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Tunisie : Printemps arabe ou hiver islamiste ?

Troubles en Tunisie


Mezri Haddad, ancien ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco qui avait démissionné pour soutenir la révolution ayant renversé Ben Ali, s’inquiète aujourd’hui de l’évolution de cette révolution au profit des islamistes.

Mezri Haddad, ancien ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco s’inquiète aujourd’hui de l’évolution de cette révolution au profit des islamistes
Mezri Haddad, ancien ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco s’inquiète aujourd’hui de l’évolution de cette révolution au profit des islamistes SIPA

FRANCE-SOIR Le parti islamiste Ennahda est sorti vainqueur des élections tunisiennes. Partagez-vous l’avis de ceux qui affirment que ce parti serait devenu « démocrate » et qu’il aurait rompu avec toute pensée totalitaire ?

M. H. Je ne partage pas cet avis. Si je ne juge pas les dirigeants d’Ennahda, je constate que son idéologie est fondée sur la confusion totale du religieux et du politique. Elle ne peut donc être que philosophiquement totalitaire.

F.-S. Avez-vous des exemples précis de la volonté des islamistes tunisiens d’instaurer progressivement un régime religieux, liberticide, étouffant les voix discordantes, notamment celles des laïques ?

M. H. Les islamistes tunisiens ne couperont pas la main aux voleurs, ils ne reviendront pas tout de suite sur le Code du statut personnel bourguibien qui accorde aux femmes des droits comme nulle part ailleurs dans le monde arabe. Ils ne fermeront pas non plus les hôtels, mais ils feront appel au tourisme islamique. Ils ne reviendront pas sur les orientations libérales de l’économie tunisienne, mais ils accentueront au contraire les pratiques de l’économie de marché, selon l’orthodoxie américaine. Ils ne forceront pas les femmes à porter le voile, mais c’est la pression sociale qui les y contraindra. Ils n’aboliront pas le système de l’éducation nationale modernisé par Mohamed Charfi, mais ils réformeront les manuels scolaires dans le sens contraire. Ils ne changeront pas radicalement les lois civiles et pénales, mais ils travailleront à leurs progressive « chariatisation »… Dans tous les domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle, ils procéderont par petites touches, de façon graduelle, par islamisme « modéré ». Tout dépendra aussi du poids et de l’action des mouvements progressistes.

F.-S. Comment expliquez-vous que tant de femmes tunisiennes et tant de jeunes modernes, « mondialisés », branchés Facebook et Twitter, aient pu voter en faveur des islamistes ?

M. H. Je ne pense pas que les femmes modernes et les jeunes, ouverts sur le monde, aient pu voter pour les islamistes. Mais que représentent ces catégories sociales en Tunisie ? Peu de monde. La majorité des électeurs pensent réellement que l’islamisme incarne la pureté morale, que voter pour eux c’est agir en « bon musulman ». C’est cette confusion entre islam et islamisme qui constitue la force majeure d’Ennahda. Si l’acte d’élire est psychologiquement conditionné par la crainte de l’enfer ou la convoitise du paradis, le jeu démocratique est d’emblée faussé.

F.-S. Dans ces conditions, comment voyez-vous le futur de la Tunisie ? Les acquis progressistes de Bourghiba sont-ils à terme  en danger ?

M. H. En politique, c’est comme dans les mathématiques : il y a des équations à plusieurs inconnues et il y a aussi des impondérables. Tout pourrait arriver, mais tout dépendra aussi de la résistance des forces de progrès, de la société civile, des musulmans éclairés. Il est certain que les islamistes cultivent à l’égard de Bourguiba une haine pathologique. Ces acquis ne sont donc pas irréversibles. Ils ne sont pas pour autant menacés dans l’immédiat. D’abord parce que les islamistes adopteront le « gradualisme » comme tactique. Ensuite parce que les stratèges américains ont encore besoin du bon modèle démocratique tunisien pour faire tomber la Syrie, ensuite probablement l’Algérie. Comme disait le pape Jean-Paul II aux Polonais, « N’ayez pas peur », Obama dira aux Arabes « l’islamisme, c’est l’avenir » ! A vous la charia, à nous le pétrole. Chacun sa religion !

F.-S. D’après vous, l’hiver islamiste peut-il être pire dans d’autres pays, comme l’Egypte ou la Libye, moins enracinés dans la liberté et moins avancés que la Tunisie ?

M. H. Tout à fait. En Egypte, je pense que les islamistes en général et les Frères musulmans en particulier vont faire un score encore meilleur que celui d’Ennahda. Pour la Libye, si elle parvient à sauvegarder son unité territoriale, le régime sera au mieux une copie du wahhabisme du Qatar, au pire une réplique du talibanisme afghan. Dans chaque pays touché par le « printemps arabe », l’islamisme prendra la forme sociologique et psychologique des peuples en question.

F.-S. Quid du fameux « modèle turc », qui incarnerait une voie « islamiste modérée », conciliant démocratie, modernité, islam politique et capitalisme ?

M. H. C’est en effet un « modèle » en matière d’atteinte à la liberté d’expression, de répression des populations kurdes, et même de gestion économique, de diplomatie et d’atlantisme ! Soyons sérieux, l’AKP n’a jamais été un parti exclusivement islamiste. C’est plutôt un rassemblement de plusieurs sensibilités. De plus, l’AKP n’a pas choisi d’être ce qu’il est, mais il y a été contraint par une démocratie qui lui est antérieure, par une armée qui veille à l’héritage kémaliste et par un parti nationaliste qui conserve son poids politique. Toutes ces conditions n’existent pas en Tunisie, en Egypte, et encore moins en Libye. L’islamisme modéré est une symphonie anesthésiante que certains spécialistes ou observateurs occidentaux nous chantent depuis déjà quelques années. L’islamisme turc est évidemment aux antipodes de l’islamisme taliban et de l’islamisme du Qatar. Il est sans commune mesure avec l’islamisme iranien. Il n’en reste pas moins vrai que l’islamisme est une doctrine théologico-politique où la foi est loi. Si l’islamisme modéré existe, pourquoi M. Sarkozy ne le reconnaîtrait-il pas en France ? Après tout, il y a plus de musulmans en France qu’en Libye ! Une députée en burka ou un sénateur enturbanné, ce serait l’expression même de la diversité culturelle.

F.-S. Quel serait votre mot de la fin ?

M. H. Allah est grand et Bernard-Henri Lévy est son prophète !

Un musulman anti-islamiste

Mezri Haddad est un philosophe atypique. Ce docteur en philosophie morale et politique de la Sorbonne, musulman, a toujours combattu l’islamisme, dont il avait pourtant défendu les militants au début de l’ère Ben Ali. Résistant de la première heure contre le président tunisien Ben Ali, il s’est exilé en France pendant douze ans. Il s’était ensuite rallié au régime en 2002, préférant le réformisme de l’Etat plutôt que l’alliance avec les islamistes. En 2009, il a été nommé ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco, poste dont il a courageusement démissionné avant la chute de Ben Ali. Il vient de publier La Face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et Occident : une alliance à haut risque (éd. Apopsix).

propos recueillis par Alexandre Del Valle
C'est sur France Soir !

Réactions à cet article22 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 09:53

    Anonyme-77656
    Faux Faux que du faux

    Je suis totalement en désaccord avec toi Mr Alexandre..

    Ce monsieur Mezri n'avait pas démissioné pour soutenir la révolution..on n'oublira jamais ses dits sur la chaine radio : "Ce sont des ogres..qui font la révolution..." et là c'est à lui que vous posez la question sur la post révolution!!! c'est absurde!!!



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 11:14

    Anonyme-77656
    pas lui SVP

    Ce monsieur ne représente que sa personne et en aucun cas la Tunisie ni les Tunisiens, il a insulté le peuple tunisien quelques jours avant la fuite de ZABA, et maintenant il ose donner des leçons et parler de politique en Tunisie, la démocratie est basée sur le choix du peuple alors respectez ce choix SVP, laissez le peuple juger par la suite.

    Et puis « courageusement » un mot qui me laisse perplexe parlant de ce monsieur .



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  • Par Abraham, le 22 nov à 11:26

    Abraham
    Lamentable

    Monsieur le journaliste Alexandre Del Valle,


    Oser présenter Mazri Haddad comme vous faites relève au mieux de l'erreur journalistique sinon de la manipulation!


    Ce monsieur a été jusqu'à la dernière heure de la chute du régime Ben Ali, l'allier et le défenseur fidèle. Sa pseudo démission du poste d'ambassadeur de Tunisie auprès de l'Unesco le jour du départ de ZABA n'a été qu'une tentative veine pour sauver sa tête ou son poste. 


    J'invite ceux qui souhaitent vérifier mon commentaire à voir les vidéos de ses passages scandaleux dans les médias français aux moment de révolution tunisienne :


    http://www.youtube.com/watch?v=crbqc0ampps&feature=relmfu



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 13:19

    Anonyme-77656
    a raison et sait de quoi il parle

    Mezri haddad a raison et sait de quoi il parle

    regardez ça:

    http://www.facebook.com/photo.php?fbid=117556708329783&set=a.117556211663166.28895.117547694997351&type=3&theater



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 15:59

    Anonyme-77656
    MENSONGES !! Mezri Hadded est le LAVAL ou le DARNAN Tunisien

    Bonjour,


    En tant que tunisien, mais aussi en tant que français, je voudrais rectifier quelque erreurs concernant M. Haddad auquel votre journal et particulièrement M. Del Valle voudrait tailler un costard de démocrate et de révolutionnaire. Tout d'abord, M. Haddad, et ceci est de notoriété publique dans son pays la Tunisie, fut un des maillons du système dictatorial et clientéliste qui régna pendant 23 ans. Ensuite, et contrairement à ce que vous affirmez dans l'interview, il ne démissionna pas courageusement pour soutenir la révolution, bien au contraire il défendit bec et ongle le système dont il était membre ainsi que son président, et son passage sur France24 le 12 ou le 13 janvier 2011 (c'est à dire moins de 24 ou 48 heures avant la fuite de Ben Ali) en témoigne encore.

    France soir étant un journal de renommée qui n'ignore sans doute pas ces gros détails, je suis tenté de croire qu'il s'agit tout simplement de MENSONGES !

    Monsieur Del Valle, vous êtes en train de donner la parole au LAVAL ou au DARNAN Tunisien, et vous lui prêtez main forte pour travestir l'histoire !

    Ceci conforte une partie grandissante de l'opinion publique Tunisienne (laquelle apparemment vous importe peu) dans son idée que la France a toujours soutenu les dictateurs et spécialement le notre; et lorsque je dis la France je ne vise pas spécialement l'état.



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 16:07

    Anonyme-77656
    Il déclare le 13 janvier à la

    Il déclare le 13 janvier à la veille de sa démission : « Si cette situation continue en Tunisie, la horde que vous vous appelez « le peuple »... le peuple monsieur ? Le peuple va travailler. Le peuple s'inquiète, est chez lui. Le peuple est dans son entreprise, dans leur foyer, et s'inquiète de cette déferlante de hordes. Et toutes les hordes du monde se ressemblent... Cette horde-là, cette déferlante, cette horde fanatisée est en train de brûler, de casser, de s'en prendre aux biens publics et privés, et bientôt, si on les laisse finir, et si vous continuez à faire l'apologie de cet anarchisme en marche en Tunisie, bien sûr que bientôt on aura ces hordes : attaquer les gens chez eux, les violer, les voler et les massacrer, absolument »7. À la surprise générale, il annonce sa démission le lendemain, quelques heures avant la fuite du président Ben Ali

    sans commentaire...source wikipedia



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 17:43

    Anonyme-77656
    Patriote et éclairé

    Moi, ce monsieur represente bien mes valeurs et nous sommes une majorité à le revendiquer. C'est lui qui avait raison depuis le début. Il avait pris sa responsabilité individuelle y compris en bravant la pensée commune et ceci était une qualité déjà de Bourguiba. Alors qu'apparaît évidente la préméditation de l'appropriation du sacrifice des revoltés par des forces regressistes sectaires, certains, de moins en moins nombreux, osent encore critiquer un tel patriote éclairé et votent pour des fondamentalistes anti-républicains (le score en France en faveur des islamistes était supérieur à celui des tunisiens de Tunisie) dans la plus stricte contradiction des valeurs du pays qui les accueille et peut-être même dont ils sont citoyens, planqués derrière l'irresponsabilité collective ambiante.



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 18:29

    Anonyme-77656
    @ Nizar CHABBI

    Trop de haine diffuse de ce que vous écrivez ! Est ce que vous étiez vous même dans les rues face à la police et ses armes ou plutôt aux manettes sur Facebook profitant de la dignité et de la souffrance de ces pauvres jeunes revoltés ? Si vous avez avez du mal à répondre à cette question, je vous appelle à faire preuve de dignité à votre tour et à ne pas utiliser des amalgames difficiles à maîtriser sauf pour les détenteurs de valeurs irreprochables et patriotes sincères.

    La France, mon pays, peuple et état, est l'ami sincère et traditionnel de la Tunisie, mon pays.

    Comme en apporte la preuve M. HADDAD, des états étrangers à notre civilisation et à nos valeurs nationales et méditerranéennes ont manipulé les évènements et des pauvres citoyens tunisiens désespérés pendant et après leur révolution, et comme l'état français n'y a vu que du feu, vous devez être plutôt du côté des patriotes des deux rives qui le regrettent et qui oeuvrent pour la restauration démocratique des valeurs du progrès humain.



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 18:41

    Anonyme-77656
    réponse à Abraham

    bonjour

    J'ai lu le lien youtube je suis sidérée par ce qu'il a dit et pourtant cet article ci est très juste



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 19:19

    Anonyme-77656
    Demissionnez SVP

    M Hadda , vous avez eu le courage de Démissionner sous Ben Ali. Bravo continuez Continuez a Démissionner SVP



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  • Par Anonyme-77656, le 22 nov à 19:40

    Anonyme-77656
    Cet homme est un visionnaire

    Je suis d'accord avec Franco Tunisien: Mezri Haddad est un visionnaire. Il a tout compris dès janvier dernier mais dans l'hystérie révolutionnaire, personne ne l'a entendu. Il a compris que cette révolution téléguidée de l'étranger via facebook et Twitter profiterait exclusivement aux islamistes. Il a compris que Ben Ali était suffisamment affaibli pour procéder tout de suite aux réformes nécessaires. Il a demandé à Ben Ali dès le 10 janvier d'ordonner aux forces de l'ordre d'arrêter de tirer sur les manifestants. Et lorsqu'il a perdu espoir, il a eu le Grand courage de démissionner à un moment où personne ne s'attendait à une chute aussi rapide du régime. Aucun responsable ne l'a fait.Quant aux propos qu'il a tenu sur une chaine de TV française, lorsqu'on est objectifs et lorsqu'on n'est pas sous l'emprise de la propagande islamiste comme certains commentateurs ici, on comprends tout de suite qu'il désignait les anarchistes, les intégristes, les casseurs et les incendiaires, jamais les manifestants pacifiques. Du reste, l'histoire immédiate lui a entièrement donnée raison puisque les islamistes sont au pouvoir. C'est en cela que Mezri Haddad est un intellectuel visionnaire...comme le fut Bourguiba.



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  • Par Voltairien, le 22 nov à 20:22

    Voltairien
    Bravo France Soir

    Et merci de donner la parole à des intellectuels comme Mezri Haddad. Bravo Alexandre Del Val de faire honnêtement votre travail en en dehors des sentiers battus de la propagande salafiste.Cet homme que certains commentateurs stigmatisent ici pour des raisons faciles à deviner et qui ont sans doute voté pour Ennahda, a une grande qualité : le courage. Il l'a eu en disant à Ben Ali de ne plus tirer sur les manifestants. Il l'a eu en démissionnant de son poste à l'UNESCO avant le départ du dictateur, en prenant donc des risques énormes. Ce courage, il le manifeste encore aujourd'hui en disant haut et fort que l'islamisme "modéré" est une imposture. S'il y avait une dizaine comme lui, la Tunisie ne serait pas aujourd'hui dans cette situation. Mais nul n'est prophète dans son pays. Encore merci à France Soir de donner la parole à des hommes de cette stature qui restent dans le combat des Lumières contre l'obscurantisme et de la Modernité contre le Moyen Age. L'islamisme, si "modéré" soit-il n'est pas une fatalité et c'est pour cette raison que les commentateurs qui cachent bien leur jeu ici redoutent Mezri Haddad.     



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  • Par Voltairien, le 23 nov à 12:56

    Voltairien
    Haddad est le Zola ou le Julien Benda tunisien

    Nizar Chabbi parle de mensonge et je veux lui dire qu'il est ou bien quelqu'un qui ignore l'histoire, ou bien un manipulateur qui cherche à discréditer Mezri Haddad parce que les événements lui donnent entièrement raison. Nizar écrit que M. Haddad "a été un maillon du système dictatorial qui régna 23 ans". Faux, M.Haddad n'a jamais été dans le système de Ben Ali, ni membre du RCD, mais en tant qu'intellectuel indépendant, il s'est mis au service de son pays par crainte de l'intégrisme religieux. Mieux encore, il a été le premier à combattre le système dès 1988 et il est resté 12 ans en exil. Selon Wikipédia, il a rompu l'exil par désaccord avec l'opposition de gauche qui a choisi l'alliance avec les islamistes. Il s'est senti plus proche du régime que de la coalition islamo-progressiste, et il a eu raison. Par contre, et là je rejoins certains commentateurs, je ne pense pas que M.Haddad soit un révolutionnaire. C'est plutôt un intellectuel légaliste et réformiste. Quant à sa démission, je crois franchement qu'elle restera dans l'histoire comme un acte d'un grand courage et d'une surprenante lucidité. Je ne connais pas beaucoup d'ambassadeurs, tunisiens ou français d'ailleurs, qui auraient renoncé à un tel poste par conscience et parce que l'armée continuait à tirer sur les manifestants.Le seul mystère qui reste est le suivant : savait-il que Ben Ali allait tomber une journée après son acte de démission? Toujours est-il que s'il n'avait pas démissionné, il serait encore aujourd'hui à son poste, comme tous ses collègues tunisiens qui étaient bénalistes et rcédistes. Voilà pourquoi Mezri Haddad est de la race d'Emile Zola et de Julien Benda et non pas celle de Darnan ou Laval. La Tunisie était une autocratie nationaliste, non pas un régime soumis aux allemands. Pour toutes ces raisons, je dis à Nizar Chabbi que toute la grandeur et la noblesse d'un homme consiste dans le respect de la vérité et de l'autre, surtout lorsqu'il s'agit d'un adversaire. Pour des raisons idéologiques ou politiques qui vous concernent, vous avez le droit de critiquer Mezri Haddad. Mais vous n'avez pas le droit de travestir son histoire, encore moins l'Histoire. Vous n'avez pas le droit de reprocher à France Soir et à M. Del Valle d'avoir donné la parole à un intellectuel qui a son poids. Appeler à museler un penseur, vous pourriez le faire dans certains pays musulmans, mais pas en France. Puisque vous êtes tunisien et français, vous devriez le savoir.      



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  • Par Anonyme-77656, le 23 nov à 23:25

    Anonyme-77656
    eh oui!

    C'est une révolution qui tournera au vinaigre comme d'autres avant elle,bon il faudra beaucoup de temps et malheureusement c'est ce qu'il manque le plus à la Tunisie!On ne mélange pas la religion avec la politique,ça c'est très clair!



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  • Par Anonyme-77656, le 24 nov à 10:19

    Anonyme-77656
    icône du benalisme

    Ce monsieur que indécemment votre journaliste présente comme un anti islamiste( cela suffirait pour accepter toutes les exactions, on le sait))est une icône de l'ancienne dictature, un opportuniste de la pire espèce qui a défendu les meurtres, la torture et le pillage en Tunisie. Le peuple a encore en mémoire ses déclarations sur vos chaînes de télévision lors de la révolution.Alors de grâce, épargnez nous ces propos sans fondements.Les tunisiens ont librement choisi, personne ne les a forcés.Respectez-les donc.Ne participez pas au procès d'intention fait contre ENNAHDA qui n'a aucune volonté d'instaurer un Etat théologique comme le prétend monsieur Mezni HADDAD. Son allégeance au dictateur BEN ALI lui enlève toute crédibilité.



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  • Par Anonyme-77656, le 24 nov à 11:42

    Anonyme-77656
    icône du bourguibisme

    Lotfi Chérif, je crois que tu ne connais pas bien l'histoire de cet intellectuel que tu stigmatises. A moins que tu le fais volontairement pour égarer les lecteurs. Ceux qui lisaient la presse française, les rapports d'Amnestie international et de RSF savent que Mezri Haddad a été le premier tunisien à dénoncer la torture et le pillage de la Tunisie les 10 premières années de la dictature. Ils savent aussi qu'il a été le seul à défendre les islamistes lorsque les laïcs et les gauchistes encourageaient Ben Ali à es éradiquer. En tant que penseur moderniste, il s'oppose à l'islamisme; en tant qu'humaniste, il a défendu les islamistes lorsqu'ils étaient sous la torture. C'est ça sa particularité e la noblesse de son combat. Et c'est pour cette raison qu'il est parfaitement crédible. ses maladresses médiatiques au début de la révolutionn'enlèvent rien son passé honorable et digne de respect.



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  • Par Anonyme-77656, le 24 nov à 18:17

    Anonyme-77656
    Allah Akbar et BHL est son prophète

    Cette formule est choquante mais elle résume en une seule phrase le "printemps arabe". Ce philosophe tunisien a le regard lucide et le verbe décapant. Monsieur Mezri Haddad a très bien compris les enjeux géostratégiques des révolutions téléguidées par les Américains comme au bon vieux temps de l'Amérique Latine, ensuite de l'ex-URSS. Il a vraiment le sens de la formule. Avant d'écrire ce commentaire, j'ai fait une petite recherche sur lui et j'ai trouvé une autre déclaration tout aussi ironique et percutante qu'Allah Akbar et Bernard Henri Lévy est son prophète. Il a dit aussi en parlant des Américains : "A vous la Charia, à nous le pétrole. Chacun sa religion!". Admirable cet ancien ambassadeur à l'UNESCO. France Soir nous a bien gâté. Cette interview est un vrai délice.



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  • Par Anonyme-77656, le 25 nov à 11:59

    Anonyme-77656
    Acculturation

    Monsieur Mezri HADDAD est, pour le moins, un acculturé.Son mot de la fin en témoigne.Pour un poste d'enseignant en France et pour s'attirer les faveurs, il a été capable de tout renier.



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  • Par Anonyme-77656, le 25 nov à 15:03

    Anonyme-77656
    Précision sur acculturation

    Lotfi, j'espère que vous savez ce que veux dire acculturation ? Pour dire ça sur ce Monsieur, vous ne devez pas le connaitre. Non, je dirai plutôt que vous le connaissez très bien. Vous parlez de quel poste d'enseignant ? Celui qu'il a perdu lorsqu'il a défendu l'Irak, ou celui qu'il a encore perdu lorsqu'il a sorti son livre "Carthage ne sera pas détruite"? Monsieur Mezri Haddad a toujours été un bon patriote et un panarabiste. Tout ce que BHL déteste. L'islamisme et le sionisme peuvent s'entendre. Jamais le panarabisme et le sionisme.Lotfi, ramasse ta copie et regarde le Petit Larousse pour le mot acculturation.



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  • Par Anonyme-77656, le 25 nov à 17:52

    Anonyme-77656
    Le peuple, une horde!

    L'acculturation est l'ensemble des phénomènes qui résultent d'un contact continu et direct entre des groupes d'individus de cultures différentes et qui entraînent des modifications dans les modèles culturels initiaux de l'un ou des deux groupes. On ne peut plus explicite!



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  • Par Anonyme-77656, le 28 nov à 12:37

    Anonyme-77656
    MEZRI HADDAD parle de rached ghannouci

    MEZRI HADDAD parle de rached ghannouci, moncef marzouki et moustafa ben jafar. intéressant. http://tunisie-secret.over-blog.com/article-tunisie-exclusif-mezri-haddad-parle-de-ses-relations-avec-rached-ghannouchi-moncef-marzouki-et-must-90009112.html



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  • Par Anonyme-77656, le 1 déc à 12:36

    Anonyme-77656
    Mezri Haddad stigmatise BHL

    Sa phrase sur Bernard-Henri Lévy est en effet remarquable. "Allah est grand et Bernard-Henri Lévy est son prophète", on ne peut être plus clair. Cette formule fera date et France Soir devrait la déposer comme propriété intellectuelle. Mais je n'arrive toujours pas à comprendre cette alliance entre l'islamisme qu'on disait ennemi d'Israêl et le sionisme qu'on disait ennemi du Hamas. Franchement, je ne comprends pas. Un débat entre BHL et Mezri Haddad, tous les deux philosophes, serait très utile. Probablement un débat qui explosera l'audimat.



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Publié : 22/11/11 - 07h44
Mis à jour : 22/11/11 - 07h50
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