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Mon petit déjeuner avec… Xavier Bertrand : “Je reste celui qui vient de province”

Politique


Ancien secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand est ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Le rendez-vous a lieu au café Le Bourbon, à deux pas de l’Assemblée.

"Je ne suis pas con, pas sourd, mais je ne veux pas rentrer dans les polémiques ni les alimenter"
"Je ne suis pas con, pas sourd, mais je ne veux pas rentrer dans les polémiques ni les alimenter" SIPA

FRANCE-SOIR Etre ministre de la Santé, n’est-ce pas être en charge d’un ministère-piège ?

XAVIER BERTRAND Non, mais c’est le plus exigeant qui soit. C’est moi qui ai demandé à revenir à la Santé. J’ai toujours été abonné à la gestion des dossiers difficiles, que j’aime prendre de front.

F.-S. A cause de la montée d’adrénaline due aux crises ?

X. B. Je n’ai pas besoin d’adrénaline pour fonctionner. Je gère des dossiers qui concernent tous les Français : c’est donc passionnant. Si on n’a pas compris que c’est un ministère qui fonctionne 365 jours sur 365, 24 heures sur 24, on n’a rien compris. J’ai fait une croix sur tous les projets personnels programmés à l’avance : les week-ends, les vacances.

F.-S. Le stress vous donne-t-il des insomnies ?

X. B. Je n’ai pas d’insomnies, mais je dors très peu. Cette nuit, j’ai dormi 3 h 30 : c’est mon quota.

F.-S. A quoi vous dopez-vous, M. le Ministre ?

X. B. Le sommeil s’apprivoise ! La nuit, il y a un sentiment formidable : c’est comme si votre montre s’arrêtait, comme si le temps se stabilisait et que vous n’en êtiez plus dépendant. Je ne manque pas de sommeil. J’ai la chance de pouvoir m’endormir partout et de récupérer quelques minutes dans la journée.

F.-S. A quoi occupez-vous vos nuits si vous ne dormez pas ?

X. B. Je travaille. Je dévore tous les quotidiens et beaucoup de magazines. Des magazines de montres (à défaut de pouvoir m’en acheter de belles), de cinéma, d’auto-moto !

F.-S. Qu’est-ce qui vous donne du tonus le matin ?

X. B. L’idée que je vais aller réveiller mes enfants. J’ai des jumeaux de 4 ans et demi. Malo est comme moi : il se réveille avec rapidité et facilité, mais Ambre, elle, a besoin de plus de temps.

F.-S. La politique ne vous éloigne-t-elle pas de votre vie de jeune papa ?

X. B. La politique, c’est vrai, demande beaucoup de sacrifices personnels. Mais si ça me coûtait, j’arrêterais tout. Je n’avais jamais pensé devenir ministre ni même parlementaire ! J’ai de l’ambition et je l’assume ! Mais ce n’est pas pour autant que j’oublie ma mission première : se tourner vers les autres. Sinon, ça n’a pas beaucoup de sens.

F.-S. A 16 ans, vous êtes entré au RPR. Qu’est-ce qu’un jeune homme allait chercher là ?

X. B. Je voulais être entendu ! On était en 1981. Chez moi, on ne s’intéressait pas à la politique et j’en avais assez de parler à ma télévision !

F.-S. Vous souvenez-vous de votre première prise de parole en public ?

X. B. C’était lors d’une assemblée générale du RPR. J’étais en anorak et je tenais des propos hallucinants (grand sourire) ! Mon premier meeting, c’était en 1985. Je me souviens d’une forte émotion. Un genre d’émotion que je ressens aujourd’hui encore. Ce que j’aime surtout, c’est l’interactivité avec les militants : questions-réponses, sans filet.

F.-S. Vous avez fait du théâtre, je crois ?

X. B. Non… Ah si ! J’ai rencontré un prof de théâtre qui m’a appris à jouer avec ma voix et à me placer. Je n’ai aucun problème là-dessus : moi, j’assume. J’ai aussi fait du théâtre à Saint-Quentin lors des Journées du patrimoine. On donnait chaque année une pièce dans laquelle je jouais un journaliste qui évoquait l’histoire de la ville.

F.-S. En politique, pensez-vous que l’image compte ?

X. B. C’est le contenu qui compte avant tout. Je ne suis pas un adepte du total look, croyez-moi. Je ne ressemble pas vraiment à un produit marketing !

F.-S. Les humoristes abîment-ils l’image des politiques ?

X. B. Je suis souvent imité dans Les Guignols de Canal+ et ça me fait toujours rire. Il y avait une scène l’autre jour dans laquelle Luc Chatel et moi étions autour du Président : c’était à pleurer de rire. J’ai même envoyé le lien à ma grande fille qui ne l’avait pas vu, et elle aussi était pliée de rire !

F.-S. Vous exposez rarement votre famille dans les magazines…

X. B. Est-il plus important de savoir si je vais être efficace dans la lutte contre les fraudes ou de savoir quel type de Playmobil mes enfants et moi choisissons pour jouer ?

F.-S. Comment vous ressourcez-vous ?

X. B. En ce moment, c’est à moto ! Mais à Saint-Quentin, pas à Paris. Cinq minutes de moto, ça fait un bien fou. J’ai déjà fait des voyages à moto. J’en fais aussi l’été en Corse. Ne dit-on pas « motard un jour, motard toujours » ? Et tous les week-ends, je cours les brocantes.

F.-S. Les hommes politiques sont-ils des privilégiés ?

X. B. Quels privilèges ?

F.-S. Appartement de fonction, voiture…

X. B. Mais non ! Je n’ai changé ni d’appartement, ni d’habitudes depuis que je suis ministre. Nous avions acheté un appartement quand j’ai quitté le ministère du Travail pour aller à l’UMP, et je n’ai pas voulu qu’il soit pris en charge. Je pense qu’il faut de la transparence. Il faut mettre cartes sur table. Oui, j’ai un chauffeur à Paris, mais j’ai aussi acheté ma voiture personnelle.

F.-S. De quelle loi êtes-vous le plus fier ?

X. B. L’interdiction de fumer dans les lieux publics, c’est une immense fierté. On m’avait tellement découragé à l’époque !

F.-S. Etes-vous complexé par rapport aux hommes politiques qui ont fait l’ENA ?

X. B. Non. Moi, j’ai une approche de terrain beaucoup plus marquée.

F.-S. Vous ont-ils regardé de haut ?

X. B. Toujours ! Je reste « celui qui vient de province » ! Ils ont un regard condescendant sur moi. Tout y passe, même les chaussures ! Mais je n’ai pas d’esprit de revanche.

F-S. On a le sentiment que Claude Guéant et vous dites tout haut ce qu’une droite décomplexée pense tout bas ?

X. B. En politique, il faut dire les choses. Sinon, il ne faut pas s’étonner que les gens vous reprochent d’être déconnecté de la réalité.

F.-S. En agitant les peurs, ne remettez-vous pas en question les principes fondateurs de notre République ?

X. B. Liberté, égalité, fraternité, laïcité, c’est exactement ça. Evitons les caricatures. Les Français ont besoin de protection dans tous les domaines.

F.-S. Pour se protéger de quoi ? De qui ?

X. B. De la mondialisation, non ? Celle qui crée une concurrence nouvelle, celle qui entraîne des délocalisations. Les Français veulent préserver leur mode et leur style de vie. C’est cela qu’il faut comprendre. On dit de moi que je suis un gaulliste social. J’assume à la fois le côté social et l’autorité. C’est le même bonhomme qui parle : j’ai une jambe gauche et une jambe droite.

F.-S. Quel est votre meilleur ennemi au sein de votre parti ?

X. B. Je n’ai pas besoin d’ennemi pour me construire. J’entends bien les critiques permanentes qui sont faites sur l’action que j’ai menée à la tête de l’UMP. Je ne suis pas con, pas sourd, mais je ne veux pas rentrer dans les polémiques ni les alimenter. Rancunier ? Non. En revanche, j’ai de la mémoire.

F.-S. Jusqu’où va votre ambition personnelle ?

X. B. Immédiatement ? Faire baisser le chômage. Quand on fait la preuve de son efficacité, les gens sont prêts à entendre votre vision des choses et votre ambition. Pas avant.

Propos recueillis par Constance Vergara
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Réactions à cet article1 commentaire

  • Par Anonyme-77656, le 17 avr à 07:43

    Anonyme-77656
    et bien?

    et bien il est gonfler notre ancien patron de la droite molle

    je suis fier;des 500 000 adhérents a l"UMP

    de Roseline et ses bêtises;de joyandet; estrosi;des havanes de Blancs;de l"hôtel en afrique de Rama Yade;et des mensonges de notre président

    votre ambition;;faire baisser le chômage;

    franchement nous prend t"on pour des idiots?

    et la dette;on va peut étre la réduire en intervenant militairement dans les pays étrangers?

    seul point brave compagnons;LA FRAUDE

    TOUT le monde connaît cela depuis longtemps;les caisses sont vides;ALORS on se penche enfin sur la Fraude;et c"est plus de 15 milliards

    bon courage;;et pensez a faire régler la facture de l'Algérie qui nous doit une fortune

    merci



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Publié : 16/04/11 - 07h00
Mis à jour : 16/04/11 - 07h10
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