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L’Egypte des pharaons contre celle de Facebook ?

Révolte en Egypte


Bien que l’on suspecte le pouvoir d’être à l’origine des violences survenues hier au Caire, l’apparition de milliers de manifestants pro-Moubarak fait planer le spectre de la guerre civile.

Les violentes altercations qui ont eu lieu mercredi ont fait des centaines de blessés
Les violentes altercations qui ont eu lieu mercredi ont fait des centaines de blessés SIPA

« Je m’adresse directement aux fils du peuple, paysans, ouvriers, musulmans, coptes, jeunes ou vieux. A tout Egyptien des campagnes ou des villes […] Je suis un enfant de l’armée. Je n’ai pas pour habitude de me démettre de mes responsabilités. Et aujourd’hui, ma première responsabilité est de ramener la paix et la sécurité. » C’est un appel – à peine masqué – au soutien des classes populaires qu’a lancé Hosni Moubarak lors de sa dernière allocution télévisée. Un appel doublé d’un avertissement à ses opposants, passé presque inaperçu à l’étranger où l’on a surtout retenu la promesse faite par le vieux dictateur (82 ans) de ne pas briguer un nouveau mandat présidentiel.

Ils sont arrivés en fin de matinée, quelques centaines au départ, en agitant des portraits du raïs. Ils ont commencé par apostropher les manifestants anti-Moubarak, restés toute la nuit sur la place Tahrir, lieu de tous leurs rassemblements. Puis, la situation a dégénéré. En fin de journée, au terme de batailles de rues incessantes où les coups de poings, de bâtons et de barres de fer se mêlaient aux jets de pierres, un bilan provisoire faisait état de 500 blessés. Des témoins affirment avoir vu des hommes jeter des blocs de pierre sur la foule depuis les toits et les balcons des immeubles surplombant la place de la Libération.

L’armée, appelée – en vain – à l’aide par les opposants au régime, n’est intervenue qu’à la tombée de la nuit, séparant sans grande conviction les belligérants par des tirs de semonce. Les militaires, qui ont juré qu’ils ne tireraient jamais sur le peuple, ne prendront pas parti. Impossible de choisir entre les deux camps.

Qui sont les pro-Moubarak descendus hier par milliers dans les rues du Caire ? Des fils du peuple, des ouvriers, des paysans répondant à l’appel du chef de l’Etat ? Selon l’opposition, des policiers en civil se trouvaient cachés parmi eux, une affirmation aussitôt démentie par le ministère de l’Intérieur. Que des agitateurs à la solde du pouvoir se soient infiltrés dans les cortèges afin de « pourrir » un mouvement jusque-là relativement pacifique semble plus que plausible. Tout comme il est possible que le Parti national démocrate (PND) inféodé au raïs puisse mobiliser des milliers de ses membres afin de se livrer à un baroud d’honneur ou de permettre à son chef de se retirer du pouvoir comme il l’entend.

Mais la charge lancée à dos de chameau et de cheval par les pro-Moubarak contre leurs opposants ressemble plus à une scène du film Lawrence d’Arabie qu’à une opération de police ou à une descente de militants politiques.

Existe-t-il, comme le laisse entendre les paroles du raïs, une Egypte qui n’aurait pas jusqu’à présent donné de la voix et qui n’attendait qu’un signe de son chef pour se montrer et se faire entendre ? On peut se le demander. Après tout, le soulèvement du pays – présenté à tort comme général – n’a véritablement affecté que les grandes agglomérations du delta du Nil, le Caire, Alexandrie et Suez notamment. Pour l’instant, le centre et le sud de l’Egypte n’ont quant à eux pratiquement pas bougés. A la différence de la « révolution du Jasmin » tunisienne, venue du cœur du pays pour se répandre ensuite dans les villes, la contestation en Egypte est née, ne l’oublions pas, sur Internet. Les réseaux sociaux Twitter et Facebook sont à la source du mouvement. Elle est pour l’essentiel le fait d’une population urbaine éduquée et politisée, des jeunes notamment. Pour finir, le million de personnes rassemblées mardi pour forcer Hosni Moubarak à quitter le pouvoir doit être mis en rapport avec les 80 millions d’habitants qui peuplent le pays.

L’autre Egypte, celle des plus pauvres, celle des hommes des sables, des felouques et des djellabas, l’Egypte des pharaons en somme, n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Jean-Claude Galli
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Réactions à cet article2 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 3 fév à 10:18

    Anonyme-77656
    salam

    salam



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  • Par Anonyme-77656, le 3 fév à 12:34

    Anonyme-77656
    ras-le-bol

    ... c'est souvent le cas dans les révolutions que les gens meurt - on en sait quelque chose ...



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Publié : 03/02/11 - 07h56
Mis à jour : 03/02/11 - 08h00
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