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Football : Au Pérou, le coach est une femme


Les femmes se font petit à petit une place dans le football mais celui-ci reste exclusivement dominé par les hommes, notamment du côté des entraîneurs. La Bolivienne Nelfi Ibanez, coach d'une équipe semi-professionnelle, est l'exception qui confirme la règle.

Nelfi Ibanez est la coach de l'équipe de football masculine du club d'Hijos (Pérou)
Nelfi Ibanez est la coach de l'équipe de football masculine du club d'Hijos (Pérou) AFP/CRIS BOURONCLE

Nelfi Ibanez. Ce nom ne vous dit probablement rien, et pourtant cette femme est une pionnière : au Pérou, pays réputé pour être macho, elle est une des rares « entraîneuses » au monde d'une équipe de football semi-pro masculine.

« On y va, on s'impose physiquement ! Pression partout, on n'arrête pas ! ». La coach des « Hijos de Acosvinchos » donne de la voix sur le bord du terrain, c'est elle la chef. Pourtant, dans ce pays, la femme conquiert encore difficilement un rang. Alors entraîner une équipe d'homme, quand aucune femme ne le fait en Europe, c'est tout de même un exploit. « Je dois être la seule au monde, non ? Dans les pays où j'ai été, j'ai vu que j'étais la seule, apparemment, à entraîner des hommes. Les sélections féminines de pays comme l'Allemagne, les Etats-Unis, le Japon, sont dirigées par des hommes. J'aimerais avoir plus de collègues. Je ne sais pas si j'ai été courageuse, ça m'est venu si naturellement ». Nelfi Ibanez se sait avant-gardiste mais ne se revendique pas en croisade. Parce que son truc, depuis l'enfance, c'est le foot. Elle rêve même d'entraîner un jour la sélection de Bolivie et la qualifier pour son premier mondial depuis 1994.

Nelfi Ibanez : "Se retrancher derrière est ôter au football toute sa beauté"

Pour le moment, c'est un club semi-professionnel du Pérou que cette Bolivienne de 43 ans entraîne, mais elle vise bien sûr une progression en première division. Cette saison, les « Hijos de Acosvinchos » ont le vent en poupe avant que le championnat de deuxième division ne débute : en matches amicaux, ils comptabilisent deux victoires et un nul. Pour la « profesora » (comme on appelle respectueusement un coach), la stratégie, c'est l'attaque. Elle joue avec un système 4-3-3 voire 4-4-2 : une pression a tous les coins du terrain et le but adverse pour obsession, le football offensif de l'équipe fait parler d'elle. « Se retrancher derrière est ôter au football toute sa beauté. Je ne crois pas à l'anti-football », dit la Bolivienne. Et ce qui fait surtout la réputation de l'équipe, c'est sa coach. Et cette coach n'est pas une novice en la matière puisqu'elle a déjà suivi des stages en Espagne, a dirigé des équipes de jeunes et un club bolivien avec lequel elle gagna un titre amateur.

Les dirigeants d'Hijos, club fondé il y a 66 ans dans la capitale par des immigrants de la province andine d'Ayacucho, ont naturellement choisi Nelfi Ibanez. « Il y avait 20 entraîneurs péruviens potentiels, mais en voyant le CV de la coach, avec des études en Bolivie, au Paraguay, à la FIFA, une collaboration avec le FC Barcelone, on n'a pas réfléchi à deux fois, et on a contacté son agent », raconte le président Jaime Gonzalez.

"Ils peuvent lancer les mots qu'ils veulent"

Etre une femme ne l'empêche pas d'entraîner son équipe comme n'importe quel entraîneur. Elle ne se gêne même pas dans les vestiaires lorsque ses joueurs se changent : « C'est leur problème. Moi je suis dans ma causerie technique d'avant match ». Si elle est à l'aise dans son rôle de première dame, elle sait cependant qu'elle recevra des sarcasmes et insultes des tribunes. « Ils peuvent lancer les mots qu'ils veulent, c'est leur droit. Moi j'ai toujours été quelqu'un de très respectueux, comme avec chaque joueur ». D'ailleurs, les joueurs qui évoluent sous sa houlette trouvent le fait d'être entraînés par une femme parfaitement normal. « La dame connaît très bien le football. Elle est très offensive, elle aime le but, elle sait exactement ce qu'elle veut et sait nous recadrer », affirme Yetro Garcia, attaquant de 21 ans. « Moi je ne vois aucune différence » (avec un entraîneur homme) appuie Diego Moron, 20 ans, pour qui c'est bien sûr une première. « Ca ne me pose aucun problème, je trouve même cela super ». Cesar Vidal, l'entraîneur-adjoint est ravi : « Attaque, beau jeu: on parle le même langage. On va être la sensation du championnat ».

Un exemple qui devrait être imité

Le poste d'entraîneur de football reste majoritairement réservé aux hommes. En France, neufs des douze clubs féminins de première division sont entraînés par des hommes (seuls Juvisy, Montpellier et Soyaux ont un entraîneur féminin), tout comme la sélection nationale. L'Angleterre, l'Allemagne et les Etats-Unis ont des coachs féminins pour les équipes féminines, mais Nelfi Ibanez est la seule femme qui entraîne une équipe d'hommes.

Par Oriane Filhol

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