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Sœur Emmanuelle - Les confessions d’une femme libre

Société


Le livre confession de sœur Emmanuelle est sorti hier en librairie. Un livre qu’elle a voulu posthume, « par pudeur, mais aussi par souci de rester libre ».

Sœur Emmanuelle a rédigé durant près de vingt ans ses Confessions d’une religieuse (*). Ce livre est le premier qu’elle a commencé et le dernier qu’elle a fini. « Il me faudra descendre jusqu’à cette vase inconsistante que recèle tout cœur d’homme… au risque de ternir l’image idéale que fabriquent de moi les médias, au risque aussi peut-être de choquer certains lecteurs. Je m’en excuse par avance : la vérité ne comporte-t-elle pas une certaine crudité ? », écrit sœur Emmanuelle en ouverture de son récit. « Le premier objectif est tout simplement de “confesser” la vérité. »

Le récit s’ouvre sur la tragique noyade de son père, survenue alors qu’elle était tout juste âgée de six ans. « En un éclair, la mer venait d’engloutir ce bonheur d’enfant. Un sentiment d’insécurité foncière du vivant, de fugacité du bonheur dont nous ne sommes jamais les maîtres, a marqué la trame de mon existence. Son origine date sans doute de ce 6 septembre 1914. » Suivent ensuite ses années d’enfance, aux côtés de sa mère, de son frère Julot et de sa sœur aînée Marie-Lou. A dix ans, alors qu’elle s’est installée à Paris, elle déclare à sa famille qu’elle sera « religieuse, missionnaire et martyre ! ».

Mais avant cela, elle confie les tourments du désir alors qu’elle n’était qu’une jeune adolescente. « Quand l’assaut du plaisir m’assaillait, seule quelque présence étrangère avait le pouvoir de m’arrêter, sinon je m’avouais impuissante devant l’avidité du plaisir. Depuis lors se sont développés dans ma chair un penchant pour la volupté et une obsession de la sensualité dont l’intensité est difficile à décrire quand elle se tient prête à se déclencher. Le fait que l’aiguillon n’ait pas complètement quitté mon corps de vieille femme est une source constante d’étonnement et d’humiliation ». Madeleine, avant de devenir sœur Emmanuelle, décrit finalement la vie de n’importe quelle adolescente, en proie à la découverte de son corps, de ses sens. Epreuve qui continuera de la tourmenter des années plus tard.

« J’ai fait, moi aussi », poursuit-elle « cette incroyable expérience : depuis le jour où j’ai mis le pied au noviciat, la tentation restée toujours aussi vivace ne m’a plus jamais vaincu. J’ai vécu, jour après jour, cette parole : « Ma puissance donne sa mesure dans la faiblesse. » » Un peu plus tard, elle aborde cet amour de jeunesse avec un certain M. Fréson. « Pourquoi a-t-il refusé cette rencontre si puissante avec moi ? Parce qu’elle aurait brisé la femme de sa jeunesse, la mère de ses enfants, sans doute. Mais aussi, je crois, parce qu’il m’aimait, selon une autre expression de Maurice Bellet, “au-delà de l’amour”. »

Après les doutes, l’heure du choix, pris à quelques kilomètres de Londres. Après avoir couché le pour et le contre sur une feuille de papier, « j’ai trouvé le sens de ma vie. Je deviens « bonne sœur », c’est-à-dire une sœur bonne pour tous. En avant, marche ! ».

Le 5 mai 1929, cinq heures du soir. « Je me dépouille de l’attirail bariolé d’une jeune coquette pour revêtir robe et voile noirs dépourvus d’appât. Je vais essayer de décrire – y arriverai-je ? – l’éclatement de joie qui m’a brusquement saisie dans l’ivresse de ma libération ». Débute alors sa vie de religieuse, où « l’insatisfaction perpétuelle » cède le pas à l’épanouissement « de mon corps, mon âme, mon cœur ». Se succèdent ensuite ses voyages, d’Istanbul à Tunis, jusqu’à son Egypte tant aimée : Alexandrie puis Le Caire. Sa vie avec les chiffonniers, et sa retraite dans le sud de la France.

Il faut lire cet ouvrage comme un testament, où la religieuse appelle, encore et encore, à poursuivre son œuvre auprès des déshérités et à se porter au secours des « milliers d’enfants en difficulté à travers le monde ». Mais surtout, ces pages comme une ultime promenade aux côtés d’Emmanuelle. Femme religieuse, mais femme libre avant tout…

(*) Confessions d’une religieuse, par sœur Emmanuelle, éd. Flammarion, 420 p., 20 euros.

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Publié : 23/10/08 - 18h28
Mis à jour : 12/03/10 - 12h19
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