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Couple enterré vivant : Compte rendu du procès

Procès des assassins de Luc et Guy


Claude Juillet, 55 ans, et Christophe Rayé, 39 ans, avaient séquestré et tué un couple d'homme enterré vivant sur les bords de la Loire, en mars 2009. Ils ont été condamnés, jeudi 29 septembre, à la même peine : 30 ans de réclusion criminelle.

Le procès des homosexuels enterrés vivants a eu lieu ce jeudi
Le procès des homosexuels enterrés vivants a eu lieu ce jeudi MaxPPP/XAVIER GUERIN

«Petit Claude», alias Claude Juillet d'abord. Taille moyenne, cheveux poivre et sel, teint très pâle, visage figé. Discret, réservé, d'une étonnante froideur. La cour d'assises du Cher l'a condamné, hier, à 30 ans de prison pour le meurtre de Luc Amblard et Guy Bordenave, un couple d'homme, enterré vivant, en mars 2009. Christophe Rayé, son complice âgé de 39 ans, bien plus grand, teint mat, apparence plus soignée, a écopé de la même peine.

Ils étaient comme des frères. Christophe Rayé avait même désigné son ami comme le parrain de son fils. Jugés pendant quatre jours pour l'«enlèvement et la séquestration suivie de la mort des victimes», ils ne sont plus que des co-accusés aux versions divergentes. Car si Claude Juillet a reconnu l'intégralité des faits, son complice a nié avoir participé à l'ensevelissement des victimes. Entre récits imprécis et trous de mémoire sélectifs, quatre jours d'audience n'auront pas permis de savoir précisément ce qu'il s'était passé dans la nuit du 7 au 8 mars 2009, à Couy, dans le pavillon du couple, décrit comme «fusionnel».

«Émotions anesthésiées»

Entre la séquestration et l'enfouissement des victimes, 8h30 se sont écoulées auxquelles s'ajoutent la bonne heure et demie nécessaire à leur enfouissement total sous le sable. Le président, Jacques Lavigerie a demandé : «pourquoi ne pas avoir arrêté ?». Claude Juillet, l'ancien braqueur, n' pas su l'expliquer. Il s'est levé, mains jointes devant lui : «je savais pas comment faire pour arrêter... je regardais pas les victimes», avance-t-il comme si cela suffisait à justifier cette absence de réaction. Pendant cette opération, l'accusé n'a manifesté aucune fureur, aucune rage. «Il a agi de façon lucide», selon le docteur Guggiari. «On peut le croire quand il dit qu'il n'a pas de sentiment, c'est révélateur de son fonctionnement rigide, de sa tendance à bloquer les affects», a analysé l'expert psychiatre. Ses émotions étaient «anesthésiées». Un autre expert poursuit : «quand il est déterminé, il semble que sa pensée prime sur tout». «Il ne pensait qu'à la vengeance, il n'y avait pas d'autre idée que cela».

 «On vivait chacun chez soi mais on se fréquentait»

Selon Claude Juillet, Luc Amblard et Guy Bordenave lui «pourrissaient la vie». Il les tenait pour responsable de sa rupture avec Marie-Laure, la sœur de Guy. C'est même la seule chose qu'il reconnaît leur avoir dit pendant la séquestration. «S'il les supprimait, le problème serait résolu», a précisé un psychologue. Marie-Laure, de son côté, n'a jamais ressenti une telle animosité. «Je n'ai jamais observé la moindre tension entre eux. Ils plaisantaient, ils rigolaient», a-t-elle confié à la cour. Sept mois avant les faits, en août 2008, lorsqu'elle a demandé à Claude Juillet de partir de chez elle après quatre ans de vie commune, il dit avoir cru que tout était fini. Ce n'était pas le cas, bien au contraire. «Ce n'était pas fini entre nous, je l'aimais oui. On vivait chacun chez soi mais on se fréquentait». Et d'expliquer : «j'avais besoin qu'il me dise qu'il m'aime. Comme il parlait très peu, je voulais qu'il arrive à trouver une stabilité dans le travail, qu'il exprime ce qu'il ressentait. Je pensais qu'il évoluerait mieux comme ça et d'ailleurs on communiquait mieux». «Vous avez demandé des explications sur cette séparation matérielle ?», a demandé le président à Claude Juillet. «J'ai demandé deux fois, mais elle m'a rien répondu», a-t-il rétorqué. «Et vous aviez une idée ?», poursuit le juge. «Moi, je pensais que c'était la faute de Luc et Guy». Il fallait donc les supprimer. 

«Y'a toujours ça qui va pas»

Alors que Claude Juillet héberge son ami Christophe Rayé, ce dernier lui aurait «proposé ça»( la séquestration et l'ensevelissement). «Ça m'arrangeait pour régler mon problème et lui pour l'argent», a-t-il raconté. «Comment s'est venu ?», a interrogé le président. «Il m'a parlé de Marie-Laure et j'ai dit «y'a toujours ça qui va pas. Il m'a proposé de régler le problème en les tuant». La méthode ? Rayé a proposé un coup de fusil selon Juillet qui a répondu «non à cause des voisins». «Le mieux c'était de les amener à l'écart et de le faire là-bas», sur les bords de la Loire. Selon la version de Claude Juillet, les deux amis se seraient donc rendus sur place puis y serait retourné pour creuser le trou. Rayé nie fermement cette version là de l'histoire. «Je suis pas un meurtrier moi !», a-t-il lancé à la cour, désespéré. 

«Pas la moindre protestation ?»

Cinq jours plus tard, le duo se présentait donc chez le couple. «On a sonné, ils nous ont ouvert la porte, on a pris un verre, on a discuté puis monsieur Rayé m'a demandé d'aller chercher le fusil. Il aurait alors asséné un coup de crosse à Guy Bordenave. «Comment réagissent-ils ?», veut savoir le président. Ils sont «étonnés», répondent-ils à l'unisson, pour une fois sur la même longueur d'onde. Puis ils leur ont demandé leur codes de cartes bancaires. Avant de les faire monter dans leur chambre ou Christophe Rayé, alcoolisé, dit s'être endormi à leur côté. Claude Juillet, lui est sur le canapé. Les heures passent. Claude Juillet a relaté avoir voulu attendre l'aube pour ne pas être repéré. Puis les victimes ont été transportées dans le camion et enterrées dans la fosse prévue à cet effet. «Si je comprends bien, les deux victimes n'ont pas esquissé le moindre geste de défense, la moindre protestation ? », fait remarquer le juge. En somme, «s'ils sont morts, c'est de leur faute ?», déclare-t-il volontairement provocateur. Claude Juillet esquisse un non de la tête et marmonne : «c'est bien nous les responsables». Christophe Rayé confirme. Mais aucun regret ni excuse ne sont sortis de leur bouche. 

 

Nathalie Mazier

Réactions à cet article1 commentaire

  • Par HORNY FREAK, le 30 sep à 18:28

    HORNY FREAK
    Pas de libération anticipée SVP



    Monstres sans

    nom, ignobles créatures, aussi abjectes que leur action. Et l'un des deux qui

    s'est employé à offrir des dénégations ! Le simple fait de penser à la fin

    interminable de leurs deux victimes, à la recherche d'ultimes onces d'oxygène,

    dans une suffocation simplement épouvantable, me donne la nausée. Mais vous

    verrez, on aura oublié cette abomination lorsqu'ils sortiront, bien avant la

    moitié des trente ans de la sentence. Dans... quoi, dix ans ?





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Publié : 29/09/11 - 22h34
Mis à jour : 29/09/11 - 22h34
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