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Les candidats décryptés : Jean-Luc Mélenchon, portrait

Les candidats : portraits et programmes


Chaque jour, France-Soir fait le point sur un des candidats en lice dans la bataille présidentielle, son parcours, sa personnalité et son programme. Aujourd'hui: Jean-Luc Mélenchon, tribun de la gauche.

Le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon
Le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Républicain pur et dur à tendance jacobine, Jean-Luc Mélenchon est parvenu, grâce à son charisme et sa force de conviction, à réunir en partie la gauche radicale et à s’imposer face aux communistes dans l’alliance électorale du Front de Gauche.

7 novembre 2008. A quelques jours du congrès du Parti socialiste à Reims, Jean-Luc Mélenchon claque la porte de la maison rose. Lors du vote des motions précédant le grand raout du PS, celle de Benoît Hamon, qui représente l’aile gauche du parti et qu’il a soutenue sans grande conviction, arrive en quatrième position, loin derrière celle de Ségolène Royal.

Celui qui est encore à l’époque sénateur de l’Essonne dénonce depuis plusieurs années une dérive de sa formation politique vers le centre. Considérant qu’il est impossible d’enrayer ce processus, il fonde sa propre écurie, le Parti de Gauche, dont il devient le chef. Après 32 années passées au PS, Jean-Luc Mélenchon concrétise donc un projet mûrement réfléchi : aller défendre sa vision de la République dans le cadre de la course à l’Elysée.

Enfant de choeur

Jean-Luc Mélenchon est né le 19 août 1951, à Tanger, au Maroc, alors sous protectorat français. Son père, Georges, travaille à la station de radio-télécommunication de la ville et sa mère, Jeanine, est institutrice. La petite famille, volontiers Algérie française, reste dans le pays après son accession à l’indépendance, mais le couple bat de l’aile et divorce finalement en 1960. Un moment particulièrement difficile pour sa mère, très pieuse, qui est excommuniée. Le jeune Jean-Luc, qui deviendra par la suite un Républicain intransigeant, est d’ailleurs à cette époque enfant de chœur.

En 1962, il leur faut se résoudre à l’expatriation. Ce sera pour Yvetot, en Haute-Normandie, où le garçon s’installe avec sa mère, son beau-père et sa sœur aînée, Marie-France. Durant sa scolarité à l’école catholique d’Elbeuf, une amoureuse lui offre Histoire de la Révolution, d’Adolphe Thiers, son « premier coup de foudre politique ». Une découverte qui s’est rapidement transformée en véritable passion.

Cinq ans après son arrivée en métropole, la famille déménage pour Lons-le-Saulnier. Jean-Luc prépare son bac littéraire au lycée Rouget de l’Isle lorsque débutent les événements de mai 1968. « Mémé », son surnom, s’impose alors, à 17 ans, comme le leader de la contestation lycéenne dans sa ville. Un jeune tribun est né.

Son pseudo à l'OCI: Santerre

L’année suivante, il rencontre Bernadette Abriel, sa future femme, dont il est aujourd’hui divorcé. Leur fille, Maryline, naît en décembre 1974. A partir de son année de terminale, le jeune homme dévore les grands classiques de la littérature politique, notamment Le Capital, de Karl Marx. Rien d’étonnant donc à ce qu’il prenne sa carte à l’Unef, parallèlement à son inscription à la faculté de philosophie de Besançon. En 1972, la  grande gueule Mélenchon franchit une nouvelle étape en adhérant à l’Organisation communiste internationaliste (OCI), un parti trotskyste d’obédience lambertiste (dont a également fait partie Lionel Jospin). Son pseudonyme : Santerre, du nom du personnage de la Révolution française. A cette époque-là déjà, le futur sénateur se présente comme un Républicain pur et dur, tendance jacobine.

Titulaire d’une licence de philosophie, le jeune père de famille doit un temps mettre ses ambitions professionnelles et politiques de côté pour assurer la subsistance des siens. Après avoir été correcteur à l’imprimerie Néo-Typo, puis ouvrier dans l’entreprise d’horlogerie Maty, il devient pion puis enseignant au lycée professionnel du Bois-de-Mouchard, dans le Jura. A l’automne 1976, il débute comme pigiste pour le quotidien Les Dépêches du Jura. Il réalise également des dessins pour l’hebdomadaire catholique La Voix jurassienne.

Entre temps, Santerre s’est éloigné de l’OCI, se sentant à l’étroit dans le combat d’avant-garde prôné par les lambertistes. Radié en 1976, il prend sa carte au Parti socialiste quelques temps plus tard. Deux ans plus tard, la famille plie bagages pour s’installer à Massy, dans l’Essonne, où Mélenchon débute sa carrière de professionnel de la politique en tant que directeur de cabinet du maire.

Repartant de zéro, le futur candidat à l’Elysée se montre impatient. En trois ans, il s’impose à la tête de la fédération départementale, écartant un à un tous ses concurrents. Désormais, c’est lui le patron et il le restera jusqu’à son départ du parti de la rose, hormis une courte période de mise sous tutelle de sa fédération lorsqu’il vote contre l’intervention française durant la guerre du Golfe, s’opposant ainsi aux consignes données par le PS. En 1983, il est élu au conseil municipal de Massy.

Admirateur de Mitterrand, "le vieux"

Après avoir remporté les élections cantonales, il décroche un siège au Palais du Luxembourg, devenant à l’époque le plus jeune sénateur de l’hémicycle. Il a alors 35 ans. En 1988, il fonde avec Julien Dray la Nouvelle école socialiste, qui deviendra trois ans plus tard le courant Gauche socialiste. Grand admirateur de l’homme, qu’il appelle affectueusement « Le Vieux », Mélenchon se rapproche de François Mitterrand.

C’est le début pour le sénateur de la valse des alliances au gré des échecs personnels et électoraux. Défenseur du « oui » à Maastricht, celui qui était l’ennemi juré de Michel Rocard s’allie en 1993 avec l’ancien Premier ministre avant de la lâcher l’année suivante et de se rapprocher d’Henri Emmanuelli. Celui-ci ne remporte toutefois pas l’investiture socialiste pour la présidentielle de 1995 face à Lionel Jospin. Mélenchon se radicalise alors. En 1997, il refuse le poste de secrétaire d’Etat au Logement, exigeant un ministère qu’il n’obtiendra que trois ans plus tard lorsqu’il sera nommé ministre délégué à l’Enseignement professionnel. Mélenchon pense alors compter enfin au sein du PS. Mais l’aile gauche du parti ne parvient toujours pas à s’imposer...

Leader charismatique

La ligne est franchie en 2005 lorsqu’il appelle à voter « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen, s’opposant ainsi frontalement au résultat du vote interne des militants socialistes. En 2008, suite à l’échec de Ségolène Royal et à une nouvelle déconvenue de sa motion en interne, il décide de faire le grand saut. Il démissionne du PS avant même le début du congrès de Reims et annonce la création du Parti de Gauche avec les membres de sa garde rapprochée.

Il fait ensuite alliance avec le Parti communiste en vue des élections européennes de juin 2009 dans le cadre desquelles il est d’ailleurs élu eurodéputé de la circonscription du grand Sud-Ouest. Deux ans plus tard, le Front de Gauche est reconduit pour la présidentielle. Fin stratège et leader charismatique, Mélenchon s’impose facilement comme le candidat de la gauche radicale. Incisif, hargneux, il apparaît aujourd’hui comme le tribun que la gauche se cherchait depuis la mort de François Mitterrand. Reste à savoir si cela suffira à convaincre les Français.

Par Philippe Peter

Réactions à cet article8 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 12 mar à 19:45

    Anonyme-77656
    oui ckl

    il me plait celui la , il me faut ses 10% 



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  • Par pasloi, le 12 mar à 19:47

    pasloi
    Juste & en mesure !.!.!....

      Mélanchon  a été "ENFANT DE CHOEUR" (.?!.), mais ça devait le cancre de la chorale, parce qu'au niveau mentalité, éducation et savoir vivre il n'en a rien retenu ni gardé de son séjour chez les "curés" !.... Maintenant, vous allez me dire que pour chanter L'International le poing levé et hurler partout où il se présente, il n'est pas nécéssaire connaitre la gamme et de bien chanter, "il faut simplement savoir juste gueuler et en mesure" !.!.!...  



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  • Par pavlov, le 12 mar à 21:24

    pavlov
    Enfant de cœur.

    Je ne sais pas si avoir été enfant de cœur à été le déclencheur de sa vocation politique... Sauf si vous n'avez pas lu l'article en entier, qui lui explique cette vocation. Mais en parlant d'enfants de cœurs j'en connaît un autre... Qui n'en est pas un non plus. Remettons les pendules à l'heure s'il vous plaît. 



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  • Par chauffeur-livreur, le 12 mar à 22:00

    chauffeur-livreur
    Les enfants de choeur célèbres !

    Le communiste Maurice Thorez a été un enfant de choeur,


    de même que Maximilien DE Robespierre ...


    Calende a été enfant de choeur, chez les bons Pères près de Rouen,


    Saccrochy, il a pas pu : le curé l'avait jugé (déjà !) trop prétentieux ... 



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  • Par onetwo, le 12 mar à 22:50

    onetwo
    Mélenchon est sincère

    Ce qu'oublie de dire cet article, qui est quand même oblectif, c'est que Mélenchon est sincère. C'est ce qui explique ses colères et ses coups de gueule contre la situation des plus pauvres qu'il trouve inaxeptable. Contre le énie de démocratie qu'est l'Europe actuelle et qu'il veut réformer, contre le socal-libéalisme d'un Hollandréou...



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  • Par Guerchard, le 12 mar à 22:55

    Guerchard
    Question prioritaire

    Ah les nostalgiques du goulag et des purges staliniennes ! Mais qu'attend donc le grand homme pour nous dicter ce qu'il faut penser de ''Tintin au Congo''?



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  • Par Henri Canne, le 12 mar à 23:23

    Henri Canne
    c'était un espagnol de l'armée en déroute...

    donne lui tout de même à boire ....



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  • Par mamala, le 24 avr à 22:37

    mamala
    moi,je trouve

     Mélanchon est un bon garçon.Je l'aime bien et le trouve sincère,même si je ne suis pas toujours d'accord avec ses idées.Il est pour l'ouvrier,c'est ca l'important.Je le soutien avec le coeur.



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Publié : 12/03/12 - 19h16
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