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Loi anti-tabac - Les bars-tabacs sont contraints au changement

Emploi


Baisse de la consommation du tabac et interdiction de la cigarette dans les cafés restaurants… Les débitants sont moroses. Sous peine de disparaître, ils doivent réinventer leur métier.

Chaque jour, 11 millions de Français prennent le chemin du bar-tabac, se rendent « à la messe », comme on l’entend encore dans certains villages. Lieux de convivialité, d’échanges, ces établissements sont aujourd’hui sur la corde raide. Ouverts 6 ou 7 jours sur 7, douze heures par jour, ils constituent le premier réseau de commerces de proximité en France…

Pourtant, en dépit de ce « sacerdoce », leur chiffre d’affaires connaît une inéluctable érosion. Si la diminution de la vente de tabac est de bon augure pour la santé des Français, elle a entraîné de vertigineuses pertes, avoisinant les 17 % entre 2006 et 2008. A cela s’ajoute, selon la Confédération des buralistes, une baisse moyenne comprise entre – 18 et – 20 % d’activités au comptoir (vente de cafés, boissons et sandwichs) en 2008. Le Nord et la banlieue parisienne étant parmi les plus touchés. L’activité jeux n’est pas épargnée.

Pendant ce temps, les charges ne faiblissent pas. La profession cherche les solutions à son maintien. Grâce au contrat avenir 2008-2011, signé avec le gouvernement, les 30.000 buralistes ont désormais un double statut : celui de commerçant et de préposé de l’administration en charge de missions de service public. Mais ce plan de soutien à la profession est hélas « sous-utilisé », déplore Gérard Bohélay, président de la Fédération des buralistes d’Ile-de-France.

Cigarettes au citron

L’entrée dans l’ère du No smoking contraint donc la profession à la diversification, source de nouveaux bénéfices. Mme C., commerçante dans le XVIIe arrondissement de Paris, a même pensé vendre des produits destinés au sevrage tabagique ! Patchs, chewing-gums nicotiniques et cigarettes parfumées au citron côtoyant l’objet de toutes les convoitises pour les tout jeunes désintoxiqués : cela ne se concrétisera pourtant pas, les pharmaciens s’opposant fermement à ce mélange des genres.

Plus sérieusement, ce formidable maillage français de distribution est en train d’inventer une nouvelle forme de services, notamment dans les petites villes et villages de campagne. Son objectif : répondre aux besoins laissés vacants par la fermeture de commerces de proximité, par la restructuration des services publics comme La Poste.

Les buralistes développent aujourd’hui les espaces dédiés aux ventes de cartes téléphoniques, titres de transports, timbres postaux, timbres fiscaux traditionnels et électroniques, articles pour fumeur, jeux, confiserie, journaux, papeterie, produits de dépannage (piles, pellicules photo…). Ils misent également sur le numérique, avec la vente de produits prépayés, via un portail de services.

Peut-être fleurira-t-il demain au sein de ce formidable réseau des tabacs-épiceries, des tabacs-fleuristes, tabacs-vins, ou tabacs-cadeaux, des tabacs à thème, tabacs-commerce équitable, tabacs-vêtements, tabacs à thés, des tabacs-clés minute, tabacs-cordonniers, tabacs-musique… Les tabacs-vélos ont ouvert la voie. Avant l’avènement de ce possible paysage commercial, d’autres bistrotiers préfèrent jouer la carte de la rébellion, comme à Lille ou à Paris (lire ci-dessous), et passer outre les interdictions en vigueur. Convivialité maintenue, clientèle ravie mais sanction imminente, dont l’établissement ne pourra que douloureusement se relever. La survie est-elle à ce prix ?

 


“Une baisse de la mortalité fantastique”

 

Les chiffres sont éloquents : le tabac fait 66.000 morts par an en France, le tabagisme passif près de 5.000. L’interdiction de fumer dans les lieux publics avait donc un double objectif sanitaire : diminuer le nombre de fumeurs mais aussi protéger la santé de tous. Plus d’un an après, quels sont les premiers résultats ?

– Nombre de fumeurs. Le pari du gouvernement était simple : un environnement non fumeur favorise l’arrêt du tabac, en réduisant sa tentation et sa normalisation. Selon Tabac Info Service, plusieurs milliers de personnes auraient arrêté de fumer depuis un an, comme le montre également la baisse des ventes (voir ci-contre) ou le succès des programmes d’accompagnement.

– Cancer. « Il faudra au moins dix ans pour observer les effets, nous explique le Pr Albert Hirsch, vice-président de la Ligue contre le cancer. Mais si cette mesure est maintenue, et combiné à l’augmentation du prix des cigarettes, la mortalité liée aux cancers va diminuer de manière fantastique. » Le tabac est en effet responsable d’un quart des décès par cancer, soit plus de 30.000 morts par an. Le tabagisme passif augmente, lui, de 25 % le risque de mourir d’un cancer du poumon ou de 70 % le risque d’infections pulmonaires chez les enfants.

– Risque cardiovasculaire. Les autorités françaises tablent sur une diminution de 5.000 à 10.000 infarctus du myocarde par an en s’appuyant sur les résultats obtenus en Italie et en Ecosse, dont les législations actuelles sont très proches de celles de la France. « Les premiers chiffres arriveront à la fin de l’année, précise pour France-Soir le Pr Daniel Thomas, de l’Institut de cardiologie de la Pitié-Salpêtrière. Nous sommes confiants car il est avéré que la pollution a très vite diminué dans les lieux publics et que les gens ont été moins exposés. » Le résultat devrait donc mécaniquement se traduire par une diminution des accidents coronaires aigus, tels que les infarctus du myocarde ou les angines de poitrine. Reste à connaître avec précision l’ampleur de cette baisse.

Renseignements :
– Info Tabac Service : 0825.309.310 et www.tabac-info-service.fr
– Office français de prévention du tabagisme : 01.43.25.19.65 et www.oft-asso.fr


Près de 700 fermetures définitives en 2008

– Au 1er janvier 2009, on comptait 28.874 buralistes actifs contre 32.536 en 2002. Ces entreprises emploient 120.000 salariés.
– 3.662 débits ont disparu en sept ans (dont 661 en 2008). Plus de 40 % de ces débits fermés définitivement sont situés dans les 29 départements frontaliers.
– Le chiffre d’affaires global du réseau est estimé à 30 milliards d’euros (2007). Les estimations 2008 ne sont pas encore disponibles mais la tendance est à la baisse sur la téléphonie (– 10 %), la presse (– 5 % environ), le tabac (+ 1,2 %), le bar et les jeux.
– Les buralistes ont de multiples activités : 61 % d’entre eux ont au moins une activité bar et 60 % ont au moins la presse (28 % des buralistes cumulent les deux activités).
Source : Confédération des buralistes.

Par Antonin Chilot
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Publié : 24/02/09 - 19h03
Mis à jour : 12/03/10 - 13h51
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