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Bioéthique : ''La levée de l'anonymat du donneur renforcerait les secrets de famille''

Santé


Christophe Masle s'occupe de l'accompagnement des enfants conçus par IAD. Selon lui, le maintien de l'anonymat des donneurs de gamètes en France assure la pérennité de ce mode de conception.

La loi Bioéthique a maintenu mardi, en première lecture au Sénat, l'anonymat des donneurs de gamètes en France
La loi Bioéthique a maintenu mardi, en première lecture au Sénat, l'anonymat des donneurs de gamètes en France SIPA

Il a été conçu par insémination artificielle avec donneur (IAD), et n'a pas de problème avec ça. Lassé de n’entendre témoigner que des enfants en quête de leurs origines génétiques, Christophe Masle a donc décidé de fonder l’ADEDD (Association des enfants du don) pour accompagner et échanger avec les enfants nés de don de gamètes. Pour lui, le mal être n'est souvent pas celui qu'on croit lorsque l'on cherche à connaître ses origines.

À l'heure où les députés viennent d'adopter en première lecture la loi Bioéthique, qui maintient l'anonymat des donneurs de gamètes en France après, Christophe Masle estime qu'il y a aussi d'autres enjeux dont la préservation de ce mode de conception dans le pays.

France-Soir.fr – Pourquoi voulez-vous continuer à maintenir l'anonymat des donneurs en France ?
Christophe Masles – Notre association, l'ADEDD ne prend pas partie. Mais en ce qui me concerne - et cette conséquence a été constatée dans d'autres pays européens ayant autorisé l'identification des donneurs - j'estime que si l'anonymat est levé les parents informeront moins leurs enfants sur leur mode de conception. À plus long terme, je pense également qu'il n'y aura plus assez de donneurs non plus. Car en général, les donneurs le font pour aider des gens à devenir parents. Les donneurs ont déjà une famille et ne souhaitaient pas avoir d'autres enfants en dehors de leur couple. L'anonymat permet aux parents stériles de trouver leur place sans craindre l'arrivée du donneur dans leur vie et peuvent ainsi assumer pleinement leur rôle de père ou de mère.

France-Soir.fr – Mais la levée de l'anonymat pourrait apaiser les enfants conçus par IAD et qui cherchent à connaître leurs origines?
C.M. - Déjà, sur les 50.000 enfants conçus grâce à un don en France depuis 1970, on estime à moins d'un tiers les enfants ayant connaissance de leur mode de conception. De plus, je trouve qu'on n'en écoute qu'une poignée, à savoir ceux qui veulent connaître leur donneur. Il faut aussi prendre en compte que la plupart le vit très bien et reste silencieuse dans les médias.
Ensuite, les enfants que je rencontre ont les mêmes difficultés que les autres enfants conçus naturellement : familiaux, amicaux ou sentimentaux... Je pense que la souffrance témoignée par certains enfants n'est pas directement imputable à leur mode de conception mais provient de la façon dont ils ont pu vivre l'histoire de leur conception et notamment à la façon dont ils ont pu apprendre leur mode de conception.

France-Soir.fr - Que dîtes-vous aux personnes qui le vivent mal ?
C.M. On leur dit, et ils le savent, que la loi ne sera pas rétroactive et qu'il faut apprendre à se construire avec ça, à l'aide d'un travail personnel et de rencontres avec d'autres personnes conçues par IAD. On essaye aussi de déterminer quelle place prend le mal-être et d'où il vient. Souvent, il est lié aux conditions d'annonce. En général, plus l'enfant sait tôt qu'il a été conçu par IAD, mieux il le vit. Car plus tard, il peut avoir le sentiment d'avoir été trompé. Ce sentiment n'est pas forcément dirigé vers les parents mais contre l'anonymat qui peut être vécu comme un principe injuste.
Les conditions de l'annonce du mode de conception sont à mon sens extrêmement importantes. Il y a l'âge mais également la façon dont les parents ont su gérer la stérilité au sein de leur couple. La séparation des parents peut aussi avoir une incidence sur le mal-être dont témoigne l'enfant, l'incitant à voir en la personne du donneur un meilleur père. L'essentiel est de pouvoir communiquer avec l'enfant car plus que le droit à connaître ses origines, c'est avant tout le droit à connaître la vérité sur sa conception qui importe.

Stéphanie Villeroy
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Publié : 16/02/11 - 18h58
Mis à jour : 17/02/11 - 00h05
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