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Affaire Bettencourt : Mediapart persiste et signe

Affaire Bettencourt

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Les journalistes de Mediapart, convoqués ce jeudi à Bordeaux en vue d'une mise en examen pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" de la milliardaire Liliane Bettencourt, ont annoncé mardi à Paris qu'ils "contre-attaqueraient" en portant plainte pour "dénonciation calomnieuse".

  • Lilianne Bettencourt est la femme la plus riche de France <em>AFP/FRANCOIS GUILLOT / AFP</em>

    Lilianne Bettencourt : La milliardaire courtisée de toutes parts Femme la plus riche de France, avec 17 milliards d'euros, l'héritière et actionnaire principale de L'Oréal, 88 ans, serait selon sa fille sous l'emprise de l'artiste François-Marie Banier, à qui elle a remis près d'un milliard d'euros entre les années 1990 et 2000. L'octogénaire nie être "sous la coupe" du photographe. Elle est défendue par son avocat, Me Georges Kiejman. Dans l'autre versant de l'affaire, le politique, Lilianne Bettencourt est accusée d'avoir financé à hauteur de 150.00 euros la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

  • Françoise Bettencourt-Meyers est la fille unique de l'héritière de l'Oréal <em>AFP/BORIS HORVAT / AFP</em>

    Françoise Bettencourt-Meyers : La fille qui demande la tutelle de sa mère Agée de 57 ans, la fille unique de Liliane Bettencourt est à l'origine des poursuites contre François-Marie Banier, qu'elle accuse d'abus de faiblesse sur sa mère. Elle soupçonne le photographe d’avoir profité de la fragilité de sa mère pour obtenir de grosses sommes d’argent et des cadeaux, des montants qui avoisineraient les 993 millions d’euros. Défendue par Me Olivier Metzner, elle a transmis à la police en juin 2010 les enregistrements réalisés par l'ancien majordome de la milliardaire. Depuis le début de la procédure pénale, en décembre 2007, elle a demandé quatre fois la mise sous tutelle de sa mère.

  • L'écrivain et photographe François-Marie Banier est l'élément déclencheur de toute l'affaire <em>AFP/MIGUEL MEDINA / AFP</em>

    François-Marie Banier : Le dandy par qui le scandale est arrivé Figure du Tout-Paris, cet artiste de 64 ans, ami de longue date de Liliane Bettencourt, aurait touché près d'un milliard d'euros de la milliardaire, sous forme de chèques, contrats d'assurance vie et tableaux de maîtres. Françoise Bettencourt-Meyers l'accuse dès 2007 d'avoir extorqué sa mère. Face aux accusations de manipulations sur la vieille dame, le photographe nie et se dit victime du différend familial qui oppose Françoise et Liliane Bettencourt. Sa fille a abandonné ces poursuites après un accord, fin 2010, avec sa mère et l'artiste. En 2009, Banier est la cible d'un redressement fiscal.

  • Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune des Bettencourt, et est accusé d'avoir remis, en 2007, 150.000 euros en liquide à Eric Woerth <em>AFP/LIONEL BONAVENTURE / AFP</em>

    Patrice de Maistre : Le gestionnaire de fortune peu scrupuleux Gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, le patron de la société Clymène, 63 ans, apparaît à de nombreuses reprises dans les enregistrements menés par l'ancien majordome de Lilianne Bettencourt. Soupçonné d'avoir été l'organisateur d'une supposée fraude fiscale de la milliardaire, Patrice de Maistre a reconnu l'existence de deux comptes en Suisse d'une valeur totale de 78 millions d'euros. Il a reçu en janvier 2008 les insignes de chevalier de la Légion d'honneur des mains d'Eric Woerth. Il a été mis en examen, le 15 décembre 2011, pour "abus de faiblesse, complicité d'abus de confiance et escroquerie aggravés par état de vulnérabilité au préjudice de Liliane Bettencourt, ainsi que pour blanchiment".

  • Pasacal Bonnefoy est l'ancien majordome des Bettencourt <em>AFP/PATRICK KOVARIK / FILES / AFP</em>

    Pascal Bonnefoy : Le majordome indiscret Il est l'homme-pivot de la nébuleuse affaire Bettencourt, celui par qui le scandale est arrivé. Pascal Bonnefoy, l'ancien majordome de la femme la plus riche de France a été mis en examen pour "atteinte à l'intimité de la vie privée", par la juge de Bordeaux Valérie Noël, chargée d'instruire ce volet de l'affaire. Pendant un an, Pascal Bonnefoy avait enregistré des conversations tenues chez la milliardaire Liliane Bettencourt pour prouver les abus de faiblesse dont elle pouvait être victime. Depuis le mois de mai 2009 et jusqu'à son départ en mai 2010, le maître d'hôtel a enregistré à leur insu les visiteurs de Liliane Bettencourt dans une salle de son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

  • Claire Thibout, l'ex-comptable de l'héritière de l'Oréal, est celle qui a mis en cause Eric Woerth <em>AFP/PIERRE ANDRIEU / AFP</em>

    Claire Thibout : L'ex-comptable accusatrice En juillet 2010, Le Monde a révélé le contenu de déclarations à la police de Patrice de Maistre mettant en difficulté le ministre Eric Woerth. L'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, avait affirmé peu avant que Patrice de Maistre lui avait demandé début 2007 de retirer 150.000 euros en liquide, destinés à être remis à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP. Pendant 12 ans au service des Bettencourt, Claire Thibout a noté tous les retraits d'espèces avant d'être licenciée en 2008 et de toucher près de 400.000 euros.

  • L'ancien ministre du Travail, proche de Nicolas Sarkozy, est accusé de conflit d'intérêts <em>SIPA</em>

    Eric Woerth : Un ancien ministre au cœur de la tourmente L'ancien ministre du Travail, proche de Nicolas Sarkozy, est accusé de conflit d'intérêts dans cette affaire, en raison de ses liens avec la milliardaire mais aussi de sa double casquette de ministre du Budget, jusqu'en mars 2010, et de trésorier de l'UMP (depuis 2002). Accusé d'avoir épargné un contrôle fiscal à Lilianne Bettencourt, Eric Woerth a démenti ces accusations, estimant être une "cible politique". Selon Mediapart, il aurait par ailleurs donné son aval au versement de 30 millions d'euros à Lilianne Bettencourt par le Fisc, en mars 2008, dans le cadre du bouclier fiscal. Le ministre a démenti.

  • Florence Woerth est soupçonné avoir eu connaissance d'une éventuelle fraude fiscale de Lilianne Bettencourt <em>AFP/ERIC FEFERBERG / AFP</em>

    Florence Woerth : L'épouse cible de la polémique Epouse d'Eric Woerth, cette analyste financière de 53 ans a travaillé de 2007 à 2010 au sein de la société Clymène, où les écoutes suggèrent qu'elle aurait été embauchée pour son statut de femme de ministre. Soupçonnée d'avoir eu connaissance d'une fraude fiscale de la milliardaire, Mme Woerth a assuré n'avoir été au courant de rien. Elle a démissionné de Clymène, confiant avoir "sous-estimé le conflit d'intérêts". La gérante de portefeuille nie avoir influencé son mari et avoir eu connaissance des comptes suisses. En tant qu’employée de Clymène, elle n’a eu accès qu’à la fortune dépendant des dividendes de l’Oréal et non à l’ensemble du patrimoine de Liliane Bettencourt.

  • Philippe Courroye, procureur de Nanterre, est au cœur de l'affaire <em>AFP/MIGUEL MEDINA / AFP</em>

    Philippe Courroye : Un procureur mis en examen Le procureur de la République de Nanterre, réputé proche de Nicolas Sarkozy, a classé sans suite en 2009 l'enquête préliminaire visant François-Marie Banier et tenté à plusieurs reprises de s'opposer à la tenue d'un procès. Selon les écoutes, il avait informé l'Elysée plusieurs mois à l'avance du classement. Mis en cause pour son inaction supposée vis-à-vis de la situation fiscale de Lilianne Bettencourt, il a toujours démenti, indiquant avoir alerté le fisc sur le dossier Banier/Bettencourt en janvier 2009. Il a été mis en examen, le 17 janvier 2011, pour des investigations présumées frauduleuses, qui visaient à vérifier si la juge informait ou non des journalistes du Monde.

  • Isabelle Prévost-Desprez a été déssaisie de l'affaire Bettencourt <em>SIPA/Witt</em>

    Isabelle Prévost-Desprez : La juge qui ne lâche rien En conflit ouvert avec Philippe Courroye, la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre a tout fait pour juger l'affaire Banier. Après la découverte des enregistrements pirates, la magistrate a décidé de renvoyer le procès et s'est auto-désignée pour enquêter sur les écoutes dans le cadre d'un complément d'information. Dans le livre Sarko m'a tuer, écrit par deux journalistes du Monde, la juge Isabelle Prévost-Desprez raconte qu'un témoin a dit hors procédure à sa greffière avoir assisté à des versements d'argent de Liliane Bettencourt à Nicolas Sarkozy avant 2007. Les témoins qu'elle citait ont ensuite contesté ces dires. Mme Prévost-Desprez a été dessaisie de l'affaire fin 2010.

  • Nicolas Sarkozy nie tout financement illégal de sa campagne de 2007 <em>AFP/Lionel Bonaventure</em>

    Nicolas Sarkozy : Un président-ami des Bettencourt Le président de la République était un ami des Bettencourt. Durant vingt ans, il a été maire de Neuilly-sur-Seine et était un coutumier des diner donner par André et Lilianne Bettencourt. Mais Nicolas Sarkozy se défend de tout financement électoral illégal de sa campagne présidentielle de 2007. Il qualifie toute cette affaire de « boule puante ». D'autres indices mettent en lumière des coïncidences de dates qui seraient cohérentes avec un financement illicite de cette campagne victorieuse en 2007, comme deux rapatriements de fonds de 400.000 euros en liquide depuis les comptes suisses de Mme Bettencourt en février et avril 2007.

Ils sont dans leur bon droit. C'est en tout cas ce qu'ils estiment. Edwy Plenel et Fabrice Arfi, journalistes de Mediapart, entendent le faire savoir. Alors qu'ils sont convoqués ce jeudi à Bordeaux en vue d'une mise en examen pour « atteinte à l'intimité de la vie privée » de la milliardaire Liliane Bettencourt, ils ont annoncé mardi à Paris qu'ils allaient contre-attaquer. Ils vont en effet porter plainte pour « dénonciation calomnieuse ». Les deux journalistes estiment avoir révélé « des informations d'intérêt public ». « Nous allons saisir le doyen des juges d'instruction de Bordeaux d'une plainte en dénonciation calomnieuse. Une plainte contre X au pluriel », a annoncé à la presse l'avocat Jean-Pierre Mignard, aux côtés du directeur de publication du journal en ligne Mediapart Edwy Plenel et du journaliste Fabrice Arfi.

Comme leurs confrères du Point, Franz Olivier Giesbert et Hervé Gattegno, les deux journalistes de Mediapart risquent d'être prochainement mis en examen « pour atteinte à l'intimité de la vie privée » par le juge d'instruction de Bordeaux Jean-Michel Gentil, chargé de l'affaire Bettencourt. Il leur est reproché d'avoir diffusé en 2010 des extraits d'enregistrements clandestins effectués par Pascal Bonnefoy, l'ancien majordome de Lilianne Bettencourt, dans le salon de la milliardaire.  « En informant le public de faits graves concernant Madame Bettencourt, personne âgée atteinte de graves pathologies, nous avons notamment révélé de graves dysfonctionnements des institutions de l'Etat ainsi que des manquements à la loi commune, notamment fiscale, en excluant toute allusion à l'intimité de la vie privée » insistaient-ils déjà la semaine dernière.

"Le journalisme n'est pas un délit"

Le journaliste d'investigation Fabrice Arfi n'en démord toujours pas. Il assure avoir « protégé l'intimité de la vie privée de Mme Bettencourt en sélectionnant, dans les 22 heures d'enregistrements clandestins, uniquement les éléments d'intérêt public : une fraude fiscale dans des proportions vertigineuses, le financement illégal de partis politiques, des immixtions de l'Elysée dans la procédure judiciaire, etc. ». « On ne peut pas décemment accepter d'être mis en cause pour avoir fait notre travail. Le journalisme n'est pas un délit », a conclu Fabrice Arfi.

Edwy Plenel, de son côté, a également insisté sur l'idée que Mediapart s'était « désintéressé des aspects les plus anecdotiques, intimes et psychologiques de l'affaire », en écrivant très peu sur les relations entre Lilianne Bettencourt et sa fille Françoise Bettencourt-Meyers ou avec le photographe François-Marie Banier. C'est pourquoi, leurs avocats, Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, plaident que les journalistes de Mediapart ont fait leur métier en portant « à la connaissance du public des méfaits contre Mme Bettencourt commis par des tiers ou son entourage, personne âgée, riche, mais atteinte de graves pathologies affectant ses facultés de discernement ». Ancien journaliste de Mediapart, Fabrice Lhomme, aujourd'hui au Monde, et auteur avec Fabrice Arfi du livre Affaire Bettencourt : Un scandale d'État, est également convoqué par les juges d'instruction de Bordeaux le 5 avril pour les mêmes raisons.

Par Maxime Ricard

Réactions à cet article7 commentaires

  • Par lenawavagabon, le 3 avr à 16:46

    lenawavagabon
    pour moi

    pour moi les journalistes ont fait leurs travail. deja ça mis en lumières les qq personnes qui ont  abuses de cette femme .



    Signaler un abus  
  • Par Papymouzo, le 3 avr à 17:44

    Papymouzo
    Dénoncer

    des pratiques douteuses et être mis en examen pour cela, dans quelle république sommes-nous donc ?



    Signaler un abus  
  • Par symphonicman, le 3 avr à 18:37

    symphonicman
    Bien fait pour eux !

    Ces écoutes ne prouvent rien elles ont pu être manipulées et c'est bien une atteinte à la vie privée ! Si on vous faisait le coup avec votre amant ou maitresse vous seriez heureux  NON ? alors on se tait .....1 an d'enregistrement on peut faire dire ce qu'on veut ....



    Signaler un abus  
  • Par GARRIGUES Jacques, le 3 avr à 18:44

    GARRIGUES Jacques
    5 journalistes concernés

    Du jamais vu,5 journalistes mis en examen en une semaine. Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qu'il y a de répréhensible à faire le travail d'information nécessaire auprés des français?Le Job d'un journaliste c'est de donner des informations prouvées qui se sont constituées depuis plus de 2 ans.Il aura fallu attendre la campagne présidentielle pour trouver cette information scandaleuse.Mr Guéant devrait prendre de la hauteur,on ne peut pas être ministre de l'intérieur et être pendant ce même temps partisan. La liberté d'expression est inscrite dans la constitution,ce n'est pas un délit mais un droit.Ce gouvernement," Sarkosy-guéant"puisque Fillon semble absent ,devrait se conformer à certaines règles démocratiques même en fin de mandat.



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  • Par prince drum, le 3 avr à 19:02

    prince drum
    roi

    le roi est là avec sa cour, Vive le roi.


    Le roi a dit les journalistes tous de gauche sauf ceux qui aiment ma femme.



    Signaler un abus  
  • Par le Magnaud, le 3 avr à 19:41

    le Magnaud
    qui peut prendre au serieux

    médiapart et son directeur ? ? ?                   le Magnaud



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    • Par prince drum, le 3 avr à 20:33

      prince drum
      oui

      qui les attaque en justice et gagne? question bête hein............



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Publié : 03/04/12 - 16h07
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