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Famille Erignac : "On nous balade et c'est insupportable !"

Procès d'Yvan Colonna


La veuve du préfet assassiné a témoigné vendredi aux Assises de Paris. Elle accuse Yvan Colonna de « fuir ses responsabilités ».

La famille du préfet de Corse du vivant de Claude Erignac
La famille du préfet de Corse du vivant de Claude Erignac SIPA

Dominique Erignac, 68 ans, a la voix lasse d'une épouse qui vient pour la cinquième fois réclamer justice pour son mari. « Je veux que la vérité éclate », a-t-elle réclamé vendredi. La veuve du préfet de Corse, assassiné le 6 février 1998, a fait le calcul : « Mes enfants et moi-même avons passé six mois dans cette salle depuis 2003 », soupire-t-elle, face à la cour d'assises de Paris qui rejuge Yvan Colonna, tueur présumé du haut fonctionnaire. Frêle dans un chemisier pâle, elle « en a assez de devoir attendre de prétendues révélations 13 ans après » l'exécution de « Claude ». Révélations promises par l'accusé à l'ouverture de son procès. « N'est-ce pas encore une nouvelle tentative pour fuir ses responsabilités. Tout cela me paraît dénué d'envergure et de grandeur alors que cet acte devait être l'aboutissement d'une idéologie », estime-t-elle.

Avant Mme Erignac, ses deux enfants sont venus évoquer le souvenir de leur père disparu. Marie-Christophine, mince jeune femme de 38 ans, retient ses larmes. « Cela fait 13 ans aujourd'hui que je vis cette absence, cet assassinat qui nous a tous emportés. C'est mon père la seule et unique victime d'un véritable complot pensé et organisé », assure-t-elle. A son tour, Antoine, 34 ans, s'avance vers la barre. Le fils de Claude Erignac est devenu avocat : « Depuis le 6 février 1998, l'envie de justice ne me quitte plus », explique-t-il d'une voix forte. Mais de s'insurger, à l'instar de sa mère: « Quel scénario va-t-on encore inventer, quelle stratégie va-t-on nous présenter pour tenter de nous enfumer ? Depuis 13 ans, on nous balade avec de prétendues révélations et c'est insupportable ! »

Parti chercher « des chèvres perdues »

A sa droite, assis dans le box blindé de la salle, Yvan Colonna écoute. Plus tard, il assurera avoir été « surpris » d'apprendre l'assassinat du préfet, le lendemain, « en voiture », à la radio : « C'était la première fois qu'il y avait une action aussi dure en Corse ». Le 23 mai 1999, le berger de Cargèse partait « en montagne chercher des chèvres » perdues. Il y restera quatre ans.

De cette cavale, l'accusé devra s'expliquer. Mais, d'abord, le président Hervé Stéphan veut savoir ce que Colonna a fait le soir de l'assassinat qui lui est imputé. Debout, les bras derrière le dos, il explique : « Ma femme Pierrette (son épouse de l'époque) avait prévu d'aller à une soirée crêpes au Bon Accueil », un restaurant qu'Yvan refuse de fréquenter. « Je devais garder le petit mais quand je suis arrivé à la maison, la porte était fermée, elle ne m'avait pas attendu. Je me suis énervé et je suis parti. J'ai pensé aller chercher mon gosse qui devait être chez ma belle-mère mais quand il me voit, il veut toujours rester avec moi, et, ma belle-mère, elle ne l'a pas souvent, je ne voulais pas lui faire de la peine. J'ai décidé de ne pas aller dormir chez ma tante, il y avait mon père et ma grand-mère et je ne voulais pas qu'ils disent: qu'est-ce qui se passe encore avec Pierrette. J'ai décidé de monter dormir à la bergerie comme je le faisais chaque fois qu'il y avait des problèmes avec ma femme. Le lendemain, je me suis levé à 4h30, j'ai travaillé et je suis parti au village ».

« Prendre du recul »

L'alibi d'Yvan Colonna sera évidemment rediscuté bientôt. En attendant, le président Stéphan veut connaître la raison de la cavale du Corse, plus de quinze mois après le meurtre du préfet et alors que que des membres présumés du commando qui a revendiqué l'assassinat viennent d'être interpellés par les enquêteurs. Ce jour-là, le 23 mai 1999, le journal « Le Monde » publie un article dans lequel il révèle les arrestations de six nationalistes et les compagnes de trois d'entre-eux. Les noms des frères Colonna, Yvan et Stéphane, sont cités. Yvan qui, le matin même, part à l'aube « en montagne » : « On savait que des bêtes avaient été coursées par des chiens, il fallait les ramener sur le pacage habituel », assure-t-il. « En redescendant au village », deux jours plus tard, il « a rencontré une connaissance qui (lui) a dit qu'il était recherché » : « J'ai décidé de prendre du recul, je ne comprenais pas pourquoi on m'avait accusé, j'avais peur ». Pourquoi être resté quatre années planqué dans le maquis ? « J'attendais un déclic. Mon frère m'avait fait savoir que ceux qui m'ont accusé allaient dire la vérité et c'est jamais venu ».

Sandrine Briclot
Publié : 06/05/11 - 20h00
Mis à jour : 06/05/11 - 20h00
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