Résultats Présidentielle 2012

» S'identifier
Lundi 15 octobre, 17:42
Accueil > Actualité > Société > Harcèlement à l'école : "L'enfant risque d'en pâtir toute sa vie"

Harcèlement à l'école : "L'enfant risque d'en pâtir toute sa vie"

Violences scolaires


Pédopsychiatre à Marseille, Marcel Rufo se réjouit du lancement ce mardi d'une campagne sur le harcèlement à l'école, un phénomène en augmentation et aux dégâts parfois irréversibles selon lui.

Marcel Rufo est pédopsychiatre et connaît bien les comportements difficiles des ados.
Marcel Rufo est pédopsychiatre et connaît bien les comportements difficiles des ados. SIPA

FRANCE-SOIR. Comment détecte-t-on un enfant harcelé à l'école ?
MARCEL RUFO. Actuellement, ce sont les parents qui repèrent le plus souvent ces problèmes, car l'enfant finit par se plaindre des moqueries, bien qu'il en ait honte. Ce qui est monstrueux dans ces histoires, c'est que la victime se demande toujours si elle n'a pas mérité les méchancetés qu'elle subit. Et le harcèlement va toujours crescendo si l'on ne réagit pas.

F.-S. Que doit faire le parent pour mettre fin à la situation ?
M.R. Il faut aller voir le proviseur du collège ou du lycée, demander la mise en place immédiate d'un groupe de parole. Parce que l'enfant risque de pâtir toute sa vie de ce doute de la confiance en soi. On joue là l'avenir psychologique de l'enfant. En revanche, il ne faut pas aller voir directement les harceleurs, il faut que ce soit institutionnel. Le parent ne doit pas jouer au Zorro, au justicier.

"Le parent ne doit pas jouer au Zorro"

F.-S. Les réactions doivent-elles seulement venir du monde des adultes ?
M.R.
Pas seulement, il faut aussi une mobilisation du monde des adolescents eux-mêmes vis-à-vis de cette lâcheté qu'on a tous connu un jour. Quelqu'un est embêté et on n'intervient pas de peur de représailles. Cela arrive régulièrement dans le métro par exemple quand quelqu'un se fait agresser. Les voyageurs détournent le regard. Il faudrait que l'on fasse comprendre qu'être courageux et parler, c'est mieux que d'être lâche et de se taire. C'est une école de courage et de citoyenneté qu'il faut induire dès l'enfance.

F.-S. Est-ce que vous recevez des enfants en situation de harcèlement dans votre cabinet ?
M.R. Je vois parfois des enfants qui ont des conduites suicidaires, et qui ont pu être repérés par des harceleurs qui les ont attaqué sur leur vulnérabilité. Mais il ne faut pas faire trop de lien de cause à effets entre « cet enfant s'est suicidé » et « il était harcelé ». Le suicide induit un tempérament très fragile, une vulnérabilité très forte. Je vois beaucoup de gosses en revanche qui décrochent à l'école, et qui ont été dans leur passé maltraités par un groupe de leurs pairs. Je peux dire même affirmer qu'un « décrocheur » scolaire sur trois a été attaqué par le passé pour des raisons diverses : « il est roux », « elle est grosse », « ses parents sont pauvres », « il est d'une autre origine ethnique »...

"Le cyber-harcèlement augmente de manière incroyable"


F.-S. Est-ce un phénomène en augmentation ?
M.R.
Cela a toujours existé, les romanciers l'ont mis en scène depuis très longtemps, mais le prolongement de la scolarité obligatoire et le mélange de gosses fragiles fait qu'il y a effectivement de plus en plus de harcèlement. Ce qui augmente aussi de manière incroyable, c'est le cyber-harcèlement. Je te filme quand tu tombes et je mets la vidéo en ligne immédiatement, qui ensuite se propage et est très difficile à éliminer. C'est dramatique et redoutable.

F.-S. Qu'est-ce qui pousse un enfant à harceler et à maltraiter un autre ?
M.R. C'est intéressant parce que souvent le harceleur est fragilisé ou vit dans des conditions difficiles. En attaquant plus fragile que lui, il croit être fort. Il ne faut pas négliger l'accompagnement et l'aide au harceleur, pour éviter qu'il ne devienne à son tour le bouc émissaire, harcelé par l'institution.

F.-S. Ce genre de campagne a-t-il un réel impact ?
M.R.
Oui, regardez comment les choses ont évolué depuis que l'on parle de signalements des sévices sexuels. La petite fille victime d'attouchements ne se sent plus coupable mais au contraire est protégé par tout un ensemble de dispositifs qui permet à l'institutrice, l'assistante sociale, au médecin qui reçoivent son témoignage de la signaler pour défendre son discours et la protéger. Là, c'est pareil. On est dans un registre qui ressemble beaucoup aux sévices psychologiques. Sans compter qu'une agression sexuelle est parfois plus facile à diagnostiquer et à comprendre qu'une insulte ou une moquerie.


Si vous-même ou votre enfant est victime de harcèlement et que vous souhaitez témoigner, envoyez un mail à a.gonzalez@francesoir.fr

Propos recueillis par Alexandra Gonzalez

Réactions à cet article14 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 14:38

    Anonyme-77656
    cela n es pas nouveau

    je me souviens que dans les années 70 avoir était voir le directeur d une école pour un de mes enfant qui était harceler ,mais il ne se passe rien dans son école alors vous voyez que cela n es pas nouveau ???


    ps les harceleurs ont était condamne quand même



    Signaler un abus  
  • Par HeyBaal, le 24 Jan à 14:43

    HeyBaal
    Les parents ne doivent pas

    Les parents ne doivent pas jouer à Zorro. C'est aux services concernés d'agir. C'est leur travail, en effet. Sauf qu'ils ne font rien.


    Depuis qu'on a conforté cette règle ça a instauré un sentiment d'impunité et c'est de pire en pire.


    Donc à défaut d'être une solution parfaite, jouer au Zorro reste une solution efficace.



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 15:19

    Anonyme-77656
    harcèlement...

    Ayant travaillé dans le domaine de l'enfance,ce que l'on nous dit n'est pas acceptable..les valeurs de justice et dégalité sont bafoués.les parents qui privilégie le paraitre sont en parti responsables,plus aucune moral,ni de geitillesse comme cela exsistait,lorsque nous étions entre nous à l'école,en colonie de vacances.Maintenant il n'y a plus de valeur transmise,par les ainés ceci ne rapporte rien ni financièrement,ni à leur égo.Nous sommes en décalage total avec la réalité de la vie de tous les jours,les adultes en sont les responsables.



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 15:32

    Anonyme-77656
    Les directeurs sont parfois complices

    Dans les années 90 je suis allée voir le directeur de l'institut saint joseph à argenteuil pour lui signaler que mon fils était l'objet de harceleurs (coups, moqueries, menaces avec couteau). Il m'a répondu que si je voulais couver mon fils, je n'avais qu'à le changer d'établissement. CQFD



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 16:50

    Anonyme-77656
    l;ecole

    s les courlorsqu j;etis gamin les instits ou les profs faisaient les cent pas dans les cours de recre et intervenaient lorsqu,il y avaigt le moindre inidngt mingtenant il passent ce temps la dans la sall des profs ou a la mahine a cafe



    Signaler un abus  
  • Par langue de pivert, le 24 Jan à 18:43

    langue de pivert
    LA LOI !

    Ce Monsieur nous dit ce que tout le monde sait et propose des solutions qui n'ont pas à ce jour résolues le problème !


    La solution ?


    Comme pour l'interdiction du bizutage ou du harcèlement au travail ! LA LOI !


     



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 19:20

    Anonyme-77656
    societe française

    bah...des années 60 70 pu mainteant avec les "cyber moyens" ce n'est qu'un reflet de la société française : rabaisser son prochain est le seul moyen de se rehausser



    Signaler un abus  
  • Par grober, le 24 Jan à 19:40

    grober
    pas cool

    il y a trop d'élèves dans nos courts d' école. Il n' y a pas assez de profs ou de surveillants pour les encadrer et les protéger... de plus, la maitre d' école n' a plus le droit de corriger nos chères petites blondes, même les plus coquins.


    il n' y a plus de respect... plus d' esprit "famille".  y a plus rien.... hé! merde.



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 20:16

    Anonyme-77656
    s il le fallait nous

    s il le fallait nous réglerons ces problemes nous meme .nous n avons plus confiance en personne



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 20:29

    Anonyme-77656
    Je confirme, l enfant en

    Je confirme, l enfant en patit toute sa vie, helas. J ai honte d avoir ete faible a l epoque..cela a conditionne le reste de ma vie. Mes faiblesses ont pris le pas....



    Signaler un abus  
  • Par dragon29100, le 24 Jan à 20:33

    dragon29100
    harcellement

    j'ai 62 ans et a l'évidence cela n'a pas changé j'ai moi même été victime de ce genre de chose , jusqu'au jour ou mon père m'a donné l'autorisation de me défentre ce que j'ai fait j'ai explosé le nez de deux copains et bien sure j'ai été puni sauf que mon père est venu me chercher et la discution s'est engagée avec le prof , je n'ai plus jamais été embêté depuis au contraire ceux que j'ai molesté sont devenus mes copains



    Signaler un abus  
  • Par Greenreinette, le 25 Jan à 01:39

    Greenreinette
    A Heybaal et Mylene

    Je suis tout à fait d'accord avec vous. Lorsque mon fils était à l'école primaire, il était harcelé par un petit caid de 9 ans comme lui. Son père était le président des parents d'élèves. Avec mon fils nous avons cherché et essayé plusieurs solutions. Aucune n'ont marché et mon fils allait à l'école comme il irait à un enterrement. Alors j'ai pris le taureau par les cornes, je suis allée parler au petit "caïd", seul à seule. Je ne l'ai pas accusé mais je lui ai dit que j'en avais marre de leurs disputes et que si ça continuait, j'écrirais au journal local pour me plaindre de la discipline de l'école. Sachant le pouvoir de la presse écrite en Angleterre et de son appétit pour déclencher une polémique, le gosse et ses sbires n'ont plus embêté mon fils. Je lui avais dit que même les Parents d'Elèves ne pouvaient rien faire et que ce serait dans le journal. Je l'aurais fait s'il avait continué et j'aurais sans doute été obligée d'enlever mon fils de cette école par la presse sait faire monter la mayonnaise et c'est un gros risque de l'utiliser ici. Heureusement que ça a marché!



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 25 Jan à 10:04

    Anonyme-77656
    HARCELEMENT

    LE HARCELEMENT A TOUJOUR EXSISTE MAIS MAINTENANT

    UNE PETITE PARTIE DES ENFANTS SONT INSUPORTABLE

    ET LES PARENTS ONT UNE GROSSE PART POUR LE

    HARCELEMENT DANS L'ECOLE ET A EXTERIEUR LES PUNITIONS

    DES PARENTS IL NY A PAS LES GOSSES DIRIGE LES PARENTS



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 25 Jan à 14:16

    Anonyme-77656
    caids de paille

    ils ne faut pas les traumatiser ces petits chéris . chez eux ils commandent alors voila le résultat ils deviennent des tortionnaires .qu elle honte pour les parents



    Signaler un abus  
Publié : 24/01/12 - 14h32
Mis à jour : 24/01/12 - 16h09
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX


FranceSoir l'e-mag en PDF
FranceSoir l’e-mag a 1 an
N° anniversaire gratuit à découvrir en PDF
Télécharger

France-Soir sur Facebook

Plus d’articles


Dernières vidéos

Audiences TV : Taxi est loin devant

» Voir toutes les vidéos

Les derniers commentaires

    Les membres les plus actifs

    • HeyBaal HeyBaal, le 26 jui à 17:29

      288500 points
      5570 commentaires

      En savoir plus sur HeyBaal


    • nellyolson nellyolson, le 21 sep à 19:55

      203400 points
      3716 commentaires

      En savoir plus sur nellyolson


    • Bluesun Bluesun, le 26 jui à 17:21

      155550 points
      2987 commentaires

      En savoir plus sur Bluesun


    • pasloi pasloi, le 3 mai à 21:48

      150550 points
      2433 commentaires

      En savoir plus sur pasloi


    • Jakyburn Jakyburn, le 20 avr à 21:02

      99900 points
      1686 commentaires

      En savoir plus sur Jakyburn


    Quiz

    Testez vos connaissances

    Quiz Info : Insolites, Retraite, Football et Hollande


    Actu du jour en image

    Horoscope Quotidien 2012

    Minute Trente de Montvalon

    TV Tout sur Secret Stroy 6

    Faits Divers Les maisons de l'horreur