Résultats Présidentielle 2012

» S'identifier
Mercredi 18 septembre, 01:39
Accueil > Actualité > International > Quand Tottenham servait d’exemple aux banlieues françaises

Quand Tottenham servait d’exemple aux banlieues françaises

Émeutes en Grande-Bretagne


En 2005, alors que les banlieues de l’Hexagone s’embrasent, un groupe d’étudiants de l’Essonne était envoyé à Londres pour étudier le modèle d’intégration à l’anglaise.

C’est par la violence que les jeunes de Tottenham ont décidé de s’exprimer
C’est par la violence que les jeunes de Tottenham ont décidé de s’exprimer SIPA

Qui peut régler le « problème des banlieues » ? Partout où la question se pose, personne ne semble avoir la réponse. Alors on regarde comment font les voisins pour vivre ensemble. Ironie du sort, il y a six ans, c’est précisément vers Tottenham, ce quartier du nord de Londres aujourd’hui déchiré par les émeutes, que la France s’est tournée pour tenter de résoudre ses propres problèmes de violences urbaines. Le 16 novembre 2005, le pays de Voltaire connaît une crise sans précédent, les « quartiers » s’enflamment, l’état d’urgence est déclaré. Une délégation d’étudiants originaires d’Evry dans l’Essonne et promis à travailler dans les banlieues françaises est envoyée à Tottenham, à l’époque symbole du succès de la politique d’intégration multiculturaliste menée par la Grande-Bretagne.

Un quartier "sorti du marasme"

Le principe est simple : comprendre comment ça marche, l’intégration. France 2 consacre un reportage au sujet, qui commence par une vue d’ensemble des barres d’immeubles de Tottenham, pas si différentes de chez nous. « Autrefois, ce quartier était un coupe-gorge, aujourd’hui le taux de criminalité y est quasiment nul », commente la journaliste. Explications : après de violentes émeutes ethniques dans les années 1980, le quartier est « sorti du marasme » à grands coups de millions de livres dépensés en aménagement urbain, espaces verts et… caméras de surveillance. « La police a arrêté de nous harceler tout le temps », témoigne un habitant du quartier pour justifier le calme revenu dans les rues de Tottenham. Trente-neuf nationalités qui cohabitent, des panneaux d’informations systématiquement écrits en plusieurs langues : le but est d’intégrer les différences de chacun dans la vie quotidienne, de faire de la diversité une richesse. « Il y a une fierté d’avoir un espace multiculturel, alors qu’en France on se tire un peu dessus par rapport à ça », commente une des étudiantes française dans le reportage. Le tableau n’est pas idyllique pour autant, et les difficultés (taux de chômage plus important que la moyenne nationale, exclusion sociale, ghettoïsation) sont les mêmes que de l’autre côté de la Manche. Simplement, la façon de les gérer est différente. Et apparemment cela fonctionne.

L’échec du multiculturalisme

Un an après la visite des étudiants d’Evry, une nouvelle pierre est posée à l’édifice franco-britannique. Lors d’un séminaire consacré au « défi » de la diversité dans les deux pays, David Lammy, élu de Tottenham au Parlement britannique, prononce un discours dans lequel il défend l’intégration à l’anglaise contre l’assimilation à la française. Il explique que le sujet lui tient particulièrement à cœur, en tant qu’« homme noir qui a grandi à Tottenham ». « La diversité peut être notre plus grande force ou notre plus grande faiblesse », prédit l’élu, fustigeant une politique d’urbanisme présente dans les deux pays qui conduit à l’exclusion et à la création de « ghettos ». Il promeut une acceptation des différences et une responsabilisation individuelle de chaque citoyen, car « c’est le seul moyen de convaincre les gens que la participation démocratique, et non la violence, est la clef du changement ».

En 2011, six ans après le choc des attentats meurtriers de Londres perpétrés par des jeunes Britanniques issus de l’immigration, David Cameron, le Premier ministre, désavoue la politique d’intégration de son pays, dénonce l’échec du multiculturalisme et « la tolérance » à l’égard de ceux qui rejettent les valeurs occidentales. Depuis samedi dernier, comme un retour trente ans en arrière, c’est par la violence que les jeunes de Tottenham ont décidé de s’exprimer. Expression d’un malaise profond pour les habitants du quartier ou, de l’avis des policiers, violences gratuites, les émeutes replongent Tottenham en plein « marasme ».

Kael Serreri
C'est sur France Soir !

Réactions à cet article4 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 10 août à 08:26

    Anonyme-77656
    Partout...

    pareil avec une immigration incontrôlé, il faudrait qu'ils oublient leurs traditions pour appliquer celle des pays qui les reçoivent !!



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 10 août à 10:57

    Anonyme-77656
    L'Europe sombre dans le chaos

    on nous parle de précarité, de pauvreté qui seraient la cause de tous ces maux ...

    Après le tsunami, on a vu des dizaines de milliers de japonais qui avaient tout perdu, faire la queue dignement pendant des heures pour recevoir de l'eau et des vivres ...

    Avez-vous vu des bagarres, des émeutes, des pillages ? .... Non, et c'est là que l'on constate la différence entre des gens civilisés et les sauvageons qui ne connaissent que la loi du plus fort.



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 10 août à 11:14

    Anonyme-77656
    la france

    l'otan doit intervenir avec le charles degaulle



    Signaler un abus  
  • Par HeyBaal, le 10 août à 12:44

    HeyBaal
    J'aime bien le concept

    J'aime bien le concept "d'intégration". En gros le pays d'accueil doit s'intégrer aux populations d'immigrés (panneaux en plusieurs langues, etc ...). C'est clair qu'en cas de conflit, si y en a un qui baisse immédiatement son pantalon y a pas d'affrontement. C'est clair aussi que si la police anglaise (à 99% désarmée) ne va plus dans les quartiers y a pas d'affrontement non plus.


    Enfin à court terme. Aucune exigence, pas de police. Une genre de bulle de sur-protection dont la légitimité est critiquable sous bien des points (argent public, attitude sociale -voir ci dessus l'exemple avec le japon-, etc ..). Le retour à la réalité est d'autant plus dur. La faute à qui ? A la faiblesse de la politique, aux gens concernés, mais certainement pas aux contribuables ni aux riverains.


    Regardez dans les familles avec des gamins violents : tant que les parents sont à ses ordres, y a pas d'affrontement ... Une fois que le gamin sort faire sa vie, il va figurer immédiatement dans la colonne fait divers. Et on lira "le jeune, sans histoire, inconnu des services de police". Oh mais comment se fait-ce ... ?



    Signaler un abus  
Publié : 10/08/11 - 07h50
Mis à jour : 10/08/11 - 07h50
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX


FranceSoir l'e-mag en PDF
FranceSoir l’e-mag a 1 an
N° anniversaire gratuit à découvrir en PDF
Télécharger

France-Soir sur Facebook

Plus d’articles


Dernières vidéos

Audiences TV : Taxi est loin devant

» Voir toutes les vidéos

Les derniers commentaires

    Les membres les plus actifs

    • HeyBaal HeyBaal, le 26 jui à 17:29

      288500 points
      5570 commentaires

      En savoir plus sur HeyBaal


    • nellyolson nellyolson, le 21 sep à 19:55

      203400 points
      3716 commentaires

      En savoir plus sur nellyolson


    • Bluesun Bluesun, le 26 jui à 17:21

      155550 points
      2987 commentaires

      En savoir plus sur Bluesun


    • pasloi pasloi, le 3 mai à 21:48

      150550 points
      2433 commentaires

      En savoir plus sur pasloi


    • Jakyburn Jakyburn, le 20 avr à 21:02

      99900 points
      1686 commentaires

      En savoir plus sur Jakyburn


    Quiz

    Testez vos connaissances

    Quiz Info : Insolites, Retraite, Football et Hollande


    Actu du jour en image

    Horoscope Quotidien 2012

    Minute Trente de Montvalon

    TV Tout sur Secret Stroy 6

    Faits Divers Les maisons de l'horreur