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Mort de Bruno Lussato

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Bruno Lussato, iinfluent conseiller de personnalités, spécialiste de la vie des entreprises mais aussi des arts, vient de mourir. Il allait avoir 77 ans. Le président de la République l’avait fait commandeur de la Légion d’honneur l’an passé.

Bruno Lussato, iinfluent conseiller de personnalités, spécialiste de la vie des entreprises mais aussi des arts, vient de mourir. Il allait avoir 77 ans. Le président de la République l’avait fait commandeur de la Légion d’honneur l’an passé.

Il y a le temps qui passe et le temps qui dure… Bruno Lussato, qui vient de disparaître, relève assurément davantage du second que du premier. Ce conseil en organisation d’entreprises et professeur en théorie et systèmes d’organisation au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Paris n’a cessé d’axer sa « ligne de vie » autour de ce qu’il est convenu d’appeler les « invariants culturels ». Se tenant résolument à l’écart des médias, cultivant un goût très prononcé de la discrétion, il s’est attaché, avec une constance sans faille, à associer son nom à une œuvre à la fois étonnante et diversifiée. Au point d’être considéré par les personnes les mieux formées et informées comme une sommité, aussi bien dans le domaine du management que dans celui de la culture.

« Honnête homme »

Né le 25 novembre 1932, cet ancien directeur du département informatique et organisation à HEC ne s’est pas contenté d’être titulaire d’une chaire de théorie des systèmes organisés au CNAM ni d’enseigner durant plus de quarante ans à la prestigieuse Wharton School de l’université de Pennsylvanie. Il ne s’est pas satisfait non plus d’être devenu le conseiller permanent d’organisations multinationales importantes ou d’avoir mené des missions de conseil pour de nombreux organismes ou sociétés. Il n’a pas enfin commis l’erreur de s’imaginer qu’il lui suffisait d’être un grand collectionneur pour accéder à la postérité. Bruno Lussato a publié une vingtaine de livres sur l’informatique, le management, l’information, l’opéra et l’art, dont au moins sept d’entre eux – comme les sept piliers de la sagesse de cet « honnête homme » des XXe et XXIe siècles – ont contribué à justifier et à conforter sa célébrité.

Monumental ouvrage

Aux côtés de sa magistrale Introduction critique aux théories d’organisation et de sa Théorie de l’empreinte, figurent ainsi Virus (8 leçons sur la désinformation), L’Echelle humaine, Théories de l’information et processeur humain, ou Bouillon de culture (en collaboration avec Gérald Messadié). Mais c’est peut-être Voyage au cœur du Ring, son monumental ouvrage consacré à la Tétralogie de Richard Wagner et paru chez Fayard, qui lui vaut la plus forte reconnaissance. Ses archives musicales – en partie dédiées à Wagner – sont de surcroît considérées comme l’une des sources documentaires les plus importantes au niveau mondial et font l’objet d’un dépôt à la Bibliothèque nationale de France, qui organisa une exposition en 1994.

Membre du conseil scientifique de cette institution avec laquelle il entretenait des rapports étroits, Bruno Lussato lui a également donné son très singulier journal (Apocalypsis cum figuris) en plusieurs tomes, qui sera conservé au département des manuscrits anciens. Une œuvre qu’il prolongeait il y a quelques jours encore sur Internet au travers de son blog…

Adepte de la « haute culture »

Initié dès l’âge de 17 ans aux chefs-d’œuvre du répertoire lyrique et sensible à l’art pianistique – il laisse, sous le titre de Décodage, une analyse remarquable de la Sonate pour piano n° 2 de Beethoven. Ce mélomane, ami de Sergueï Pugachev et de nombreuses personnalités de premier plan, faisait également partie de ces hommes plutôt rares qui s’efforcent de penser. Adepte de la « haute culture », il n’hésitait pas à dénoncer le divertissement facile, la culture vulgaire, la manipulation de l’information. Au risque de paraître résolument élitiste.

Début 2008, Nicolas Sarkozy, qui le connaissait et l’appréciait, avait tenu à prendre l’initiative de le faire commandeur de la Légion d’honneur, le même jour qu’Henri Dutilleux. Preuve éclatante, s’il en était encore besoin, que Bruno Lussato, ce grand humaniste éclectique, avait eu raison de faire sienne la célèbre phrase de Nietzsche : « Sans la musique, la vie serait une erreur. »

Jean-Pierre Thiollet
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Publié : 01/10/09 - 16h57
Mis à jour : 24/01/11 - 12h36
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