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Euthanasie : Les failles du docteur Bonnemaison

L'urgentiste de Bayonne accusé d'euthanasie


Tandis que la justice doit décider mardi d’une éventuelle incarcération du Dr Bonnemaison, ses confrères décrivent un homme fragilisé et jusqu’ici très protégé. Trop ?

« L'enfant du pays » a toujours été très protégé par ses pairs
« L'enfant du pays » a toujours été très protégé par ses pairs MaxPPP

A la simple évocation de son nom, les visages se ferment, les voix s’agacent. Qui est donc le docteur Nicolas Bonnemaison pour susciter cette quasi omerta ? Né en 1960 à Hasparren, un petit village basque, Nicolas Bonnemaison est « un garçon du pays », relève un de ses collègues urgentistes du centre hospitalier de Bayonne. « Les Bonnemaison sont une famille très estimée dans le Pays basque », poursuit-il. Nicolas, troisième enfant d’une fratrie de quatre, grandit et se forge dans l’ombre de son père, Jean Bonnemaison, chirurgien admiré et respecté, directeur d’une clinique qu’il avait lui-même fondé. Un père dont l’aura puissante inspire ses enfants dans leurs choix de carrière : ses deux filles deviennent infirmières, tandis que Nicolas suit des études de médecine générale. En 1987, quelques années après avoir perdu son associé, le Dr Bonnemaison père se suicide. Sa mort bouleverse la région, et marquera durement le jeune Nicolas. « A partir de là, il a été très protégé par les copains de son père, et par la notoriété de ce dernier », confie son collègue.

Utilisé comme un pion

Nicolas Bonnemaison intègre en toute logique le centre hospitalier de la Côte basque à Bayonne, au service des urgences, où il officiera durant une vingtaine d’années. En 2005, il est placé à la tête de l’unité d’hospitalisation de courte durée, une zone tampon des urgences où les patients restent généralement moins de 24 heures avant leur réorientation vers un service spécialisé. C’est dans cette unité que le Dr Bonnemaison a euthanasié plusieurs patients (lire ci-contre). « Lorsqu’il l’a placé à la tête du service, le directeur de l’hôpital, Angel Piquemal, s’était pris d’amitié pour lui. Un peu trop. Il a profité de sa fragilité extrême, ancienne et connue de tous. Nicolas a été pressé comme un citron », accuse un de ses collègues urgentistes, sous couvert d’anonymat. « En plaçant Bonnemaison à la tête des urgences, le directeur avait la mainmise sur le service, avec un chef à sa botte. Durant des années, cela lui a permis de nous refuser des moyens, de ne pas tenir compte de nos revendications, en laissant Bonnemaison pris entre deux feux. Psychologiquement, c’était très dur à vivre pour lui. »

"Il était très protégé"

Cette position délicate s’accompagnait tout de même de certains avantages, selon son collègue. « Il était le seul à ne pas travailler la nuit, le week-end, les jours fériés. Il était très protégé par la direction. Cela n’a jamais dérangé personne, on le savait sensible. C’est quelqu’un de très attachant. Mais dans son unité, lorsqu’il travaillait, il était le seul médecin à bord. Il a fait ce qu’il a voulu… »

Lorsque l’affaire éclate au cœur de l’été, le mois dernier, les soutiens affluent, massivement, de la part des médecins comme des habitants. Une manifestation est même organisée par une partie du personnel à l’hôpital. Cette vague de sympathie laisse perplexe Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (AMUF) : « C’est du jamais-vu, cela ne se serait jamais passé comme ça ailleurs. Le produit qu’il a injecté à ses patients les a tués. »

"Infraction aggravée au droit"

Une opinion partagée par Marc Renoux, praticien hospitalier à Hendaye. Jusqu’au 5 septembre dernier, il présidait l’ordre départemental des médecins. « J’ai démissionné pour une question d’honneur. Nous avions soigneusement instruit ce dossier, avant de voter le dépôt d’une plainte pour infraction manifeste à l’article qui interdit de donner la mort à un patient. Une majorité s’y est opposée, souhaitant un supplément d’information. Selon moi, il y avait suffisamment d’éléments. D’ailleurs, moins d’une semaine plus tard, l’Ordre national a déposé plainte… Dans cette affaire, on confond deux choses distinctes : l’homme, fragile, chaleureux et populaire, très bon médecin, que j’estime énormément. Et l’infraction aggravée au droit. Ses patients étaient en fin de vie. Au lieu d’injecter de la morphine pour soulager leurs souffrances, il leur a injecté du Norcuron, un produit que l’on utilise normalement en anesthésie, et qui paralyse les muscles respiratoires. Si le patient n’est pas ventilé, il meurt. Ce qu’il a fait revient à tuer ses patients. Les faits sont les faits. »

Protégé des années durant, le Dr Bonnemaison, rattrapé par une compassion envahissante envers ses patients, semble en avoir oublié que le soutien de ses pairs, fût-il puissant, ne suffirait pas à l’éloigner d’une justice pour qui ses gestes pourraient mériter la prison.

Il va savoir s’il va en prison
Ce mardi va être décisif pour le Dr Nicolas Bonnemaison. L’homme, interdit d’exercice et mis en examen actuellement pour quatre « empoisonnements sur personnes particulièrement vulnérables », des faits passibles de la réclusion à perpétuité, va savoir s’il reste en liberté sous contrôle judiciaire ou s’il est placé en détention provisoire. Mis en examen le 12 août, il a reconnu avoir pratiqué des injections létales « pour abréger des souffrances », mais toujours avec l’assentiment des familles des patients, dont aucune n’a porté plainte à ce jour. L’avocat général, qui a réclamé devant la cour d’appel de Pau son placement en détention provisoire, évoque sept « décès en série », entre avril et août, signalés par des membres du personnel soignant.

 

La justice reproche notamment au praticien hospitalier d’avoir agi sans concertation avec les familles et l’équipe soignante. Par ailleurs, le Conseil national de l’Ordre des médecins a décidé de porter plainte devant leur juridiction disciplinaire, alors que le Conseil de l’Ordre départemental des Pyrénées-Atlantiques avait décidé de ne pas le poursuivre, une décision qui a entraîné la démission de son président.


 

Alexandra Gonzalez
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Réactions à cet article7 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 13 sep à 07:15

    Anonyme-77656
    Justice vermoulue

    Et pourquoi il n'est pas en taule celui là on attend qu'il en tue encore une dizaine....ah j'oubliais ..c'est la justice spéciale gros porte feuille



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  • Par Anonyme-77656, le 13 sep à 07:34

    Anonyme-77656
    La Loi

    La Loi est claire.



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  • Par HeyBaal, le 13 sep à 12:24

    HeyBaal
    Roh les vilains ils l'ont

    Roh les vilains ils l'ont nommé cher de service ! C'est pas des choses qui se font ça ! Quelle cruauté !


    On sait maintenant qu'il a utilisé un produit qui n'endort pas les patients mais les asphyxie.


    Qu'aucune personne n'ait porté plainte ne signifie pas grand chose. Une personne très agée et très malade meure. La plupart des gens s'y sont résignés. Ca veut pas dire qu'il faut fermer les yeux s'il y a quelque chose de suspect et on ne peut pas dire que ce ne soit pas le cas dans cette affaire.



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  • Par Anonyme-77656, le 13 sep à 14:19

    Anonyme-77656
    Merci

    Il a raison pourquoi souvrir uinutilement je souhaite pour moi même une mort digne je dirai merci à ce docteur



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  • Par Anonyme-77656, le 14 sep à 16:11

    Anonyme-77656
    Merçi Docteur

    Sans des gens comme le Docteur Bonnemaison ily a des gans qui souffrent comme des mathyrs en demandant la mort mais certains criminels préfèrent les voir souffrir que leur venir en aide et abreger leur soufrance ;Il est plus facile de faire le boucher que le veau !!!! Alors ce qui disent "on sait ceci ou celà qu'ils se taisent et comprennent les vraies zsituations sns retour!!!!!



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  • Par Anonyme-77656, le 14 sep à 19:58

    Anonyme-77656
    ça alors !

    ORDRE DES MEDECINS = FAUX CULS !!!



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  • Par gbsevigne, le 15 sep à 12:06

    gbsevigne
    c'est un acte criminel

    Les réalités doivent être vues en face. Le Dr Bonnemaison a commis un

    acte criminel : une intention de donner la mort. Cela est

    fondamentalement différent d'une aide à vivre ses derniers moments,

    apaisé, tranquilisé, dignement, sans souffrances. C'est ce qui se passe aujourd'hui, de

    manière généralisée, dans toutes relations soignants-soignés d'une haute

    valeur éthique. L'acte de Bonnemaison est criminel et la position du

    Conseil de l'ordre départemental indigne. Faut-il légiférer sur

    l'euthanasie ? Faut-il légaliser le "suicide médicalement assisté" ?

    Questions essentielles..... mais qui relèvent de choix de société et pas

    d'un médecin ou d'un soignant qui, ici ou là "pète les pblombs".



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Publié : 13/09/11 - 06h55
Mis à jour : 13/09/11 - 07h00
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