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Procès Patrick Trémeau - Le “violeur des parkings” jugé pour récidive

Société


Le procès de Patrick Trémeau, qui s’ouvre aujourd’hui à Paris, soulève de nouveau la question de la récidive des criminels sexuels. Et provoque la colère de ses victimes.

Sept d’entre elles seront là, aujourd’hui. Venues assurer de leur soutien les trois dernières victimes présumées du « violeur des parkings ». En 1998, pourtant, à l’issue du verdict qui a sanctionné leur agresseur, elles avaient prévenu du risque de récidive de Patrick Trémeau. « Il recommencera », avaient-elles alerté. Condamné à seize années de réclusion pour le viol de onze jeunes femmes et deux tentatives, Patrick Trémeau avait déjà été puni une première fois pour des faits similaires – en 1987, il écopait d’une peine de sept années de prison.

En 2004, ces jeunes femmes, emmenées par Anne Bordier, victime de Trémeau et vice-présidente de l’Association pour la protection contre les agressions et crimes sexuels (Apacs) – créée par des familles de victimes du tueur en série Guy Georges –, avaient saisi le gouvernement du problème. Le criminel, par le biais des remises de peine accordées aux détenus, était sur le point de sortir de prison. Il avait même demandé une permission pour se rendre chez sa mère, malade. Dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, alors à l’Intérieur, et à son homologue à la Justice, Dominique Perben, l’Apacs avait insisté sur « la dangerosité particulière » de Trémeau. La Chancellerie était alors intervenue pour demander le rejet de la demande du détenu. Avec succès.

Mais en juin 2005, sa peine purgée, Patrick Trémeau recouvre naturellement sa liberté. A peine un mois plus tard, il agressait une jeune femme, dans un parking d’habitation du XVIe arrondissement de Paris. Puis une deuxième, quinze jours plus tard, dans le sous-sol d’un immeuble du XIXe. Et une troisième, de nouveau dans un garage de l’Ouest parisien, mi-septembre.

Il y aurait sans doute d’autres jeunes filles, assises aujourd’hui sur la banc des parties civiles de la cour d’assises de Paris, s’il n’y avait eu le flair d’un policier. Cet enquêteur de la police judiciaire, qui avait travaillé, dix ans auparavant, sur les onze viols de Trémeau, reconnaissait son mode opératoire. Et, quelques jours seulement après la dernière agression, l’homme était arrêté chez sa mère, dans l’Essonne. Après avoir commencé par nier, Trémeau reconnaissait les crimes sexuels.

L’accusé, âgé de 45 ans, n’a jamais bénéficié de contrôle socio-judiciaire ni de soins psychiatriques, malgré le risque de récidive pointé par les médecins. Un point que ne devraient pas manquer de plaider ses défenseurs, Mes Henri Leclerc et Jean-Baptiste Rozes. De surcroît, il ne tombait pas sous le coup de la loi de 1998, qui permet désormais aux cours d’assises d’imposer une injonction de soins. Le texte était entré en vigueur seulement deux mois après sa condamnation. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le verdict est attendu jeudi.

 

 


 

“Je ne voulais plus exister”

Julie (*) est partie civile et raconte les souffrances endurées à la suite de son viol.

FRANCE-SOIR. Comment avez-vous vécu votre agression ?
JULIE.
Au tout début, si j’étais sous le choc, je me disais que je n’étais pour rien dans ce qui venait d’arriver. J’étais victime d’un accident dans lequel ma responsabilité n’était aucunement engagée. Une fois le choc passé, j’étais certaine de retrouver ma stabilité. Mais, en fait, j’ai commencé une descente aux enfers.

C’est-à-dire ?
J’ai subi un petit syndrome de Stockholm. J’avais peur qu’il ne me tue, et il m’avait laissé la vie. Je lui en étais reconnaissante ! Peu à peu, je me suis rendu compte que j’étais prisonnière de ce sentiment. Non seulement je ne détestais pas mon agresseur, mais en plus j’avais perdu toute ma colère naturelle.

Qu’éprouviez-vous durant ce temps ?
Six mois après le viol, j’ai fait une véritable dépression. Dix jours au lit, sans me lever, sans boire, ni manger, ni me laver. On m’a alors internée un temps en clinique. Mais la descente a continué. Lors de mes crises, j’en suis venue à faire des choses que je n’aurais jamais conçues. Moi qui avais eu un parcours sans faute, fait de brillantes études et obtenu le boulot dont j’avais toujours rêvé, qui étais amoureuse, je suis devenue suicidaire. Plusieurs fois, je me suis tranchée les veines des poignets, j’ai avalé des médicaments en surdose, me suis tapé la tête contre les murs… Je prenais des somnifères en pleine journée et je ne me souvenais pas de ce que je faisais. Je ne voulais plus sentir que j’existais. Je ne voulais pas exister, j’y étais parvenue.

Aujourd’hui, trois ans et demi après les faits, comment appréhendez-vous le procès ?
Je crois, j’espère, qu’après cette dernière épreuve je pourrais enfin me retrouver. Je ne ressens rien envers ce Trémeau. C’est un multirécidiviste qui avoue. Pourquoi faire un procès ? Je sais que je m’attaque aux fondements de la justice, mais c’est mon sentiment. Ce procès n’a aucun intérêt juridique. J’ose espérer qu’il aura un intérêt psychologique. J’ai connu des souffrances extrêmes et je n’arrive pas à envisager que de plus fortes soient possibles. Paradoxalement, je nie ce statut de victime en me disant constamment que tellement de personnes vivent des vies plus difficiles que la mienne.
(*) Le prénom a été modifié.

 

 


 

“La prison ne soigne pas quelqu’un qui a violé autant de fois !”

Entretien avec Anne Bordier est vice-présidente de l’Apacs (*) et reconnue victime, en 1998, du criminel sexuel.

FRANCE-SOIR. Vous avez décidé de venir soutenir les parties civiles à l’audience aujourd’hui. Pourquoi ?
ANNE BORDIER.
Parce que nous nous devons de porter ces trois nouvelles victimes. J’éprouve une infinie tristesse pour elles. Lors du procès en 1998, nous nous étions, nous, les parties civiles, retrouvées comme des sœurs qui ont un langage commun. Et puis j’éprouve aussi, même si, évidemment, je n’ai pas beaucoup de compassion pour lui, une infinie tristesse pour Trémeau qui va forcément retourner en prison.

En 2004, vous aviez prévenu des risques de récidive…
Oui, mais je ne suis pas devin, vous savez. C’était une évidence, et c’est ce qui est intolérable. On ne peut pas mettre quelqu’un comme Trémeau simplement en prison, alors qu’il a violé autant de fois. La prison, c’est très bien pour soustraire quelqu’un de la communauté, mais ça ne guérit pas, ça ne soigne pas. Une condamnation ne suffit pas, même si elle est nécessaire, indispensable pour les victimes.

L’Apacs, entre autres, milite pour un meilleur accueil des victimes de crimes sexuels. Que faut-il améliorer ?
Aujourd’hui, les victimes se plaignent moins de l’accueil qui leur est réservé par les services de police et de gendarmerie. Nous-mêmes avons eu la chance d’être soutenues par des policiers exceptionnels, grâce auxquels, sans aucun doute, nous allons à peu près bien. Mais c’est plus compliqué avec les juges d’instruction et les services médico-judiciaires. Il faut accentuer leur formation.
(*) Association pour la protection contre les agressions et crimes sexuels.

 

 

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Publié : 02/02/09 - 18h46
Mis à jour : 11/03/10 - 23h27
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