mais pour l’heure, sur le fond, le discours présidentiel n’est pas révolutionnaire : je rappellerais que depuis 1967 Washington considère officiellement comme illégales les implantations israéliennes. Encore Obama n’exige-t-il pour l’instant que leur gel, et non leur démantèlement. Pour le reste, il demande à Netanyahou de faire appliquer la loi israélienne ! C’est-à-dire démanteler les avant-postes illégaux du point de vue du législateur israélien lui-même… Parallèlement, le président américain a laissé passer la prorogation de l’intégralité des aides américaines à Israël, en janvier dernier, sans rien exiger en contrepartie. On est encore très loin des pressions économiques qu’un George Bush père avait exercé sur Israël en 1990-91, et je doute qu’en dépit des désaccords actuels, on en revienne à cette situation.

Par conséquent, la reprise des pourparlers concernant la création d’un Etat palestinien vous paraît plus que jamais hypothétique…
La coalition actuellement au pouvoir en Israël n’est pas pressée. C’est incontestable. Les Américains le sont davantage, mais sur la notion d’Etat palestinien, je renvoie au texte des accords d’Oslo dans lesquels, contrairement à une idée largement répandue, l’expression « Etat palestinien » ne figure pas. Ce fut sans doute une erreur mais c’est ainsi. Il faut donc repartir sur des bases claires et un horizon sans ambiguïté ; le principe « deux Etats, deux peuples » me paraît tout à fait incontournable. Du reste, tous les sondages confirment que la population israélienne est majoritairement favorable à la solution des deux Etats vivant côte à côte. Et Netanyahou le sait d’autant mieux que l’un de ces prédécesseurs, Ariel Sharon en personne, l’avait admis avant le retrait total de Gaza en 2005, suivi par Ehoud Olmert en 2007. Je crois l’actuel Premier ministre israélien otage plutôt que leader de sa coalition gouvernementale.

L’Arabie saoudite et l’Egypte vous semblent-elles pouvoir interférer de manière déterminante dans le jeu diplomatique ?
Il est certain qu’elles occupent une position dominante dans le monde – et la Ligue arabe –, et qu’à ce titre, leur rôle respectif ou commun reste fondamental. Mais depuis plusieurs années, leur cauchemar ne se trouve pas être l’Etat juif mais bien le régime des mollahs à Téhéran. Puissances arabes et sunnites, l’Egypte et l’Arabie saoudite sont en proie à la montée en puissance de l’Iran perse et chiite ! Elles exercent ainsi des pressions très fortes sur Washington pour que leur cauchemar, la bombe iranienne, ne se concrétise pas. A la limite, on pourrait aujourd’hui évoquer par un faux paradoxe une sorte d’alliance objective Etats-Unis - Etats arabes sunnites-Israël contre le nucléaire militaire iranien. Pour cette raison aussi, il n’y aura pas de clash entre Washington et Jérusalem.



Par Propos recueillis par Jean-Pierre Thiollet
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Publié : 03/06/09 - 15h48
Mis à jour : 12/03/10 - 14h09
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