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Jeux en ligne : Le poker écrase les paris sportifs

Société


Le poker a nettement dominé les six mois qui ont suivi la libéralisation des jeux en ligne. A l'inverse, les résultats sont décevants pour ceux qui ont misé sur les paris sportifs.

Les jeux en ligne sont autorisés en France depuis le 8 juin 2010
Les jeux en ligne sont autorisés en France depuis le 8 juin 2010 SIPA

Ils ont tiré les bonnes cartes

Avec 150.000 joueurs actifs, le poker fait mieux que les paris sportifs que l'on voyait pourtant il y a huit mois largement devant, et les paris hippiques (130.000 joueurs actifs). L'Arjel (Autorité de régulation des jeux en ligne) estime que c'est le segment le « plus vivant » : environ 4 milliards d'euros misés depuis la légalisation du marché le 8 juin dernier. Plusieurs raisons à cela. Le poker est moins touché par la fiscalité : 2 % sur les sommes jouées contre 8,5 % pour les paris sportifs. Mais le poker bénéficie surtout d'une formidable surmédiatisation. Les people raffolent du poker et le font savoir. Acteurs, sportifs, chanteurs et autres animateurs ont fait irruption sur les tapis verts (nombreux tournois retransmis à la télé) et les pubs les utilisent largement comme vecteurs de communication. Patrick Bruel vante son site Winamax quand PokerStars mise sur Sébastien Chabal, Gaël Monfils ou encore Bruno Solo. Tony Parker est l'ambassadeur de BetClic, Raymond Domenech celui de Bwin. Estelle Denis, enfin, arbore les couleurs d'Everest Poker. Ce serait pour rassurer le « client » plutôt que chercher à être le numéro 1 à tout prix.
Autre phénomène : la féminisation du jeu. Plus de 30 % des joueurs nouvellement inscrits sont des femmes. Sans l'ouverture du marché et ces campagnes de pub sécurisantes, le poker en ligne serait resté beaucoup plus confidentiel, estiment unanimement les spécialistes. Et demain, pourquoi pas les seniors ? A noter enfin une exception française : le top 3 mondial (PokerStar, Full Tilt Poker et Party Poker) n'est pas respecté en France. Un nouveau venu, Winamax, s'est hissé sur la deuxième marche du podium, juste derrière le numéro 1 mondial, Pokerstar.
Les paris hippiques sont également la bonne surprise, avec 450 millions d'euros de mises. A l'inverse du poker, c'est un marché structuré autour d'un ancien monopole, le PMU, entreprise publique octogénaire qui comptait déjà plus de 6 millions de parieurs « terrestres ». Le PMU capte encore l'essentiel des sommes jouées (70 %), loin devant deux outsiders, ZEturf (50.000 joueurs inscrits) et LeTurf. Dans ce contexte de sur-représentation de l'ancien monopole et une fiscalité privilégiée, le chiffre d'affaires du PMU en 2010 est en progression de 2,6 % à 9,540 milliards d'euros, celui sur Internet n'atteignant que 928 millions d'euros. Des chiffres toutefois difficilement lisibles car ils mélangent une activité hippique ancienne et des choses nouvelles comme le poker et les paris sportifs.


Les résultats ne sont pas au rendez-vous

Le grand perdant de la libéralisation des jeux en ligne est le pari sportif et son représentant emblématique, le football (80 % des paris avant la libéralisation du marché, 60 % aujourd'hui, loin devant le tennis et le rugby) : 450 millions d'euros misés entre le 8 juin et le 31 décembre, soit neuf fois moins que le poker. Le foot a visiblement subi les conséquences du fiasco de l'équipe de France lors du dernier Mondial. On parle de 35 % de perte de chiffre d'affaires prévisionnel pour des opérateurs qui ne s'en sont toujours pas remis. Les 2/3 des paris en 2010 ont été uniquement pris pendant la Coupe du monde. Parallèlement, l'offre illégale, selon l'Arjel, serait marginalisée autour de 15 à 20 %.
Il est vrai que, contrairement aux paris hippiques, la culture du pari sportif n'existe pas en France, ou très peu. Ajouté à cela un taux de redistribution aux joueurs qui, pour coller à la loi, est passé de 95 % à 85 % et on comprend mieux les raisons de ce fiasco. BetClic Everest, qui revendique la place de premier opérateur privé en France avec une part de marché de 45 % dans les paris sportifs et un million de joueurs inscrits, affirme même « perdre de l'argent » : 25 millions d'euros en 2010. « Le marché devrait croître de 5 à 10 % par an, mais il est structurellement déficitaire à cause du poids d'une fiscalité qui pousse encore les joueurs français à aller vers des sites non agréés », affirme son président, Nicolas Béraud. Les nouveaux joueurs « grand public » ne se sont pas reportés uniquement sur les plus grosses marques, comme Betclic ou Bwin, mais aussi sur beaucoup de nouveaux entrants.
La concurrence est rude et les dépenses en marketing considérables pour acquérir de la clientèle. Et au final, un marché qui ne répond pas... Le PDG de TF1, Nonce Paolini, vient d'indiquer qu'il jugeait « insatisfaisants » les résultats d'EurosportBet et que le groupe pourrait dans les prochains mois être amené à se séparer de sa filiale. Même à la FDJ, qui disposait jusqu'alors d'un monopole avec le PMU, on se la joue modeste. Avec 90 millions d'euros d'enjeux en 2010 sur son site, 180.000 parieurs et 16 % de part de marché, le démarrage est décevant vu sa présence sur le terrain. 92 % des paris sportifs sont encore effectués dans les 24.700 points de vente (1,051 milliard de chiffres d'affaires en 2010 et 3.1 millions de parieurs). Tout le monde attend en tout cas avec impatience les prochains grands événements sportifs qui devraient booster les paris : la Ligue des champions en foot (Lyon et Marseille sont encore en lice), Roland-Garros, le prix de l'Arc de Triomphe et la Coupe du monde de rugby. Tout le monde est d'accord en revanche pour reconnaître que ce n'est pas le Championnat de France de foot qui va relancer quoi que ce soit !


(Sources : « Etude sur le marché français des jeux en ligne », Francis Merlin pour Monaco Igaming Exchanges, BetClic, FDJ, Arjel, ruedesjoueurs. com, ZEturf). 

Alain Maurice et Céline Schmink
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Réactions à cet article2 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 24 Jan à 18:24

    Anonyme-77656
    Poker

    C'est plus amusant et valorisant de participer à un tournoi de poker que de regarder un tournoi de football...



    Signaler un abus  
  • Par Anonyme-77656, le 25 Jan à 03:40

    Anonyme-77656
    Bruno Solo est un ambassadeur

    Bruno Solo est un ambassadeur PartyPoker en France, il n'est pas chez PokerStars.


    Par ailleurs, le PBJ de Winamax en France est supérieur à celui de PokerStars, d'après le rapport de l'autorité la concurrence (Avis 11-A-02 du 20 janvier 2011). Winamax serait donc selon cette autorité sur la première marche du podium, et non la deuxième.



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Publié : 24/01/11 - 07h31
Mis à jour : 24/01/11 - 07h33
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