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JO 2012 : Les 1001 galères de François Pervis

Jeux Olympiques de Londres 2012


François Pervis, membre de l'équipe de France de cyclisme sur piste, nous raconte son quotidien, ses joies et ses peines, sans rien cacher de ses soucis financiers.

François Pervis (médaillé de bronze en 2010 aux Mondiaux de Ballerup) refuser de baisser les bras
François Pervis (médaillé de bronze en 2010 aux Mondiaux de Ballerup) refuser de baisser les bras AFP

On peut collectionner les médailles en championnats du monde et vivre dans un 12 mètres carrés, sans aucune garantie sur l'avenir. François Pervis, 27 ans, ne sait pas encore s'il participera aux Jeux Olympiques de Londres. Le Mayennais a suffisamment de recul sur son parcours pour ne pas baisser les bras face aux difficultés sportives... et financières, forcément liées.

Les sponsors, le pétrole

« Jusqu'en août 2010, j'étais licencié dans l'équipe cycliste Cofidis. On s'occupait de moi, on me soutenait, on m'offrait du matériel. J'étais le roi du pétrole. Et puis Cofidis a fermé sa section piste et le partenariat s'est arrêté. Je reçois des subventions mais pas suffisamment pour pouvoir atteindre mes objectifs. Combien ? Entre 10.000 et 15.000 euros. Je suis parvenu à trouver des sponsors mais les contrats prennent bientôt fin. Je ne désespère pas de prolonger avec l'or olympique... si je participe aux Jeux. L'annonce des sélectionnés sera le 12 juin. Mon site officiel m'aide à trouver des partenaires financiers. Quand je vais voir des entreprises et que je leur explique que j'ai 27.000 visiteurs, forcément, je suis plus écouté. Cela m'aide dans mes démarches. »

La famille, les loisirs

« Ils passent après. A 17 ans, pour réussir, j'ai mis les amis et les sorties de côté. Même maintenant, j'évite les dépenses superflues, comme aller au cinéma. J'ai des plaisirs simples. Je pêche la carpe, par exemple ! Il y a quelques années je pouvais passer des heures sur Pro Cycling Manager (un jeu vidéo de cyclisme) mais j'ai arrêté, faute de disponibilité. J'ai un emploi du temps serré. Je passe une licence en management sportif à l'Institut national du Sport, de l'expertise et de la performance (Insep). Je me lève le matin à 7 heures, je prends des cours puis je m'entraîne de 16h30 à 19 heures. Je ne ressens aucune frustration par rapport à mon sort car j'ai choisi cette vie. Sans le cyclisme, je serais où ? A l'usine ? Ou chômeur, qui sait ? Tous les jours, je prends ce qui m'arrive comme une victoire. »

La campagne, le Japon

« J'ai des origines paysannes. Ma mère a travaillé trente ans dans la même usine, en ouvrière de base, payée au Smic. Mon père est sans-emploi. Mon premier vélo, c'est papa qui me l'a offert. D'occasion. Chez nous, on ne partait pas en vacances. C'est la piste qui m'a permis de voyager. C'est une chance. En avril, je suis allé à Melbourne pour disputer les Mondiaux. Moi, un campagnard de souche, partir à Melbourne ! Vous vous rendez compte ? Je me suis aussi rendu au Japon. J'ai dû payer le traducteur pour qu'il traduise mon français. Il m'a couté 650 euros par courses... à raison de quatre courses. Faites le calcul. J'ai du dépenser 5000 euros pour me loger car je suis allé là-bas à mes frais. Le vélo, c'est aussi moi qui le paye. 3000 euros. Et je ne compte pas les dépenses diverses. Une troisième place du kilomètre, elle ne rapporte pourtant que 700 euros. »

Le loyer, le boucan

« L'Insep me loue une chambre pour 300 euros. 10, 12 mètres carrés. Je ne m'y sens pas chez moi. Les voisins mettent leur musique à fond, je suis obligé de taper sur les murs pour qu'ils baissent le son. J'aimerais bien partir mais je n'ai pas assez pour louer ailleurs ou acheter. Je suis coincé. Mon rêve, ça serait d'avoir mon chez moi, à Saint-Quentin en Yvelines. Quand je suis arrivé à l'Insep, j'avais besoin d'argent pour le loyer. C'est mon frère qui m'a aidé. Heureusement, aujourd'hui, la Fédération me paye l'Insep à 75%. Sans elle, financièrement, ce serait encore pire. »

La route

« En 2011, chez les juniors, j'ai vu ma progression stoppée. J'ai arrêté le vélo pendant quatre mois car je manquais de fer dans le sang. J'ai suivi un régime spécifique et j'ai fini par reprendre la piste. J'ai des regrets de n'avoir pas percé sur route. J'aurais pu être un sprinteur, le leader d'une équipe. Quand je vois combien ils gagnent...»

Par Maxime Mianat

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