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Libye : Benghazi, capitale de la révolution

Révolte en Libye


C’est à Benghazi que tout a commencé le 15 février dernier. Après 6 jours d’âpres combats, la ville est tombée aux mains des rebelles. Deux semaines plus tard, elle est devenue le quartier général d’une révolution en marche.

Le drapeau libyen de l'avant Kadhafi flotte de nouveau sur Benghazi
Le drapeau libyen de l'avant Kadhafi flotte de nouveau sur Benghazi SIPA

A Benghazi, la fièvre n’est pas retombée. C’est la révolution permanente. Avec un rituel immuable : De jour comme de nuit, des milliers de voitures et d’habitants envahissent la route du littoral. A coups de klaxons, de slogans, en dansant sur le bitume, hommes, femmes, enfants viennent célébrer la conquête de leur liberté. « C’est comme si on avait gagné la Coupe du monde » dit en riant un opposant de la première heure.

Au bout d’une corniche longue de 5 kilomètres, une place stratégique : côte à côte, deux bâtiments qui abritaient le tribunal, et le très redouté centre de répression de la police politique. Arrestations arbitraires, tortures et jugements expéditifs, répression féroce étaient le lot des opposants de Benghazi l’insoumise. C’est désormais pour tous « la place de la Liberté ». Qui porte bien son nom.

L’ancien centre de détention s’est mué en fébrile quartier général d’une révolution citoyenne. On y accueille avec des tonitruants « welcome ! », les journalistes étrangers qui ont envahi la ville. La nouvelle télévision libre y a installé un studio de fortune. Les murs lépreux des cellules sont tous recouverts d’affiches, de dessins satiriques, de photos, ou de slogans directement tagués par des artistes en herbe. Bombes de peinture, feutres, pinceaux, pancartes sont les armes d’une révolution qui a des parfums de Mai 68. « Avant, dit un jeune calligraphe, caricaturer Kadhafi était juste impensable. Aujourd’hui tout est permis. » Et la fièvre créatrice est au rendez-vous de l’Histoire.

Kadhafi, « un clown pathétique »

Chacun déborde d’imagination pour railler un « guide suprême » qui a totalement perdu la boussole. Toutes ses interventions télévisées sont sources d’inspiration débordante. « C’est devenu un clown pathétique, dit Amira, une jeune femme à l’air timide mais qui fait un tabac avec sa dernière création. Kadhafi a raconté que nous étions des drogués prenant des capsules. Alors j’ai détourné cette délirante déclaration et j’ai inventé la “formule” de nos capsules révolutionnaires : 600 milligrammes de patriotisme, de liberté, d’unité du peuple, de courage, d’honneur aux martyrs et de chute du régime. » L’affiche a été reproduite et placardée partout. D’un étage à l’autre du centre « politico-artistique », les gens vont et viennent. C’est le mouvement permanent de la révolution « new wave ».

La cour de l’ex-quartier général de la police politique, partiellement brûlée lors des émeutes, est en revanche zone interdite. Des militaires ayant rejoint le peuple montent la garde sur un « trésor de guerre » dont les richesses ne cessent de s’accumuler : armes, munitions, obus, lance-roquettes et chargeurs de Kalachnikov abandonnés par les déserteurs ou récupérés lors des combats. Un haut gradé, visage sec, béret rouge vissé sur le crâne et foulard blanc noué autour du coup, explique que l’ordre a été donné à tous sur la radio libre de Benghazi de rapporter les armes ici. Elles seront redistribuées soigneusement en fonction des événements. Non loin de là, dans une ancienne caserne, les volontaires, prêts à aller en découdre jusqu’à Tripoli viennent s’enregistrer.

« Réinventer notre pays »

Car c’est bien là la marque de fabrique de la révolution « made in Benghazi » : pas de chaos, pas d’anarchie, un sens civique affiché et une volonté de tout organiser jusque dans le moindre détail. « Nous voulons nous donner tous les moyens d’aller jusqu’au bout, et de réinventer notre pays dit Zihad.» A 42 ans, cet ingénieur est né en même temps que la « Jamahiriya », la première révolution libyenne. Il y a cru. « Mais très vite, dit-il, j’ai compris que nous étions dans l’impasse. Il suffit de regarder l’état de notre pays. Si peu d’infrastructures, tant de misère et de taudis partout, alors que notre sol regorge de richesses, sur une terre magnifique. Mais que pouvions-nous faire avec cet « illuminé » à la tête de la Libye, un gouvernement fantoche, et même pas de Constitution ? »

Quand la révolte a éclaté, Zihad se trouvait à Tripoli. De la chambre de son hôtel, il a vu, « en pleurant », les sbires de Kadhafi tirer à la mitrailleuse lourde sur les protestataires réunis sur une grande place. « J’ai voulu retrouver ma famille à Benghazi. Des amis m’ont dit que j’allais disparaître si je faisais cela. Alors je suis parti me réfugier en Tunisie. J’ai vécu l’enfer de l’attente avant de repasser la frontière devant des douaniers immobiles. C’était surréaliste pour moi. Aujourd’hui, je suis prêt à tout pour que mes enfants vivent dans une démocratie. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Ce sera la victoire ou la mort. Mais nous n’avons pas besoin des Occidentaux qui ont été les bons clients du régime. C’est une affaire entre les Libyens. C’est à nous de prendre notre destin en main. »

Dans l’ancien palais de justice de Benghazi, un invisible comité populaire, trié sur le volet, travaille sans cesse afin de gérer toutes les affaires civiles, militaires et économiques de la région et des zones tombées aux mains des rebelles dans le reste du pays. Benghazi, en tous les cas, ne manque ni de vivres, ni de denrées essentielles ou encore d’essence. Les magasins ont rouvert leurs portes. La sécurité des personnes et des biens est assurée par des volontaires. Des groupes de surveillance sillonnent inlassablement une ville qui goûte en bon ordre aux joies d’un trésor auquel personne n’imaginait, il y a quinze jours encore, avoir accès : la liberté.

De notre envoyé spécial à Benghazi Frédéric Helbert
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Réactions à cet article1 commentaire

  • Par Anonyme-77656, le 2 mar à 22:22

    Anonyme-77656
    météo "monde arabe"

    voici les prévisions pour les prochaines...années:

    Tunisie: plein soleil,pleine lune,

    Egypte:plein soleil,pleine lune,

    Libye:plein soleil,pleine lune,

    Yémen:plein soleil,pleine lune,

    Maroc:plein soleil,pleine lune,

    Bahrein?:plein soleil,pleine lune,

    Syrie:un peu nuageux,

    ...Algérie:nuages,éclipse de soleil,éclipse de lune,éclipse de Jupiter,éclipse...



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Publié : 02/03/11 - 07h49
Mis à jour : 02/03/11 - 07h50
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