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Embarqué avec les "Boers", la police des taxis parisiens

Société


Alors que les taxis parisiens devraient atteindre le chiffre de 20.000 l’année prochaine, une petite unité de police spécialisée, les Boers, fait la chasse aux escrocs du transport. Reportage avec l’une de ces patrouilles.

Un taxi parisien, le 27 août 2008
Un taxi parisien, le 27 août 2008 SIPA/VALINCO

Des plaques d’immatriculation, des voyants « TAXI » fixés au mur façon trophées. Dans son bureau de la Direction de l’Ordre Public et de la circulation de la préfecture de police Pierre Piperis est comme un général en campagne. Le Brigadier Chef de Police désigne une carte punaisée au mur : « C’est le territoire de chasse des Boers ». Boers ? Rien à voir avec les Afrikaners, le terme vient de l’argot « bourre », déformé par l’accent des Russes blancs émigrés en France après 1917. « De 12 agents en 2008, on est passés à 75 pour Paris et sa Petite Couronne, soit presque 17.000 taxis. Les effectifs ont été renforcés après l'affaire Bruno Cholet », explique l’officier. La mission de cette brigade spéciale, créée en 1938 : traquer les « clandés », les faux taxis dans le jargon Boers, et tous les véhicules de transport payant de personnes en infraction.

"Boîte à excuses"

Il est 10 heures, départ dans une voiture banalisée, au côté de Pierre, Jean-Paul et Didier, tous trois en civil. Le véhicule n’a pas fait 500 mètres qu’il s’arrête déjà, au bord de la Seine. Un taxi est garé sur la chaussée, le voyant occupé allumé. « Il se met peut-être au tarif… ». Traduction, le taxi interrompt sa course pour faire grimper la facture au compteur. De fait, le chauffeur s’apprêtait à récupérer un client mais s’était arrêté pour… voir son banquier. « En plus, il a son chien côté passager », note Pierre. Il s’en tire à bon compte, avec un sermon.

Remontés à bord, les policiers ironisent sur ce qu’ils appellent la « boîte à excuses » des chauffeurs de taxis : des pauses en tout genre, réelles ou imaginaires, pour la cigarette, le café, les petits besoins… « C’est de bonne guerre de leur part », concède Didier. « Et puis c’est humain après tout ! Mais du moment où ils acceptent une course, ils sont tenus d’y aller directement ».

Direction la Gare de Lyon, un terrain de chasse privilégié. Sur le parvis, le trio se déploie en essayant de rester discret. « Mais ils nous connaissent à force. C’est un peu le jeu du chat et de la souris », observe un des agents de police judiciaire. « Ils », ce sont notamment les moto-taxis clandestins. Ou ceux en règle mais soupçonnés de racoler le client sur place, sans réservation au préalable. Une pratique interdite, mais répandue aux abords des grandes gares. D’ailleurs, à l’approche des policiers, un groupe de motards casqués et gantés se disperse aussitôt.

"Vous savez pourquoi je vous arrête ?"

Près de la file des taxis, une grosse berline noire attire l’œil des fonctionnaires de police. C’est un « véhicule de grande remise », une voiture de tourisme avec chauffeur (VTC) qui ne fonctionne que sur réservation. Un service de luxe. Les agents s’approchent. « Vous savez pourquoi je vous arrête ? ». Le conducteur fait mine de ne pas comprendre : il roule sans plaque minéralogique à l’avant. « Elle est tombée et je ne sais pas comment la remettre », explique l'homme. La course en cours est annulée. Là encore, la contravention n’est pas passée loin.

Car les Boers ont a cœur de montrer qu’ils ne sont pas que des chasseurs de « clandés » ou des maniaques du PV. Un peu plus loin, ils passent à nouveau l’éponge pour un autre VTC, en défaut de carte professionnelle. Il plaide la bonne foi et se dit dépassé par les réglementations. « Si on est bêtes et disciplinés, on lui met une amende qui peut aller jusqu’à 1.500 euros. Mais c’est aussi parce qu’on sait faire la part des choses qu’on garde une bonne image auprès de la profession », explique Pierre.

Les contrôles de la matinée touchent à leur fin. Avant de repartir, les policiers s’assurent qu’un aveugle et son chien ne se font pas recaler dans la file de taxi. Une situation banale selon Pierre, certains taxis restant réticents à accepter les animaux à bord. Et de rappeler que « les taxis ne peuvent refuser un client que s’il est en état d’ébriété ou s’il a un animal sans être handicapé, comme ce monsieur aveugle ». Les Boers, eux, gardent l’œil ouvert.

Embarqué avec les « Boers », la police des taxis parisiens

 

 

Alors que les taxis parisiens devraient atteindre le chiffre de 20.000 l’année prochaine, une petite unité de police spécialisée, les Boers, fait la chasse aux escrocs du transport. Reportage avec l’une de ces patrouilles.

 

Des plaques d’immatriculation, des voyants « TAXI » fixés au mur façon trophées. Dans son bureau de la Direction de l’Ordre Public et de la circulation de la préfecture de police Pierre Piperis est comme un général en campagne. Le Brigadier Chef de Police désigne une carte punaisée au mur : « C’est le territoire de chasse des Boers ». Boers ? Rien à voir avec les Afrikaners, le terme vient de l’argot « bourre », déformé par l’accent des Russes blancs émigrés en France après 1917. « De 12 agents en 2008, on est passés à 75 pour Paris et sa Petite Couronne, soit presque 17.000 taxis », explique l’officier. La mission de cette brigade spéciale, créée en 1938 : traquer les « clandés », les faux taxis dans le jargon Boers, et tous les véhicules de transport payant de personnes en infraction.

 

Il est 10 heures, départ dans une voiture banalisée, au côté de Pierre, Jean-Paul et Didier, tous trois en civil. Le véhicule n’a pas fait 500 mètres qu’il s’arrête déjà, au bord de la Seine. Un taxi est garé sur la chaussée, le voyant occupé allumé. « Il se met peut-être au tarif… ». Traduction, le taxi interrompt sa course pour faire grimper la facture au compteur. De fait, le chauffeur s’apprêtait à récupérer un client mais s’était arrêté pour… voir son banquier. « En plus, il a son chien côté passager », note Pierre. Il s’en tire à bon compte, avec un sermon.

 

Remontés à bord, les policiers ironisent sur ce qu’ils appellent la « boîte à excuses » des chauffeurs de taxis : des pauses en tout genre, réelles ou imaginaires, pour la cigarette, le café, les petits besoins… « C’est de bonne guerre de leur part, concède Didier. Et puis c’est humain après tout ! Mais du moment où ils acceptent une course, ils sont tenus d’y aller directement ».

 

Direction la Gare de Lyon, un terrain de chasse privilégié. Sur le parvis, le trio se déploie en essayant de rester discret. « Mais ils nous connaissent à force. C’est un peu le jeu du chat et de la souris », observe un des agents de police judiciaire. « Ils », ce sont notamment les moto-taxis clandestins. Ou ceux en règle mais soupçonnés de racoler le client sur place, sans réservation au préalable. Une pratique interdite, mais répandue aux abords des grandes gares. D’ailleurs, à l’approche des policiers, un groupe de motards casqués et gantés se disperse aussitôt.

 

Près de la file des taxis, une grosse berline noire attire l’œil des fonctionnaires de police. C’est un « véhicule de grande remise », une voiture de tourisme avec chauffeur (VTC) qui ne fonctionne que sur réservation. Un service de luxe. Les agents s’approchent. « Vous savez pourquoi je vous arrête ? ». Le conducteur fait mine de ne pas comprendre : il roule sans plaque minéralogique à l’avant. « Elle est tombée et je ne sais pas comment la remettre », explique-t-il. La course en cours est annulée. Là encore, la contravention n’est pas passée loin.

 

Car les Boers ont a cœur de montrer qu’ils ne sont pas que des chasseurs de « clandés » ou des maniaques du PV. Un peu plus loin, ils passent à nouveau l’éponge pour un autre VTC, en défaut de carte professionnelle. Il plaide la bonne foi et se dit dépassé par les réglementations. « Si on est bêtes et disciplinés, on lui met une amende qui peut aller jusqu’à 1.500 euros. Mais c’est aussi parce qu’on sait faire la part des choses qu’on garde une bonne image auprès de la profession », explique Pierre.

 

Les contrôles de la matinée touchent à leur fin. Avant de repartir, les policiers s’assurent qu’un aveugle et son chien ne se font pas recaler dans la file de taxi. Une situation banale selon Pierre, certains taxis restant réticents à accepter les animaux à bord. Et de rappeler que « les taxis ne peuvent refuser un client que s’il est en état d’ébriété ou s’il a un animal sans être handicapé, comme ce monsieur aveugle ». Les Boers, eux, gardent l’œil ouvert.

Par Ghislain Fornier de Violet

Réactions à cet article1 commentaire

  • Par Anonyme-77656, le 14 nov à 02:24

    Anonyme-77656
    La différence-de-carburant

    Il est vrai qu'à la sortie-des-boîtes, les taxis-parisiens transportent beaucoup de filles boerées



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Publié : 12/11/11 - 17h36
Mis à jour : 14/11/11 - 09h47
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