Résultats Présidentielle 2012

» S'identifier
Mercredi 23 octobre, 02:24
Accueil > Actualité > Justice > Ségalat : Cinq cents jours de questions

Ségalat : Cinq cents jours de questions

Justice


Accusé de meurtre, un généticien français est emprisonné depuis janvier 2010 en Suisse. De sa prison, il crie son innocence, pendant qu'une bataille d'expertises fait rage.

Laurent Ségalat a obtenu que de nouvelles expertises soient menées
Laurent Ségalat a obtenu que de nouvelles expertises soient menées MaxPPP

Cinq cents jours de prison pour Laurent Ségalat. Beaucoup trop pour ses soutiens. Pour ses accusateurs, le début d'une longue peine et la garantie qu'il ne quittera pas la Suisse avant un procès espéré. Cinq cents jours que cet homme de 46 ans, chercheur français spécialiste de la génétique, est accusé du meurtre de sa belle-mère, Catherine Ségalat, 67 ans.

Le 9 janvier 2010, en début de soirée, Laurent Ségalat appelle le numéro d'urgence des secours suisses, signalant avoir retrouvé sa belle-mère Catherine baignant dans son sang à son domicile, le Moulin, une belle maison de Vaux-sur-Morges. Aux policiers dépêchés sur place, l'homme explique avoir tenté de ranimer Catherine. Mais un certain nombre d'éléments troublent les enquêteurs. D'abord, le fait que le corps de la sexagénaire ait été déplacé, du pied de l'escalier où elle a été retrouvée jusqu'à « une pièce plus chaude », selon la défense de Laurent Ségalat. Ensuite, le fait que le généticien ait partiellement changé de vêtements et nettoyé grossièrement le lieu où gisait Catherine. Par ailleurs, il présente des griffures sur le visage et le cou. Enfin, la police note un délai entre le moment de la découverte du corps et l'appel aux secours. De quoi, à l'époque, placer le jeune chercheur en détention provisoire.

Crime odieux ou accident tragique ?

Pourtant Laurent Ségalat, depuis cinq cents jours, clame son innocence. Et cherche, entouré d'une association de soutien, à faire entendre ses cris. Ainsi écrivait-il à France-Soir ses doutes quant à de « maigres constatations » et des « anomalies de procédure ». Dernièrement, cette volonté semble avoir porté ses fruits : à la demande des trois avocats de Laurent Ségalat, trois nouvelles expertises privées ont été présentées au procureur (le juge d'instruction suisse). La première, réalisée par Dominique Lecomte, directrice de l'institut médico-légal de Paris, donne « sa » lecture du rapport d'autopsie de Catherine. Pour elle, à l'examen des résultats présentés par les médecins légistes suisses, il est possible que les traumatismes crâniens observés sur la victime aient été produits par une chute de l'escalier de pierre au pied duquel elle gisait. Par ailleurs, elle pointe des « lésions cardiaques » qui pourraient expliquer cette chute : selon cette thèse, Catherine aurait fait un malaise en haut des marches. En somme, un accident. Pas de crime, mais un effet du hasard.

« Il sent que le vent tourne »

La seconde expertise privée, réalisée par le psychiatre Daniel Zagury, grand habitué des affaires criminelles et des cours d'assises, se penche, selon Béatrice, la compagne de Laurent Ségalat, sur « l'émotivité » du suspect, ce qui pourrait expliquer l'enchaînement de réactions « étranges » du chercheur face au corps de sa belle-mère. Des contre-feux d'envergure face aux accusations du procureur. Jacques Barillon, ténor du barreau de Genève qui agit dans ce dossier à la demande de la famille de Catherine, insiste cependant sur le fait que cette « consultation privée produite par la défense n'a pas la valeur probante d'une expertise judiciaire ».

Reste la question du mobile. La défense de Laurent Ségalat n'en voit aucun qui ait été retenu par l'enquête. Jacques Barillon, s'il entend « réserver son argumentaire aux juges du tribunal », précise cependant que « les mobiles sont multiples. Ils tiennent ensemble à des éléments d'ordre matériel et financier, ainsi qu'à la personnalité du prévenu ». Prochaine étape : une troisième expertise médico-légale réalisée par un expert international désigné par le procureur. En attendant de connaître l'issue de cette bataille, Laurent Ségalat reste en prison. Loin de ses laboratoires, de ses filles, de sa compagne. Mais « combatif » selon sa compagne. « Il sent que le vent tourne. » 

Jérôme Sage
C'est sur France Soir !

Plus d'articles Justice

Réactions à cet article1 commentaire

  • Par Anonyme-77656, le 24 mai à 07:11

    Anonyme-77656
    Il vont pouvoir faire un club

    C'est incroyable le nombre d'innocents français qu'il y a dans les prisons étrangères



    Signaler un abus  
Publié : 24/05/11 - 06h52
Mis à jour : 24/05/11 - 07h00
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX


FranceSoir l'e-mag en PDF
FranceSoir l’e-mag a 1 an
N° anniversaire gratuit à découvrir en PDF
Télécharger

France-Soir sur Facebook

Plus d’articles


Dernières vidéos

Audiences TV : Taxi est loin devant

» Voir toutes les vidéos

Les derniers commentaires

    Les membres les plus actifs

    • HeyBaal HeyBaal, le 26 jui à 17:29

      288500 points
      5570 commentaires

      En savoir plus sur HeyBaal


    • nellyolson nellyolson, le 21 sep à 19:55

      203400 points
      3716 commentaires

      En savoir plus sur nellyolson


    • Bluesun Bluesun, le 26 jui à 17:21

      155550 points
      2987 commentaires

      En savoir plus sur Bluesun


    • pasloi pasloi, le 3 mai à 21:48

      150550 points
      2433 commentaires

      En savoir plus sur pasloi


    • Jakyburn Jakyburn, le 20 avr à 21:02

      99900 points
      1686 commentaires

      En savoir plus sur Jakyburn


    Quiz

    Testez vos connaissances

    Quiz Info : Insolites, Retraite, Football et Hollande


    Actu du jour en image

    Horoscope Quotidien 2012

    Minute Trente de Montvalon

    TV Tout sur Secret Stroy 6

    Faits Divers Les maisons de l'horreur