Résultats Présidentielle 2012

» S'identifier
Lundi 24 janvier, 07:14
Accueil > Actualité > Politique > Sénatoriales : Une claque pour la droite

Sénatoriales : Une claque pour la droite

Sénatoriales 2011


Pour la première fois sous la Ve République, le Sénat a basculé à gauche dimanche. Une « victoire historique » pour la gauche. Un revers pour Nicolas Sarkozy à sept mois de la présidentielle.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, va certainement faire les frais de ce basculement historique
Le président du Sénat, Gérard Larcher, va certainement faire les frais de ce basculement historique SIPA/CHESNOT

C’est historique. Pour la première fois sous la Ve République, la droite a perdu dimanche sa citadelle réputée imprenable : le Sénat. Peu après 19 heures, la nouvelle tombe. La gauche vient alors de conquérir le 23e siège, celui qui lui manquait pour détenir la majorité absolue – soit 175 sièges – au sein de la Haute Assemblée. Jean-Pierre Bel, chef de file des sénateurs socialistes et désormais archifavori pour devenir le nouveau président du Sénat, ne cache pas son émotion : « Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, le Sénat va connaître l’alternance. » Au final, en comptant les sièges de Martinique et Guadeloupe qui devaient tomber dans la nuit, la gauche pourrait remporter selon lui « 24, 25 ou 26 sièges supplémentaires ».

« C’est un beau dimanche pour la gauche », exulte alors le socialiste François Rebsamen, alors que le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, y voit déjà les prémices d’une autre alternance, en 2012 celle-là. « C’est une victoire historique », se félicite Martine Aubry, venue féliciter le nouvel homme fort, Jean-Pierre Bel. C’est surtout « un échec grave » pour Nicolas Sarkozy, souligne non loin de là l’autre favori de la primaire PS, François Hollande.

Un résultat "mathématique" pour Ollier

A un peu plus de 7 mois de la présidentielle, le symbole est en effet désastreux pour le chef de l’Etat, déjà empêtré dans la crise et cerné par les affaires. Si, sous la Ve République, l’Assemblée nationale a toujours le dernier mot, un Sénat rebelle risque aussi de ralentir le travail parlementaire dans les prochains mois. L’adoption du prochain budget de l’Etat pour 2012 s’annonce particulièrement compliquée.

L’Elysée s’est contenté dimanche de « prendre acte » du résultat du scrutin, alors que les responsables de l’UMP, armés de leurs « éléments de langage », s’efforçaient d’en minimiser la portée. « Il n’y a pas de poussée de la gauche », a ainsi assuré le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier (UMP). Ce résultat n’est pas une défaite selon lui, il est juste « mathématique ».

« Il n’y a pas de surprise » non plus pour le patron de l’UMP, Jean-François Copé, qui a vu dans ce résultat la simple « conséquence de défaites locales successives enregistrées depuis 2004 ». Surtout, ce n’est « en rien […] un désaveu de la politique gouvernementale, a-t-il insisté. Les vrais rendez-vous sont ceux de l’année prochaine ». Copé a quand même appelé ses troupes à en tirer une « leçon » : la division fait perdre.

"Rien n’est joué"

Au-delà de la progression de la gauche ces dernières années dans les collectivités locales, où se recrutent les « grands électeurs », grâce à ses victoires successives aux élections municipales, régionales et cantonales, la droite a en effet pâti de ses fortes divisions. La liste dissidente de l’ancien conseiller de Sarkozy, Pierre Charon, élu dimanche à Paris, en a été le symbole. Mais la majorité paie aussi l’exaspération provoquée parmi les élus locaux par certaines réformes récentes ayant touché les collectivités territoriales.

Samedi aura lieu l’élection du président du Sénat. En toute logique, une majorité de gauche devrait se traduire par un président de gauche. Pourtant, le président sortant (UMP) Gérard Larcher ne s’avouait pas du tout vaincu dimanche. Candidat déclaré à sa propre succession, il espère gagner via des tractations de couloir un siège perdu sur le papier. Le Sénat, où les étiquettes politiques sont moins figées qu’à l’Assemblée, peut en effet réserver des surprises. « Rien n’est joué, a prévenu l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Le pronostic Larcher reste pour moi le pronostic favorable. » La semaine qui s’ouvre s’annonce agitée.

Il y a 50 ans déjà…
Jamais sous la Ve République le Sénat n’a eu de président de gauche. En revanche, la Haute Assemblée a déjà été une place forte de l’opposition. C’était aux débuts de la Ve République. Revenu au pouvoir, le général de Gaulle décide en 1962 de soumettre aux Français par référendum le principe de l’élection du président de la République au suffrage universel. La gauche, les centristes et une partie des « modérés » sont radicalement hostiles à cette forme de démocratie contraire à leur culture : elle court-circuite les pouvoirs intermédiaires et privilégie le dialogue direct du « chef » et du peuple. Pour contourner l’obstacle, de Gaulle demande à Georges Pompidou, son Premier ministre, d’utiliser l’article 11 de la Constitution, en « zappant » l’article 89 qui prévoit qu’une révision constitutionnelle ne peut avoir lieu qu’à la seule initiative du Premier ministre ou du Parlement. Entre l’Elysée et le Sénat (où les gaullistes sont minoritaires), le conflit durera des années. Le président du Sénat de l’époque, l’avocat Gaston Monnerville (1897-1991), qui sera longtemps sénateur (gauche démocratique) du Lot, n’hésite pas à parler de « forfaiture », visant de Gaulle à travers Pompidou. Dès lors, entre l’Elysée et le Sénat, c’est la guerre. De Gaulle interdira même à ses ministres de mettre les pieds au Palais du Luxembourg. Jamais il ne pardonnera à Monnerville son « insolence ».

Christine Ollivier
C'est sur France Soir !

Réactions à cet article4 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 26 sep à 07:50

    Anonyme-77656
    Amaigrissement

    La droite a subi une cure d'amaigrissement au Sénat. La période des vaches maigres commence pour M. Larcher. Il y pense, çà le rend triste. Le pauvre!



    Signaler un abus  
  • Par mimi, le 26 sep à 09:35

    mimi
    pas de changement

    ça change quoi rien du tout, mitterrand a toujours gounerné avec un sénat à droite et a même été réélu alors inutile d'en faire tout un binz



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 26 sep à 11:36

    Anonyme-77656
    Difficile....

    ...de Larcher le morceau !!!!



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 26 sep à 12:05

    Anonyme-77656
    SENAT

    La droite l'a bien cherché cette défaite. A la longue de "plumer" les gens d'en bas, de laisser faire un tas de choses, et de gâter les plus riches, 2012 devrait suivre.



    Signaler un abus  
Publié : 26/09/11 - 07h38
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX


FranceSoir l'e-mag en PDF
FranceSoir l’e-mag a 1 an
N° anniversaire gratuit à découvrir en PDF
Télécharger

France-Soir sur Facebook

Plus d’articles


Dernières vidéos

Audiences TV : Taxi est loin devant

» Voir toutes les vidéos

Les derniers commentaires

    Les membres les plus actifs

    • HeyBaal HeyBaal, le 26 jui à 17:29

      288500 points
      5570 commentaires

      En savoir plus sur HeyBaal


    • nellyolson nellyolson, le 21 sep à 19:55

      203400 points
      3716 commentaires

      En savoir plus sur nellyolson


    • Bluesun Bluesun, le 26 jui à 17:21

      155550 points
      2987 commentaires

      En savoir plus sur Bluesun


    • pasloi pasloi, le 3 mai à 21:48

      150550 points
      2433 commentaires

      En savoir plus sur pasloi


    • Jakyburn Jakyburn, le 20 avr à 21:02

      99900 points
      1686 commentaires

      En savoir plus sur Jakyburn


    Quiz

    Testez vos connaissances

    Quiz Info : Insolites, Retraite, Football et Hollande


    Actu du jour en image

    Horoscope Quotidien 2012

    Minute Trente de Montvalon

    TV Tout sur Secret Stroy 6

    Faits Divers Les maisons de l'horreur