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Education : "Les travaux d’intérêt général à l’école, je suis pour !"

Rentrée scolaire 2011


Alors que les sanctions font l’objet d’une grande réforme, Paul Robert, proviseur, raconte la gestion des problèmes de discipline et de violence dans son établissement.

Pour lutter contre les violences scolaires et l’indiscipline, Luc Chatel a lancé une grande réforme des sanctions dans le secondaire
Pour lutter contre les violences scolaires et l’indiscipline, Luc Chatel a lancé une grande réforme des sanctions dans le secondaire SIPA

Paul Robert, principal du collège Lou-Redounet, à Uzès (Gard).

« L’école ne fonctionne que s’il y a une autorité. Et pour cela, toute infraction doit être sanctionnée. A un moment, ces questions sont devenues secondaires dans la pédagogie. On essaye de faire évoluer les mentalités en reprenant les fondamentaux, comme il aurait fallu ne jamais cesser de le faire », déclarait le ministre de l’Education, Luc Chatel, dans une interview au Figaro l’été dernier. Un an après, c’est chose faite : la réforme des sanctions est entrée en vigueur à la rentrée (voir encadré).

« Cette réforme va dans le bon sens, mais certains points ont de quoi hérisser les chefs d’établissement », estime Paul Robert, principal du collège Lou-Redounet, à Uzès, dans le Gard, et auteur de La Finlande : un modèle éducatif pour la France ? (*). Il précise : « Limiter l’exclusion temporaire des élèves à huit jours me paraît une très bonne chose pour éviter le risque de déscolarisation. D’autant que les élèves difficiles sont souvent avant tout des jeunes en difficulté scolaire. Or, les laisser chez eux ou dans la rue au lieu de les accueillir en classe ne va pas résoudre leurs problèmes. » Paul Robert n’est pas un grand adepte des exclusions, mais il explique ne pas pouvoir totalement se priver de cette sanction. « Lorsque j’exclus un élève, c’est souvent à contrecœur. Mais nous sommes en France, et il faut tenir compte du contexte culturel et social, des pratiques éducatives habituelles. Si je n’y avais jamais recours, je serais taxé de laxisme : les parents me le reprocheraient immédiatement. » En Finlande, la situation est très différente, explique-t-il. « Cette possibilité existe mais n’est jamais mise en pratique. Elle est considérée comme gravissime et inefficace. » Alors, à défaut de pouvoir s’en priver totalement, Paul Robert essaye de limiter les dégâts. « L’an dernier, quatre élèves ont été exclus définitivement de mon établissement à l’issue d’un conseil de discipline, contre trente dans un collège parisien où travaillait l’un de mes collègues. »

Des élèves envoyés dans des casernes de pompiers

Autre aspect de la réforme jugé positif : l’instauration de travaux d’intérêt général, baptisés « mesure de responsabilisation » par le ministère. « Je suis pour, car cela responsabilise les jeunes. Une sanction n’est efficace que si elle est comprise par l’élève, qu’elle a une visée éducative. » Certes, les travaux d’intérêt général existaient déjà dans certains établissements, mais la réforme va beaucoup plus loin. « Désormais, les élèves peuvent réaliser ces travaux d’intérêt général à l’extérieur de l’établissement à condition qu’une convention soit signée entre le collège et l’organisme. C’est un gros chantier à mettre en place, mais cela me paraît une piste très intéressante. » Paul Robert a déjà plusieurs idées en tête : « Les élèves qui endommagent des extincteurs pourront faire un petit séjour dans une caserne de pompiers après les cours, ceux qui se comportent mal dans les cars scolaires pourront accompagner un chauffeur dans sa tournée », suggère le chef d’établissement.

« Une sanction, c’est un aveu d’échec »

Comme beaucoup de proviseurs, Paul Robert n’apprécie pas l’automaticité de la saisine du conseil de discipline en cas de violence contre un personnel, prévue dans la réforme. « Jusqu’alors, c’était au chef d’établissement de prendre cette décision. Le texte va trop loin et retire toute marge de manœuvre au principal. Cela dénote un réel manque de confiance de la part du ministère. »

En guise de conclusion, Paul Robert explique : « Lorsque l’on arrive à la sanction, c’est que l’on a raté quelque chose avant. Une sanction est un aveu d’échec. Je ne dis pas cela pour culpabiliser les professeurs, mais notre travail est de trouver des alternatives aux sanctions pour résoudre les problèmes. Penser qu’on tient sa classe ou son établissement grâce aux sanctions serait une grave erreur. »

(*) ESF Editeur (2008).

Ce qui change à la rentrée 

C’est l’un des chantiers majeurs de la rentrée 2011. Pour lutter contre les violences scolaires et l’indiscipline, Luc Chatel a lancé une grande réforme des sanctions dans le secondaire. Le ministre est parti d’un constat simple : les exclusions, sanctions les plus couramment utilisées par les conseils de discipline, sont contre-productives. Car en éloignant les élèves perturbateurs des écoles, elles accentuent le risque de déscolarisation. La réforme rapporte donc à huit jours la durée maximale de l’exclusion temporaire d’un élève, contre un mois jusqu’à présent. Autre nouveauté : la création d’une « mesure de responsabilisation », terme technique pour évoquer des travaux d’intérêt général. Concrètement, les élèves sanctionnés pourront être contraints de participer à des activités de solidarité, culturelles ou de formation, en dehors des heures d’enseignement. Cela existait déjà mais restait très marginal, alors que le ministre souhaite en faire l’un des piliers de la nouvelle échelle des sanctions. Ces activités pourront être réalisées au sein de l’établissement ou d’autres structures, comme des associations, collectivités territoriales ou administrations. La nouvelle circulaire prévoit également de rendre obligatoire la tenue d’un conseil de discipline pour les cas de violences verbales ou physiques à l’égard de personnels de l’établissement. Une mesure qui a du mal à passer auprès des chefs d’établissement et des parents d’élèves.

Marie Conquy
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Réactions à cet article6 commentaires

  • Par Anonyme-77656, le 6 sep à 09:09

    Anonyme-77656
    reponse

    a lendroit ou un delit aetee perpetree sentences roger



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  • Par HeyBaal, le 6 sep à 13:10

    HeyBaal
    Et si l'élève refuse ? On

    Et si l'élève refuse ? On fait quoi ? Rien ? Donc on ne punit le plus lourdement que ceux qui ne sont pas irrécupérable.


    Les autres iront chez eux ... toucher le RSA jeune (merci les associations, qu'est ce qu'on ferait sans vous !) et continuer à "se faire connaître des services de police".


    Concernant le fait de forcer la main aux chefs d'établissement, tout comme on force actuellement la main des juges (peines plancher, etc ...), s'il y avait un peu plus d'actes et moins de paroles, on en serait pas là.


    en éloignant les élèves perturbateurs des écoles, elles accentuent le risque de déscolarisation Je rève ou c'est encore du bisounoursisme ? Qui se fait expulser ? Les gens qui auront les moyens et la mentalité pour poursuivre leurs études ? Faut faire la différence entre le monde tel qu'il existe et le monde tel qu'on voudrait qu'il soit. Forcer les racailles à rester dans les écoles (les imposer aux élèves normaux+niveler par le bas), c'est ça qui est contre productif. Si on les dégage et qu'on donne les moyens à la police de faire leur travail, tout en évitant d'entretenir les gens à grand coup d'allocation, y a moyen d'utiliser de la main d'oeuvre non qualifiée alors qu'une demande existe, au lieu de prétendre qu'on a besoin d'immigration pour ces emplois !


    Demandez aux vieux d'aujourd'hui qui étaient perturbateurs à l'époque, ce qui s'est passé. Ils ont quitté l'école dès qu'ils ont pu et ont bossé. Parce qu'ils n'avaient pas le choix. Ca leur a convenu (l'école c'est pas pour tout le monde et tout les emplois n'ont pas besoin d'une éducation longue) et appris la vie. Aujourd'hui le problème il vient pas d'eux, il vient ... de nous ! C'est fini l'époque où on avait plus le choix, maintenant, le choix "tu bosse ou tu profite du système" il existe. On le sait. Il est sur exploité. On le sait aussi. On en fait cadeau ! Tant qu'on aura pas admis ça on pourra gesticuler à n'en plus finir.



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  • Par Anonyme-77656, le 7 sep à 18:56

    Anonyme-77656
    Un éternel bricolage !

    Et si l'école et l'éducation (et la société) était à revoir de fond en comble dans un XXI e siècle naissant ?

    Grosso modo disons que, depuis Jules Ferry, les choses ont peu évoluées. Quelques originaux comme Freinet ou Maria Montessori ont tentés d'apporter un souffle nouveau à l'éducation, mais la pensée bourgeoise est restée la plus forte.



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  • Par HeyBaal, le 7 sep à 20:37

    HeyBaal
    Urgo les choses ont

    Urgo les choses ont énormément évolué. Il y a 30 ans les sanctions physiques étaient officiellement interdites mais officieusement pratiquées. Le cadre éducatif (et non pas instructif) était très présent. L'école inculquait des valeurs et elle s'en donnait les moyens, le tout dans un cadre social où ces valeurs signifiaient quelque chose. Bien évidemment il y avait des gamins à problème mais ils rencontraient immédiatement des limites.  Leur statut d'élève à problème était reconnu et traité comme tel.


    Aujourd'hui on en est où ? L'enfant roi est passé par là. C'est comme avant mais c'est l'équilibre inverse. Officiellement il n'a pas tous les droits, officieusement s'il dépasse les bornes on a aucun moyen de le recadrer (c'est connu les enfants n'ont pas besoin de cadre !). C'est établi comme une règle : l'enfant est forcément vertueux. Et puisque ce sont les parents qui râlent (parfois à raison, de la part de parents qui font leur taf et de profs défaillants, parfois à tort, de la part de parents démissionnaires), en cas de problème le coupable est tout trouvé : le prof. Ajoutez à ça une administration qui a bien compris que le moins emmerd*** c'est de donner raison aux parents dans tous cas.


    Donc en clair avant on avait un cadre social, de l'éducation, des punitions, des parents et des enfants à leur place. Aujourd'hui on a plus rien de tout ça. Et on croise les doigts pour qu'il suffise de réinstaurer une peu de punitions (mais pas trop) pour réinstaurer l'ancien système ? Ca ne fonctionnera pas. C'est impossible.



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  • Par Anonyme-77656, le 8 sep à 07:44

    Anonyme-77656
    Chatel communique et nous amuse

    Des stages pour les jeunes sont déjà difficiles à obtenir. Par exemple, les cantines scolaires voient le nombre des personnels agents de service diminuer: comment croire qu'elles vont prendre un élève perturbateur pour le redresser alors que les élèvs consommateurs de la cantine sont déjà des chahuteurs invétérés à l'égard des personnels de service?



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  • Par Anonyme-77656, le 17 sep à 18:29

    Anonyme-77656
    Les travaux d'intéret général à l'école

    Les sanctions des élèves dans les écoles doivent etre vues par tout un chacun dans le sens de "EDUCATION". Les travaux d'intéret général à l'école entre dans le cadre de cette EDUCATION. Nous, les enseignants, nous devons avoir le courage de SANCTIONNER nos élèves fautifs. C'est une EDUCATION car il ne faut pas oublier que l'enfant qui est un etre en devenir, vivant dans cette petite société que son école(qui a son propre discipline scolaire) va vivre ultérieurement dans cette société d'adultes dont la rigueure des textes juridiques n'est plus à démontrer. Là, il n'a plus droit à l'erreur car comme disait l'adage NUL N'EST SENSER IGNORER LA LOI. Voilà! Merci.



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Publié : 06/09/11 - 06h47
Mis à jour : 06/09/11 - 06h50
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