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Dix mois de révolution : Les multiples visages du "printemps arabe"

Tunisie, l'après Ben Ali


Manifestions, guerres, élections, le « printemps arabe » suit un cours bien différent selon le pays qu’il traverse.

Du cours des événements qui se déroule en Égypte déroulent dépend la stabilité du monde arabe et la paix avec Israël
Du cours des événements qui se déroule en Égypte déroulent dépend la stabilité du monde arabe et la paix avec Israël SIPA/Khalil Hamra

En Tunisie, la victoire des islamistes aux premières élections libres, pose la question de leur conversion aux valeurs démocratiques. En Libye, les armes viennent à peine de se taire et un nouveau gouvernement entreprend de doter le pays de véritables institutions. L’Egypte, quant à elle, ne veut plus de ses militaires mais se demande si les Frères musulmans, candidats à leur succession, sauront contenter sa soif de modernité. Le lointain Yémen voit quant à lui son président acculé au départ sous la pression des monarchies du Golfe. En Syrie, enfin, l’obstination d’un dictateur fait craindre une féroce guerre civile…

Tunisie

C’est le pays où tout a commencé. C’est également celui qui est le plus avancé dans le processus de transition vers la démocratie. Les élections du 23 octobre, dont les résultats, il faut le souligner, ont été acceptés par tous les grands partis, ont vu la victoire des islamistes modérés de la formation Ennahda (Renaissance). En remportant le scrutin avec 41,47 % des suffrages, ils occupent désormais 90 des 217 sièges de la nouvelle Assemblée. Réunie pour la première fois à Tunis le 22 novembre, cette dernière a pour charge de rédiger une nouvelle Constitution pour le pays. Elle dispose d’un an pour le faire. Elle vient d’élire son président, Mustapha Ben Jaafar, dirigeant du parti de gauche Ettakatol (20 sièges), opposant de l’ancien président Ben Ali. D’ici à une semaine, elle devrait porter à la présidence de la République un autre militant de gauche, Moncef Marzouki (Congrès pour la République, 29 sièges) et désigner comme chef du gouvernement le numéro 2 d’Ennahda, Hamadi Jebali. En fait, ces trois formations ont signé un accord de partage du pouvoir. Les dirigeants d’Ennahda s’engagent à construire un « Etat civil et démocratique » et assurent qu’ils ne toucheront pas au statut de la femme tunisienne, le plus évolué dans le monde arabe.

Libye

A la différence de la Tunisie, qui possédait depuis son indépendance en 1956 une structure institutionnelle moderne (certes dévoyée par des dirigeants autoritaires), la Libye doit pratiquement tout inventer. Sous le régime du colonel Kadhafi, le pays ne disposait même pas de véritables ministères. Toute l’architecture du pouvoir était concentrée autour de la personne du dictateur, de sa famille (son fils Saïf al-Islam vient d’être arrêté et, a priori, sera jugé dans le pays) et de son clan. Mais là aussi, le processus de démocratisation se met en place. Le nouveau Premier ministre, Abdel Rahim al-Kib, a annoncé mardi la formation d’un gouvernement de transition. Il compte 25 hommes et deux femmes. Deux portefeuilles régaliens ont été confiés aux ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi : Oussama Jouili, un commandant de la ville de Zenten, est nommé à la Défense, tandis que le ministère de l’Intérieur est confié à Faouzi Abdelali, originaire de la ville de Misrata. Le nouveau pouvoir se donne pour priorités « la sécurité, la stabilité et le retour à une vie normale en fournissant les services sociaux de base, en garantissant le retour des enfants à l’école et le paiement des salaires ». Il entend également « reconstruire l’armée nationale et les forces de sécurité ».

Egypte

Pour la communauté internationale, c’est le pays de tous les dangers. Du cours des événements qui s’y déroulent dépend la stabilité du monde arabe et la paix avec Israël. Les manifestations qui ont repris le 18 novembre se succèdent sans relâche. Toujours plus violentes (30 morts). Comme l’hiver dernier, des milliers de personnes occupent la place Tahrir, cœur de la révolution, située au centre du Caire. Elles réclament le départ immédiat des militaires installés au pouvoir depuis la chute du raïs, Hosni Moubarak. Les généraux assurent pourtant vouloir céder leur place à des civils et proposent l’organisation d’une élection présidentielle d’ici à quelques mois. Mais leurs opposants, convaincus qu’ils cherchent à gagner du temps et à préserver leurs puissants intérêts économiques refusent ce calendrier. Comme en Tunisie, les islamistes (ici les Frères musulmans) sont incontournables. Officiellement d’accord avec les militaires pour que cessent les troubles, les « Frères » n’entendent pas pour autant leur laisser les mains libres et se posent ouvertement en candidats à leur succession à la tête du pays.

Yémen

Le président Ali Abdallah Saleh, en poste depuis trente-deux ans, a finalement cédé aux pressions (arabes et internationales) en se rendant Mercredi à Ryad pour signer, en présence du roi d’Arabie saoudite, Abdallah Ben Abdel Aziz, un accord qui prévoit un transfert du pouvoir. La révolte populaire grondait depuis presque un an dans ce pays instable (l’un des plus pauvres du monde), miné par les divisions tribales et foyer de groupes terroristes liés à al-Qaida. Peu après le départ du dictateur pour Riad, des combats ont opposé à Sanaa, la capitale, ses forces à celles de ses opposants. Ali Abdallah Saleh sera donc le quatrième chef d’Etat arabe à être emporté par le « printemps arabe ». Il sera toutefois le premier à l’être en vertu d’un accord « négocié ».

Syrie

Selon l’ONU, la révolte syrienne aurait déjà fait plus de 3.500 morts. Sans compter les opposants, jetés en prison par milliers (30.000 selon les militants des droits de l’homme). Pour « arrêter l’effusion de sang », la Ligue arabe avait proposé, début novembre, un plan de sortie de crise accepté par Damas mais resté lettre morte dans les faits. Le souci des dirigeants arabes est d’éviter, comme en Libye, une intervention occidentale. Si une issue politique ne voit pas rapidement le jour, ce pays où cohabitent 78 % de sunnites, 22 % de chiites (la minorité alaouite à laquelle appartient le clan de Bachar al-Assad est chiite) et 10 % de chrétiens, pourrait devenir le théâtre d’une féroce guerre civile. Une guerre qui pourrait s’étendre au Liban, pays voisin dont on connaît le fragile équilibre communautaire. Le soulèvement populaire contre Bachar al-Assad est né dans la ville de Deraa (Sud-Ouest), à la mi-mars. Les contestataires, qui, au départ, exigeaient la levée de l’état d’urgence (en vigueur depuis près de cinquante ans), la libération des prisonniers politiques et la fin de la suprématie du parti unique, le Baas, veulent à présent faire chuter le régime. Refusant de cautionner la répression sanglante dirigée contre la population, des militaires déserteurs ont constitué une « Armée syrienne libre » (ALS). La Syrie est frontalière de la Turquie, du Liban, d’Israël, de la Jordanie et de l’Irak. C’est ce que l’on appelle un Etat pivot. Quel qu’en soit le scénario, un changement de régime à Damas remettra en question l’équilibre politique du monde arabe.

Par J.-C. G.
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Réactions à cet article3 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 24 nov à 15:11

    Anonyme-77656
    "printemps arabe"

    ça se transforme en 4 saisons ....



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  • Par Anonyme-77656, le 27 nov à 10:36

    Anonyme-77656
    Pays différents

    certes, révolutions différentes mais un seul gagnant l'islamisme et ça fait froid dans le dos parce que dans tous les cas, ces pays vivront dans des dictatures infâmes



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 27 nov à 17:49

    Anonyme-77656
    La constante

    est que les pouvoirs économiques en place se servent des islamistes qui représentent un quart des électeurs pour assurer la stabilité nécessaires aux affaires des pays en les verrouillant au nom de l'ordre moral, quitte d'ailleurs à présenter eux-mêmes des partis afin d'émietter encore plus les voix de ceux qui réclament moins de corruption et plus de justice sociale.

    Ceci dit c'est aussi terrible que de voir la france ériger en règle publique les règles de la morale privée. Cette intrusion sert aussi dans notre pays à éliminer des adversaires autrement que par les élections et n'est pas le fait du hasard.



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Publié : 24/11/11 - 09h00
Mis à jour : 24/11/11 - 09h10
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