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Élections iraniennes - Les Israéliens dans l’angoisse

International


Le risque de victoire d’Ahmadinejad, qui menace régulièrement l’Etat hébreu, inquiète beaucoup la population israélienne.

Dès mercredi, le quotidien Maariv consacrait sa première page à l’élection iranienne prévue aujourd’hui vendredi. Le journal de centre droit mettait l’accent sur la possible défaite de l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad face à Hossein Moussavi.

Après la défaite du camp du Hezbollah au Liban dimanche dernier, les Israéliens se sentiraient encore plus soulagés. Le président Ahmedinejad, qui prône la destruction d’Israël et poursuit son processus d’acquisition de la bombe nucléaire, a fait de l’Iran une menace existentielle majeure pesant sur l’Etat hébreu.

Entre attaque préventive et destruction

Selon un récent sondage, 76 % des Israéliens craignent que l’Iran n’acquière la bombe nucléaire et un quart des sondés envisagent de quitter le pays dès lors que l’Iran aura cette bombe. Cependant les Israéliens sont partagés sur ce qu’il convient de faire face à ce danger, la moitié est favorable à une attaque contre l’Iran, l’autre moitié préfère privilégier la diplomatie notamment sous l’égide des Etats-Unis.

Deux attitudes qui se retrouvent au sein des responsables israéliens, qu’ils soient experts, politiciens, diplomates ou militaires. Il est vrai qu’Israël, en guerre contre les pays arabes dès sa création, a longtemps eu de bonnes relations avec l’Iran, y compris après la révolution iranienne, en 1979. Et Israël compte une nombreuse communauté juive iranienne très attachée à sa culture perse.

Demain, le plan de paix de Netanyahou

Aujourd’hui, la réponse à la menace iranienne pourrait prendre la forme d’une annonce politique majeure, celle d’un plan de paix régional avec le monde arabe, qui est le premier visé par la volonté de domination régionale de Téhéran. Dimanche, soit deux jours après le vote iranien, le Premier ministre Benyamin Netanyahou doit dévoiler son plan de politique étrangère.

Beaucoup au sein de la droite et notamment de son parti, le Likoud, craignent que « Bibi » n’accepte l’idée défendue par l’administration américaine : créer un Etat palestinien avec le soutien actif des pays arabes avec le but de désamorcer la menace iranienne.

Identifier les priorités

Il semble en effet que Netanyahou soit sur cette pente. « Nous ne sommes pas dans une période normale. Le danger approche, et la chose la plus dangereuse serait de ne pas reconnaître le danger qui est en route. Mon travail est d’assurer l’avenir d’Israël et cela l’emporte sur toute autre considération », a-t-il déclaré fin mai devant les membres du Likoud. Autrement dit, il s’agit d’identifier les priorités et de faire des choix. Les militants de la droite israélienne, eux, se focalisent exclusivement sur le maintien des colonies.

En tout cas, Netanyahou s’est entretenu cette semaine pendant quatre longues heures, dont deux en tête-à-tête, avec George Mitchell, envoyé spécial américain au Proche-Orient. Ce n’est sans doute pas en vain. Ce vendredi, jour J en Iran, Mitchell se rend à Damas pour deux jours, un moyen de faire pencher la Syrie du côté d’un accord de paix régional avec Israël, aux dépens de son alliance avec Téhéran.

 


Yves Bonnet : “C’est le Guide suprême qui cumule la totalité des pouvoirs”


Préfet et auteur de plusieurs ouvrages récents consacrés à l’Iran, l’ancien directeur de la DST (Direction de la sécurité du territoire) confie à France-Soir son sentiment sur l’élection présidentielle en particulier et le régime iranien en général…

FRANCE-SOIR. Comment percevez-vous l’élection qui se déroule aujourd’hui en Iran ? Son issue vous paraît-elle présenter un intérêt réellement déterminant ?
YVES BONNET.
Votre formulation « intérêt réellement déterminant » me plaît. Mais dans l’organisation politico-administrative de l’Iran, les élections ne jouent pas le rôle qu’elles ont en Occident. La seule élection véritable est celle du Guide suprême, dont le rôle est fondamental et qui cumule la totalité des pouvoirs dans un Etat, au niveau de l’exécutif, du constitutionnel et du législatif comme du judiciaire et du religieux. L’absolutisme est donc total, et le théocratisme absolu, au point de reléguer l’Ancien Régime français au rang des régimes particulièrement libéraux… Tout ce qui se fait en Iran ne peut se faire qu’avec l’aval du Guide suprême. Le système est très clair : une personne régit tout.

Dans ces conditions, que peuvent signifier les autres élections ?
Pas grand-chose. D’autant que le président de la République, la « vitrine » du régime, n’a pas du tout le même statut que ses homologues étrangers. Les élections n’ont qu’un intérêt tout à fait relatif. Le régime fait en sorte de filtrer la liste des candidats qui doivent être agréés par le Guide.

Quatre candidats ont ainsi été retenus…
Dont trois ont des caractéristiques… piquantes : Ahmadinejad, surnommé « l’homme aux 1000 coups de grâce » puisqu’il achevait les condamnés dans la prison d’Evin ; Mohsen Rezai, ancien chef des pasdaran (un peu l’équivalent des Waffen SS du régime hitlérien), qui fut conseiller pour la sécurité de Rafsandjani et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international ; Hossein Moussavi enfin, ex-Premier ministre de Khomeyni, l’homme sous le regard duquel se sont perpétrés les massacres d’août 1988 quand 30.000 personnes furent tuées. En fait, le Guide suprême fait tout pour favoriser l’élection d’Ahmadinejad.

Considérez-vous comme justifiées les craintes que nourrissent un certain nombre d’observateurs au sujet du nucléaire iranien ?
Oui, elles le sont. L’Iran a indiscutablement le droit au nucléaire civil, comme tous les Etats de la planète. On lui fait un procès qui n’est pas tout à fait honnête. Les Etats-Unis ont considéré que le chah avait le droit à l’enrichissement de l’uranium. C’est si vrai qu’ils lui ont vendu une usine…

De son côté, Valéry Giscard d’Estaing a accepté que l’Iran entre dans Eurodif, qui fabrique de l’uranium enrichi ! Rien d’étonnant donc si l’Iran avance résolument vers la fabrication de la bombe atomique. Mais son attitude est, elle aussi, hypocrite. Il prétend ne pas progresser en ce sens. Pourtant, tout indique le contraire. Il se dépêche et essaie de gagner du temps avec une diplomatie active et intelligente. Outre que ses installations nucléaires sont enterrées et cachées, il a créé une institution des tunnels dont le président-fondateur n’est autre que Mamoud Ahmanidejad !

Va-t-il aboutir à la bombe ?
A mon avis, oui. On ne voit pas bien qui pourrait empêcher l’Iran d’acquérir la capacité nucléaire militaire. Même en cas d’intervention extérieure, ses dirigeants ont eu le temps de prendre leurs précautions.

L’attitude des Etats-Unis et d’Israël envers l’Iran vous semble-t-elle traduire une tension véritable entre ces pays ou, par-delà les discours officiels, une forme non avouée de réalisme politique et diplomatique destinée à maintenir un statu quo de bon aloi ?
Si l’Iran est dangereux pour Israël, ce n’est pas parce que l’Iran va rimer avec nucléaire, mais parce que le simple fait pour ce pays de disposer du nucléaire, instrument de puissance, va rééquilibrer les forces en présence dans cette partie du monde. L’Iran n’attaquera pas Israël. Il sait trop quelles en seraient les conséquences. Il y aura donc une stabilisation du dialogue au Moyen-Orient.

Vous venez de publier un livre consacré au Vevak, qui a remplacé la tristement célèbre Savak et dont les méthodes sont plutôt expéditives. Pourquoi avez-vous pris cette initiative ?
Pour deux raisons. D’abord parce qu’il me semble, comme ancien patron de la DST, que des monographies qui concernent notre temps peuvent être intéressantes. Comme il n’existait pas d’ouvrage de référence sur les services secrets iraniens, cet essai vise donc, en s’appuyant sur une riche documentation, à combler un manque. Ensuite, la police politique est consubstantielle au régime. Sans elle, le système ne pourrait pas fonctionner. Le pays changerait totalement de physionomie. Du coup, le livre devient indispensable pour qui veut comprendre l’Iran.
 

Par De notre correspondante à Jérusalem, Catherine Benoît et Propos recueillis par Jean-Pierre Thiollet
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Publié : 11/06/09 - 19h59
Mis à jour : 12/03/10 - 14h10
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