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JO 2012 : Sauvage, libre comme l'eau

Série : Les sportifs français aux JO de Londres 2012


Chaque mercredi, retrouvez sur France-Soir le portrait d'un athlète français qui s'apprête à disputer les Jeux Olympiques de Londres. Aujourd'hui, Julien Sauvage, seul tricolore engagé en 10 kilomètres eau libre.

 Vainqueur de la première manche de la coupe du monde de nage en eau libre en Argentine, le 22 janvier, Julien Sauvage arrive ambitieux aux JO de Londres
Vainqueur de la première manche de la coupe du monde de nage en eau libre en Argentine, le 22 janvier, Julien Sauvage arrive ambitieux aux JO de Londres DR/Stéphane Kempinaire

Il y a les Tony Parker, Laura Flessel, Christophe Lemaitre et autre Teddy Riner; stars de leurs disciplines, elles-mêmes bien connues des Français, ils se rendront à Londres portés par tout un pays. Et puis il y a les autres; ceux qui, à l'instar de Julien Sauvage, espèrent profiter des JO pour briller à titre individuel, bien sûr, mais aussi pour faire reconnaître, voire connaître, leur sport. Engagé en 10 kilomètres en eau libre, celui qui a grandi à Orange -où ses parents tiennent toujours un bar-tabac- brûle d'envie de faire partager sa passion pour « une discipline qui peut devenir médiatique car elle ressemble un peu à une étape du Tour de France. C'est de l'endurance avec un finish au sprint et des spectateurs proches des athlètes, c'est très spectaculaire », détaille-t-il. « Les Jeux sont une occasion en or de faire découvrir ce sport », espère celui qui est aujourd'hui licencié aux Dauphins du TOEC, le club toulousain grand pourvoyeur d'athlètes olympiques.

“Un marathon dans l'eau"

« Découvrir », le terme n'est pas trop fort. Beaucoup de Français, même amateurs de sport, ignorent encore tout de cette discipline « très jeune, dont les premiers championnats du monde se sont déroulés en 1991 », rappelle-t-il, « et qui n'est olympique que depuis Pékin en 2008. C'est un peu un marathon... mais dans l'eau », détaille celui qui est venu au 10KM nage libre « un peu par hasard. J'avais commencé un sport-études à onze ans », poursuit Julien Sauvage, « et, avec mon club d'Avignon, nous faisions de temps à l'autre des sorties en mer. Cela m'a plu, et j'ai décidé de continuer d'autant plus facilement que je n'avais pas le niveau international en “course” », reconnaît humblement le nageur qui a tout de même terminé quatrième des championnats de France sur 1500 mètres, réussissant un temps qui aurait pu le qualifier pour un Euro qu'il n'aura finalement disputé qu'en juniors.

Un diplôme d'ingénieur en poche

Alors à 17 ans, Julien Sauvage tranche: ce sera l'eau libre, pour laquelle il quitte sa Provence et gagne Toulouse. « Mon entraîneur voulait que je rejoigne les Dauphins du TOEC, et moi je souhaitais avoir l'opportunité de continuer au plus haut niveau tout en poursuivant des études. J'ai donc intégré l'Institut national des sciences appliquées (INSA), où j'ai suivi un cursus adapté, en sept ans au lieu de cinq », explique-t-il. Impossible, en effet, de compter uniquement sur la pratique de ce sport; « j'avais des aides de la Fédération ou du club, mais ce n'est que depuis la qualification pour les JO que je gagne vraiment ma vie grâce à la natation », précise le premier nageur à avoir validé son ticket pour Londres, en juillet 2011, huit mois après avoir obtenu son diplôme à l'INSA et s'être consacré entièrement au sport.

“Ne pas trop gamberger”

Cette qualification pour les Jeux Olympiques, Julien Sauvage l'a savourée; d'abord parce qu'elle lui a permis de trouver un sponsor, FDJ, ensuite parce qu'évidemment elle lui a ouvert les portes de « la compétition par excellence, celle que tout sportif rêve de faire. Celle qui peut changer ma vie, aussi, même si je ne pense qu'au plaisir en essayant de ne pas trop être sensible à la pression », prévient Julien Sauvage. « Ce sera difficile, d'ailleurs; nous nagerons le 10 août, soit quasiment à la fin des Jeux, qui se termineront 48 heures plus tard. On aura forcément hâte d'y aller, il ne faudra pas trop gamberger », explique-t-il. Notamment pas sur les conditions dans lesquelles se disputera la course, qui aura pour cadre majestueux Hyde Park, au cœur de Londres.

Des oiseaux et des phoques pour compagnons de route

« L'eau devrait être à 19 ou 20 degrés, donc assez fraîche malgré la combinaison, ce qui ne me favorise pas car j'ai très peu de matière grasse et suis donc moins protégé que d'autres nageurs », avance Julien Sauvage. « Mais je travaille pour limiter cet impact, tout en sachant que bien d'autres paramètres peuvent entrer en ligne de compte ». Composer avec la promiscuité fait partie de ces paramètres; les nageurs partent groupés, ce qui occasionne régulièrement quelques contacts parfois dévastateurs. « On prend des coups, mais cela fait partie de la course; ce qui est plus ennuyeux, c'est quand on en perd nos lunettes; là, c'est impossible de se repérer et la course est déjà très compromise », précise Julien Sauvage, qui au moins à Hyde Park n'aura pas vraiment à craindre les vagues, le courant ou... des invités surprises. « En nageant en mer, on croise régulièrement des poissons plus ou moins gros, des oiseaux marins voire... des phoques! », rigole-t-il.

“Je vise la médaille d'or"

A priori, ce genre de mauvaises rencontres sera épargné, donc, à Julien Sauvage durant ces JO. Le Français peut se concentrer sur son objectif, plutôt élevé: « je vise la médaille d'or », clame-t-il. « Je sais qu'elle m'est accessible, surtout si j'arrive à me maintenir dans le groupe de tête à 200 mètres de l'arrivée; là, je pourrai lancer le sprint et, avec mon expérience de la natation “course”, je pense pouvoir faire la différence », analyse l'ambitieux jeune homme qui fêtera ses 27 ans le 2 août, en pleins JO. Et qui espère s'offrir le plus des cadeaux d'anniversaire tout en rapportant à la France une médaille qu'historiquement elle se doit presque de décrocher. Comme beaucoup de sports olympiques -dont le biathlon, le pentathlon moderne, le triathlon ou le tir à l’arc-, le 10 kilomètres nage libre est né dans une armée; celle de Napoléon, en l'occurrence, lorsqu'en 1817, à Waterloo, un soldat français échappa à la vigilance de ses geôliers et traversa la Manche à la nage, performance exceptionnelle qui inspira plus tard les  autorités sportives. Et si un Français, près de deux cents ans plus tard, faisait retentir la Marseillaise en terre anglaise? Ce serait un joli clin d'œil de l'histoire.

 

La semaine prochaine:

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