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L’accordéon continue de faire danser les nostalgiques

Société


La sixième tournée des musiciens et accordéonistes de La Plus Grande Guinguette du monde vient de commencer, avec une quinzaine de rendez-vous prévus en province jusqu’au printemps. Et le succès ne se dément pas.

« Nous voulions “déringardiser” l’accordéon, en le faisant entrer dans de grandes salles comme les Zénith, en lui apportant la qualité dans les moyens techniques et la rigueur dans l’organisation. » C’est animé de cette volonté que Régis Richard, directeur artistique de l’agence de spectacles Nuits d’artistes, près d’Amiens (Somme), a lancé, en septembre 2004, La Plus Grande Guinguette du monde, marque déposée. Des accordéonistes de renom, des musiciens et quelques chanteurs ont ainsi fait valser les foules, sur des pistes de danse installées dans des Zénith, depuis cinq ans.

La tournée 2009-2010 vient de débuter mardi dernier à Auxerre, dans une salle plus petite, le parc des expositions : 800 spectateurs-danseurs et une piste de 200 mètres carrés, sorte de tour de chauffe avant la quinzaine d’autres rendez-vous prévus dans les Zénith de province d’ici à avril, avec 3.000 personnes attendues à chaque fois et une piste prévue de 400 mètres carrés.

Anciens et jeunes

Cela a relancé l’accordéon, moins audible à la télévision et à la radio, et surtout réservé aux petits bals musettes et autres fêtes locales du week-end. Le fameux « piano à bretelles » chanté par Brel ou Piaf a certes fait quelques émules ces dernières années chez les jeunes, dans la variété ou le jazz, mais reste majoritairement apprécié des plus de 50 ans. Les artistes eux-mêmes ont du mal à encourager les générations suivantes : André Verchuren, 88 ans, membre de la tournée depuis le début, et Yvette Horner, 87 ans, qui y participe pour la première fois, restent les têtes d’affiche qui attirent les foules. « Chez les accordéonistes, il y a un fossé de trente ans entre les anciens et les jeunes, parce que les anciens n’ont pas voulu laisser la place », explique Régis Richard, qui ajoute qu’il ne « peut pas se permettre d’engager des jeunes sans savoir s’ils vont attirer du monde ».

La relève est là pourtant et, à côté d’autres valeurs sûres comme Louis Corchia ou Louis Ledrich, La Plus Grande Guinguette du monde présente de jeunes accordéonistes d’une trentaine d’années comme Angélique ou Mathieu Chocat. Un orchestre est aussi de la partie et, entre les différents artistes, un chanteur et une chanteuse issus de l’émission de Pascal Sevran Chanter la vie interprètent des tubes du passé sur lesquels dansent les spectateurs.

Le public de la tournée est composé à 70 % de groupes et à 30 % de spectateurs individuels, et géographiquement localisé surtout dans le Centre, le Nord et (un peu) l’Est. « On ne descend pas au-dessous d’une ligne Limoges - Clermont-Ferrand - Saint-Etienne, fixée arbitrairement. On a eu l’occasion de passer dans des villes du Sud (Montpellier, Nice, Toulouse, Bordeaux), dans lesquelles on n’a pas eu le même engouement », explique le numéro deux de la tournée, André Musette (c’est son vrai nom, ça ne s’invente pas). La tournée 2009-2010 sera cependant la dernière à se produire dans des Zénith. Comme mardi dernier à Auxerre, Régis Richard veut désormais des salles plus petites, du type parcs des expositions, où il pourra installer des tables et des chaises autour de la piste de danse, avec moins de spectateurs dans les gradins. « Il y aura toujours les mêmes moyens techniques, la même qualité, mais dans une formule moins concert et plus conviviale », dit-il. En attendant, la prochaine étape, le 3 novembre, se déroulera au Zénith de Clermont-Ferrand, ville qualifiée par les organisateurs de « fief de l’accordéon ».

 


“La guinguette est là, tout comme autrefois”

C’est mardi dernier, au parc des expositions d’Auxerre (Yonne), que la tournée de La Plus Grande Guinguette du monde a lancé sa sixième saison. France-Soir était dans les coulisses.

Le petit décor en toile de fond, de six mètres de haut, représente un bal musette sur une place de village, avec des couples de danseurs et des lampadaires. Au pied de la scène, une piste de danse de 200 mètres carrés, en parquet flottant, a été installée. Les techniciens sont à pied d’œuvre depuis le petit matin dans le grand hangar du parc des expositions d’Auxerre, où 500 places de gradins ont été montées, pour la première de la tournée des accordéonistes vedettes. De part et d’autre de la piste, on a aussi placé une trentaine de tables rondes, avec dix chaises chacune. Il est bientôt midi, les spécialistes du son et des lumières font les derniers réglages et, sur scène, ce sont les plus jeunes qui répètent : Angélique, l’« accordéoniste aux pieds nus », et Mathieu Chocat, dont le nom de la formation est inscrit sur les pupitres, le Guinguette Orchestra.

Dans sa loge éphémère installée dans le hangar d’à côté, Yvette Horner, qui vient d’arriver, fait sa « gymnastique des doigts » sur le clavier de son accordéon. Son chanteur et guitariste depuis quarante-sept ans, Alain Palma, est aux petits soins pour elle, tandis qu’un assistant vient lui brancher un petit chauffage électrique. André Verchuren arrivera plus tard, il n’est prévu qu’en clôture du spectacle. Sur la piste de danse, le directeur artistique de la tournée, Régis Richard, déverse, en esquissant quelques pas de danse à reculons, et avec le geste auguste du semeur, deux flacons de talc. « Je me ferais teindre en blonde si tu me le demandais » : sur scène, c’est au tour de la chanteuse Isa Pech de répéter du Piaf, puis elle laisse la place à Marc Pascal, l’autre chanteur, qui comme elle sera chargé des intermèdes entre les accordéonistes.

Quelques jeunes

Yvette Horner, crinière rousse frisée et toute de blanc vêtue, arrive à son tour sur l’estrade pour répéter. Elle s’asseoit, on lui donne des « Bonjour, madame », on se penche et on s’accroupit autour d’elle. « Ecoutez-moi », dit-elle énergiquement et gentiment à un musicien, en lui posant la main sur l’épaule. Premiers essais devant le micro, elle demande « un peu moins d’aigus ». Une demi-heure plus tard, elle est toujours là, ne veut plus quitter la scène, et se fait prier pour aller déjeuner avec les techniciens et les autres artistes. Fin des répétitions, les spectateurs vont bientôt arriver, le coup d’envoi est prévu pour 15 heures.

Ils sont venus en groupes par autocar ou en couple en voiture, beaucoup d’hommes portent la cravate, peu de femmes sont en pantalon, la moyenne d’âge commence sans doute par 6, mais il y a quelques jeunes, dont Vivien, 20 ans, et Noémie, 21 ans, de Chalon-sur-Saône, accordéonistes eux-mêmes qui veulent voir de près la technique des pros. Après la présentation faite par Régis Richard monté sur scène, c’est Mathieu Chocat, régional de l’étape, qui lance le bal. Les lumières de la salle s’éteignent, la scène est mauve, le premier morceau est L’Accordéoniste. Un couple se lance sur la piste au bout de trente secondes, suivi d’un autre, puis deux, puis trois. Une minute plus tard, ils sont vingt-cinq à valser. C’est parti pour un après-midi de bal musette.

Parfois un couple se lance dans une ligne droite de tango, parfois un autre fait quelques mouvements de rock soft, mais en général ça tourne, c’est la valse. Avant que l’on passe au cha-cha-cha. Des gradins comme des tables, les couples vont et viennent, infatigables. Au bout de trois quarts d’heure Mathieu Chocat cède la place à Marc Pascal, pour quelques chansons : « A Joinville-le-Pont (– pon-pon, reprend la foule en chœur), tous deux nous irons (– ron-ron)… » Cinq minutes pour souffler, puis « Hello… le soleil brille, brille, brille » remplit à nouveau la piste. Infatigables. Pour un madison où tout le monde, en ligne, lève la jambe en cadence, la piste ressemble à une salle de gym pour retraités. Avec Isa Pech, pour la première fois on entame un slow. Les danseurs hésitent une dizaine de secondes, puis la piste se remplit à nouveau. Infatigables.

L’après-midi s’écoule, c’est bientôt le tour d’Angélique, effectivement pieds nus, qui accélère le rythme et fait frapper dans leurs mains ceux qui, debout ou assis, ne dansent pas. Sur la piste on tourne droit comme un « i », silhouette fine, quelques nœuds de cravate se desserrent. Des couples heureux, des sourires sur les visages, de la joie d’être là, du bonheur dans les regards même les plus sérieux. A 17 heures, petit quart d’heure d’entracte, avec cidre doux, vin blanc, café et crêpes, puis c’est reparti pour un tour. Louis Corchia, autre vedette de l’accordéon, entame par un hommage à Henri Salvador puis enchaîne sur Mon amant de Saint-Jean. Il fait chanter la foule sur Quand il est mort le poète. Après un bref changement de plateau, il est 18 h 15 quand Yvette Horner entre en scène. « La musique, c’est de l’amour. Et la musique, c’est vous. Vous faites partie de mon amour », dit-elle. Elle commence, assise, par un morceau « concerto » classique, devant une piste envahie de gens debout. Puis, debout elle-même pendant près d’une heure, elle aligne les morceaux et alterne avec des chansons d’Alain Palma, qui fait le clown. Paris, reine du monde : la moitié de la piste danse, l’autre est debout devant la scène à écouter, prendre des photos ou frapper dans les mains.

82 ans de carrière

Elle quitte la scène sous les vivats pour laisser place à l’autre idole des moins jeunes, André Verchuren, un peu voûté mais belle silhouette. Il a son nom gravé sur son accordéon doré et, dès les premières notes, quatre-vingt-deux ans de carrière explosent. Au premier morceau, la foule est si admirative que personne ne songe à danser, tout le monde l’écoute, debout sur la piste ou assis. Puis quelques-uns se remettent à danser, peu à peu. Au fil des morceaux, l’accordéoniste devient crooner et prend le micro pour chanter, notamment sa toute première chanson, quand il avait 6 ans, Au plaisir des bois. Il la joue d’un doigt à l’accordéon. « La guinguette est là, tout comme autrefois », dit la chanson. Il y a de l’humidité dans quelques yeux. Quelques tangos, quelques autres morceaux, sa chanson vedette J’ai de la valse dans ma musette, et bientôt il est déjà 20 h 15. Dehors il fait nuit, quelques couples valsent encore une dernière fois sur la piste avant que les lumières se rallument, avant que Verchuren ne joue Ce n’est qu’un au revoir sur son accordéon. Un de ses derniers morceaux s’appelle Les Fiancés d’Auvergne. Ça tombe bien, la prochaine étape sera Clermont-Ferrand.

La Plus Grande Guinguette du monde, spectacle à 14 h 30. Clermont-Ferrand le 3 novembre, Nantes le 5, Caen le 24, Rouen le 8 décembre, Le Mans le 14 mars, Saint-Etienne le 16, Chambéry le 18, Dijon le 19, Epernay le 23, Strasbourg le 25, Montbéliard le 26, Liévin le 30, Orléans le 1er avril.
Renseignements : www.nuitsdartistes.com et 0.892.700.462.

 

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Publié : 16/10/09 - 17h07
Mis à jour : 12/03/10 - 01h18
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