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Vacances - La double vie de François Mitterrand

Politique


Pour le successeur de Valéry Giscard d’Estaing, il y avait d’un côté les vacances officielles, à Latche, à Brégançon ou à Belle-île, et de l’autre les escapades discrètes, voire secrètes, à Venise, en Egypte ou à Gordes, auprès de Mazarine.

Rarement président français aura poussé aussi loin la gestion de la communication sur ses congés. Car François Mitterrand avait deux types de vacances : celles, officielles, dans sa maison de Latche, et celles, cachées, à Venise, en Egypte ou à Gordes, dans le Lubéron, auprès de sa deuxième famille. Et tout au long de ses deux mandats à l’Elysée, il cloisonnera soigneusement ces deux vies, sans que jamais les médias ne viennent troubler son dispositif.

A Latche donc, les vacances médiatisées, aux côtés de son épouse Danielle, dans la bergerie que le couple possède dans la campagne landaise. Là, « je lis, je dors, je me promène », explique-t-il. Le président socialiste se laisse filmer ou photographier lors de longues balades en forêt avec son chien. Médiatiques, ces vacances sont aussi politiques. A Latche, François Mitterrand accorde des entretiens et reçoit beaucoup : chefs d’Etat étrangers, hommes politiques, journalistes… Comme pour l’ascension désormais rituelle de la roche de Solutré, chaque dimanche de Pentecôte, c’est là qu’il faut être quand on veut compter en Mitterrandie.

Vacances secrètes à Gordes

En revanche, François Mitterrand ne fréquentera guère la résidence présidentielle du fort de Brégançon (Var), contrairement à son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing. Il s’y sent enfermé : la configuration des lieux n’autorise pas les promenades. Il y reçoit toutefois le chancelier allemand Helmut Kohl le 24 août 1985 pour une conférence de presse en pleine crise européenne. A la fin de son second mandat, François Mitterrand, malade, découvre aussi Belle-Ile. Il s’y rendra quatre fois en deux ans.

Mais le chef de l’Etat a d’autres passions, nettement plus discrètes. Loin des caméras, il séjourne chaque année, parfois plusieurs fois par an, à Venise et en Egypte. Le président socialiste, qui dénonçait lors du congrès d’Epinay en 1971 « l’argent qui corrompt », se gardera d’afficher des escapades qui risquaient d’être jugées trop luxueuses par les Français. A Assouan, il a en effet pris l’habitude de résider sur les bords du Nil dans un hôtel de luxe, le Old Cataract. A Venise, c’est au palais Balbi-Valier, au bord du Grand Canal, qu’il habite.

Et quand il va passer quelques jours à Gordes, c’est toujours dans le plus grand secret. François Mitterrand possède une autre maison dans ce petit village du Vaucluse, acquise alors qu’il n’était que député de la Nièvre. Elle ne sera jamais fréquentée par les journalistes : car c’est là qu’il retrouve régulièrement sa deuxième famille, Anne et Mazarine Pingeot, bien avant que leur existence soit dévoilée aux Français.

 


Un président chez les pharaons

François Mitterrand vouait une véritable passion à l’Egypte, où il avait pris l’habitude de se rendre tous les hivers. Alors qu’il est gravement malade, c’est à Assouan, à 900 kilomètres du Caire, qu’il décide de passer Noël en 1995 en compagnie d’Anne Pingeot et de leur fille Mazarine. Il décédera deux semaines plus tard.

Fasciné par l’ancienne Egypte, le président socialiste a ses habitudes au pays des pharaons. Lors de ses fréquentes escapades, quand il ne séjourne pas dans une villa du président égyptien Hosni Moubarak, il se rend à l’hôtel Old Cataract, un palace sur les bords du Nil.

Construit à la fin du XIXe siècle, entièrement rénové depuis et doté d’une piscine, ce palais royal reconverti en hôtel de luxe de style victorien est situé sur la corniche d’Assouan, en face de l’île Eléphantine. Le Premier ministre britannique Winston Churchill l’a fréquenté et la romancière Agatha Christie y a écrit en 1933 l’un de ses plus grands succès : Mort sur le Nil. C’est d’ailleurs là que sera tournée l’adaptation cinématographique du roman.
Mais François Mitterrand quitte aussi parfois Assouan. En décembre 1987, il entreprend l’ascension du mont Sinaï. L’ancien ministre de la Justice Robert Badinter l’accompagne. Dans le document consacré à l’ancien président Le Roman du pouvoir, il raconte que le chef de l’Etat s’est isolé quelques instants une fois arrivé au sommet : « Il avait le visage creusé des jours de décision, j’ai compris à ce moment-là qu’il se représenterait pour un second mandat. Il venait de faire son test d’endurance. » En mars de l’année suivante, François Mitterrand annoncera sa candidature à la présidentielle.


La tentation de Venise

« J’ai cédé comme beaucoup de Français à l’amour de l’Italie », confiait François Mitterrand en 1992 dans un discours enflammé dédié à Venise, son « rêve de pierres ». Amoureux de la Cité des doges, le président socialiste y retournait plusieurs fois par an, seul ou en famille. Il y marchait pendant des heures au bord des canaux ou dans des ruelles dont il a fini par connaître tous les secrets. A tel point qu’une rumeur lui prêtera son propre palais vénitien. Et c’est là qu’il choisit de passer le dernier Noël de son second septennat, en 1994, avec Anne Pingeot et leur fille Mazarine.

Plus tard, celle-ci évoquera la « relation intime » de son père avec Venise, en recueillant le témoignage d’Ida Barbarigo, femme du peintre Zoran Music, « les plus chers amis vénitiens de François Mitterrand » selon elle. Le président français « venait souvent à Venise. Il était heureux dès son arrivée », raconte Ida Barbarigo. Lors de ses longues promenades, « si par chance, parmi les passants il se trouvait des Français, il était au comble de la joie, ajoutait-elle. Lorsqu’il s’agissait de petits groupes de jeunes Français, alors il entretenait des longues conversations. (…) Car le président Mitterrand à Venise devenait encore plus français que lorsqu’il était à Paris. Loin d’être le “Vénitien”, il était et restait l’image, le condensé de la France ».

Par Christine Ollivier
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Réactions à cet article1 commentaire

  • Par Anonyme-77656, le 7 fév à 16:23

    Anonyme-77656
    F; Mitterrand et l'Egypte, complément d'info

    http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=78517_1

    Vous trouverez sur ce site la preuve de fascination de F. Mitterrand pour l'Egypte (commande d'état à KAREL) exposée dans les jardins du château de Rambouillet.



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Publié : 13/08/09 - 16h04
Mis à jour : 12/03/10 - 14h22
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