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Félix Potin se refait une santé dans le Sud

Que sont-ils devenus?


Lancée en 1844 par Félix Potin, l’enseigne est le symbole du commerce de proximité.

Felix Potin a dû déposer le bilan en décembre 1995
Felix Potin a dû déposer le bilan en décembre 1995 SIPA

C’est une rencontre qui risque de vous surprendre, au détour d’une rue. Un voyage dans le temps qui pourrait vous projeter des dizaines d’années en arrière, à l’époque où vous faisiez vos courses à la petite épicerie du coin. Dans le sud de la France, des camions estampillés « Félix Potin » circulent entre Grasse, Brignoles et Montpellier, au grand étonnement des passants. Sur les façades blanches des transporteurs, on peut découvrir un logo rajeuni, bien différent de l’imprimé de la grande époque des épiceries Potin. « Cela n’a plus rien à voir avec les commerces de proximité, assure Robert Larose, le directeur d’exploitation du site de la société à Grasse. Nous avons gardé la dimension familiale de l’entreprise mais il n’est plus question de faire de la vente au détail. » Aujourd’hui, Félix Potin n’est plus le petit épicier du coin qui vendait des produits bon marché et quelques-uns de luxe, le chocolat par exemple. La marque s’affiche désormais sur une société de distribution, qui livre des marchandises aux écoles, aux collectivités, aux hôpitaux, à l’armée ou encore aux hôtels de la côte. « Nous achetons des marchandises à des industriels comme Danone, Yoplait ou encore Daucy, reprend Robert Larose. Nous les stockons dans nos entrepôts puis nous les livrons. » C’est à ce moment-là que les camions « Félix Potin » surprennent des badauds nostalgiques, au coin de la rue. « C’est vrai que beaucoup de gens connaissent cette marque, qui était très appréciée, assure le directeur d’exploitation. C’est pour cela que la société Philippe Potin a racheté le nom. C’était porteur ! »

Il affiche des prix bon marché

Et pour cause : le label Félix Potin a marqué des générations de Français, bien avant que ne s’imposent les grandes enseignes d’hypermarchés à prix cassés. C’était une autre époque. C’était en 1844. Cette année-là, Félix Potin n’a que 24 ans. Fils d’un cultivateur, il a choisi la voie du commerce et lance sa première petite épicerie, qu’il loue à Paris. Sa devise : « Vente de qualité à bon poids et à bon prix. » Il n’est plus question de fixer les prix selon la tête du client ou l’heure de la journée. C’est là toute la révolution que propose Félix Potin. Chez lui, on affiche les prix, ils restent fixes et même bon marché. Sa recette séduit les clients et, en 1860, il ouvre un magasin sur deux niveaux boulevard de Sébastopol. C’est le début du succès. En entrepreneur confirmé, Félix Potin va vite comprendre que, pour réduire ses coûts, il doit limiter le nombre d’intermédiaires. Il est donc le premier commerçant à ouvrir, dès 1861, son usine à la Villette. Il y fabrique chaque jour 20 tonnes de sucre et sept de chocolat. Partout en France et à l’étranger, il produit son propre champagne, ses vins… A cette époque, les voitures de livraison Félix Potin sillonnent les rues de la capitale et participent à la renommée de la marque.

Du succès au dépôt de bilan

A la mort de l’épicier, en 1871, les héritiers maintiennent la maison et l’entreprise prospère. C’est la grande époque : la famille Potin s’installe dans des immeubles haussmanniens magnifiques, ouvre des magasins sur dix étages, possède des villas, des hôtels particuliers et même un yacht. Félix n’est plus là mais l’opulence perdure. Pas pour longtemps. En 1927, 8.000 personnes travaillent encore dans l’usine de la Villette. Mais face à une mauvaise gestion, les héritiers se séparent de l’empire pour une bouchée de pain : 5 millions de francs. L’heureux repreneur, André Mentzelopoulos, acquiert ainsi une quarantaine de petits magasins mais surtout de grands immeubles situés sur les Grands Boulevards parisiens. Il va alors jouer la carte de l’immobilier : au début des années 1980, Félix Potin compte 1.000 magasins et enregistre un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de francs. Mais l’arrivée des grandes surfaces est un coup très dur pour la marque qui perd peu à peu du terrain. C’est le début d’une agonie qui va durer plusieurs années. De repreneur en repreneur, Félix Potin perd des plumes et des magasins. Des 1.200 épiceries de 1956, beaucoup ont mis la clé sous la porte. Il n’en reste que 460 en 1995. Quant au chiffre d’affaires, il dégringole à 350 millions de francs en 1995 contre 1.200 millions en 1992. Les grèves se multiplient, la marque n’est plus que l’ombre d’elle-même jusqu’au 31 janvier 1996, lorsque le tribunal de commerce de Corbeil-Essonnes rejette les huit offres de reprises partielles du réseau Félix Potin. C’est la mort proclamée de la marque.

Jusqu’à ce qu’un parent de Félix, un fameux Philippe Potin, se décide à la racheter pour sa société de distribution, lancée en 1958. Aujourd’hui, ce sont les frères Chambon qui dirigent cette entreprise de grossiste basée dans le sud de la France. Ils y emploient un peu plus d’une centaine de personnes entre les entrepôts de Grasse, Brignoles, Montpellier ou Monaco. Et visiblement, ils n’ont pas l’ambition nationale de Félix Potin. « C’est une entreprise régionale qui va le rester », assure Robert Larose. Pas sûr alors de pouvoir relire bientôt, ailleurs en France, le slogan cher à l’épicier fondateur : « Félix Potin, on y revient ! »

 

Repères

1844 Félix Potin ouvre sa première épicerie, rue Coquenard à Paris.
1860 Ouverture d’un magasin sur deux étages dans un immeuble boulevard de Sébastopol.
1861 Félix Potin est le premier commerçant à lancer son usine à la Villette.
1956 Les 1.200 épiceries sont transformées en libre-services.
1958 Les héritiers cèdent le groupe à André Mentzelopoulos.
1977 Félix Potin compte 1.600 magasins et un chiffre d’afaires de 3 milliards de francs.
1984 Félix Potin est vendu à la société financière suisse Damilow.
1992 Castel Frères revend Félix Potin à la famille Sayer. L’enseigne ne possède plus que 607 magasins.
1995 Félix Potin dépose le bilan le 1er décembre après plusieurs manifestations.

Aurélie Lebelle
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Réactions à cet article1 commentaire

  • Par Chienlit, le 29 jui à 05:55

    Chienlit
    Et pour etre rentables

    Ces epiceries devront etre tenues par qui...?????



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Publié : 28/07/11 - 07h00
Mis à jour : 28/07/11 - 07h00
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