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Jeudi 22 novembre, 09:06
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On a grimpé avec des stars de l'escalade

Autres sports


Au festival des Natural Games, il y avait du sport et de la musique à volonté. Sur les falaises du Boffi, il y avait des stars de la grimpe. Et escalader à leurs côtés, c'est tout simplement génial.

La grimpeuse Nina Caprez est la marraine des Natural Games 2012
La grimpeuse Nina Caprez est la marraine des Natural Games 2012 DR/N NEREAU

Le ciel est encore un peu couvert mais le temps devrait se lever. La pluie est annoncée pour le lendemain donc les grimpeurs gagnent la falaise, l'esprit encore embué par les festivités de la veille. On est samedi matin et la journée s'annonce intense : on va grimper le long des falaises du Boffi, dans les gorges de la Dourbie. Mais ce n'est pas tout... C'est aux côtés de Daniel Du Lac (champion de France, champion d'Europe et vainqueur de la Coupe du monde de bloc 2004), Nina Caprez (marraine des Natural Games 2012, double championne de Suisse en 2006 en difficulté et en vitesse), Gérôme Pouvreau (parrain des NG, champion du monde de difficulté en 2001) et autres stars de la discipline que va se faire cette ascension.

En highline, "il faut avoir la tête forte"

Avant de rejoindre les falaises, on fait un petit détour par les sommets. Les héros du film I believe I can fly s'y entraînent, sur une corde tendue entre deux pics. Le souffle coupé et les yeux ébahis, on les admire s'élancer au-dessus du vide, à des centaines de mètres d'altitude. C'est ça la highline, des héros traversent le Tarn en choisissant la voie des airs.

C'est au sommet de cette falaise que l'on a rencontré Tancrède Melet, une pointure dans la discipline, alors qu'il s'exerce depuis quatre ans seulement. Selon lui, c'est un sport « plus mental que physique, il n'y a pas besoin d'être super musclé, il faut surtout avoir la tête forte ». Surtout à l'arrivée, où ces acrobates de l'extrême sont pris d'un « moment panique : la peur de la réussite ». Et c'est à ce moment-là qu'ils doivent calmer les oscillations à cause desquelles ils risquent de chuter et se retrouver suspendus dans le vide par la corde qui les sécurise. L'altitude nous impressionne mais pour eux, la difficulté, c'est bien « la longueur, pas la hauteur, car il y a un manque de repères ». Alors, quand Tancrède s'élance sans être assuré, c'est seulement sur des voies assez courtes – qu'il maîtrise parfaitement. Si loin de la vie au sol, pas un bruit, on en prend plein les yeux.

Nina Caprez au sommet

Après avoir crapahuté sur les sommets, il est temps de descendre dans les profondeurs des gorges, au pied des falaises du Boffi. C'est ici que l'on a retrouvé Nina Caprez, Gérôme Pouvreau et autre grimpeurs de la Team Petzl, Daniel Du Lac ayant fait la randonnée avec nous. Ils sont une bonne dizaine à être venus profiter des premiers rayons de soleil pour grimper. Alors on discute et ils nous invitent à les rejoindre pour l'exercice. Enzo Oddo me propose de m'assurer, un privilège lorsque l'on sait qu'à seulement 17 ans, il est l'un des meilleurs grimpeurs de sa génération. Il a déjà réalisé de superbes performances, notamment une voie 9a+, la plus haute difficulté. A côté, toujours avec le sourire, Nina Caprez s'équipe elle aussi et escalade la paroi avec une agilité et une grâce déconcertante. Comme si c'était facile et qu'elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. Et en la voyant faire, on comprend mieux son spectaculaire palmarès... Double championne de Suisse en 2006, elle a également remporté cinq épreuves de la Coupe du monde en bloc et roc entre 2006 et 2009.

Une expérience à couper le souffle

Une des spécialités de Daniel Du Lac, c'est l'ouverture des voies. Il aime passer là où personne n'est encore venu exploiter la pierre et créer lui-même les voies d'escalade. Pour lui, « la quintessence de l'escalade est de grimper dans un niveau de difficulté sur des hautes parois » alors, chaque année, il relève de nouveaux défis. Et les projets ne manquent pas. Mais ce samedi, c'est face à une paroi que les grimpeurs connaissent déjà que l'on se prépare. Ils empruntent des axes impraticables pour nous, simples débutants, et nous conseillent des voies plus simples. Assurée par Enzo qui m'indique des solutions lorsque je suis bloquée à quelques mètres d'altitude, j'atteins fièrement la dernière dégaine. Et là, la vue est splendide. Le soleil s'est levé et, lorsque je regarde la vallée, j'aperçois la vie qui grouille, minuscule. En levant les yeux, c'est l'immensité, où évolue un slackliner perché sur sa ligne.

Le spectaculaire Daniel Du Lac

Son chapeau toujours vissé sur la tête, Daniel nous quitte rapidement, il est attendu au village pour la compétition de kayak. Oui oui, de kayak. On a oublié de vous dire, mais Daniel Du Lac n'est pas qu'un grimpeur, c'est aussi un touche-à-tout. Il a commencé le kayak à l'âge de six ans, avant de se mettre à l'escalade quelques années plus tard. Depuis, c'est à la seconde discipline qu'il s'est consacré, sans jamais mettre de côté la première et en développant sa polyvalence : le ski de fond, la course d'orientation, la spéléologie, le ski alpinisme et la cascade de glace font désormais partie de ses compétences. Un vrai boulimique de sport.