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Montpellier champion : "Mieux vaut tard que jamais" pour Girard

Ligue 1


René Girard était un entraîneur comblé dimanche soir quelques minutes après le succès de Montpellier à Auxerre (1-2). Il est revenu sur le premier titre de champion de France de l'histoire de son club.

René Girard est tombé dans les bras de son président Louis Nicollin pour fêter le titre de Montpellier
René Girard est tombé dans les bras de son président Louis Nicollin pour fêter le titre de Montpellier AFP/Jeff Pachoud

FRANCE-SOIR Quel sentiment prédomine après avoir conquis ce titre de champion de France à Auxerre ?
RENE GIRARD Cette saison se termine bien pour nous. Quand une rencontre prend cette dimension là, on ne sait pas comment ça va finir. On arrête et on reprend. On est toujours inquiet. Je suis très fier des garçons. Ils ont fait une saison exceptionnelle en tenant 38 matches avec une équipe de jeunes. On a marqué des buts et on n'en a pas beaucoup pris. On a mérité d'aller au bout.

F.-S. Avez-vous douté après l'ouverture du score de Kapo à la 19e minute ?
R. G. Je me suis dit qu'on n'était pas dans la merde déjà ! Bien que j'avais appris que le PSG était mené à Lorient et qu'il n'y avait pas trop de dégâts à ce moment-là, on commence à se poser des questions car c'était la première fois qu'ils venaient dans notre camp. On avait eu deux ou trois occasions auparavant pour ouvrir le score et c'est eux qui y parviennent. On se demande alors si les mouches n'ont pas changé d'ânes.

F.-S. Comment allez-vous le fêter ce titre ?
R. G. Je ne sais pas si on réalise bien ce qu'il nous arrive. Pourtant, j'en ai pris la dimension après notre match face à Lille la semaine dernière. Les gens nous ont rappelé qu'on était champion à tous les coins de rue. On ne l'était pas car je suis d'un tempérament assez prudent. Et pour cause, tant qu'on ne l'est pas, on ne l'est pas ! Je me demandais si cela allait arriver et si j'allais le savourer. Je suis encore un peu sonné. J'essaye de reprendre mes esprits.

F.-S. Comment avez-vous vécu ce scénario un peu dingue avec deux longues interruptions de match ?
R. G. C'est toujours embêtant à vivre ces moments-là. Les joueurs étaient en pleine action et ils arrêtent d'un coup. On ne repart pas avec des décisions qui ne sont pas prises. Ce n'est pas Auxerre ce qu'on a vu ce soir. Je le sais. On doit quand même apporter une réflexion au niveau des supporters. Le football, ce n'est pas ça ! Je comprend qu'ils ne soient pas contents et qu'ils veulent manifester. Je crois qu'on peut le faire différemment en tant que gens adultes. Je l'ai assez mal vécu. On jouait quand même le titre et les autres ont fini bien avant nous. C'est un petit peu dommage.

Girard : "C'est le match le plus long de ma carrière"

F.-S. Ces événements ont-ils gâché votre plaisir ?
R. G. C'est le match le plus long de ma carrière. J'ai demandé à l'arbitre et aux délégués si on avait le droit de jouer jusqu'à 5 heures du matin. Les choses se sont arrangées ensuite. Ce n'est pas souhaitable pour le sport de haut niveau d'avoir une telle cassure dans un match comme celui-là. L'enjeu était important par rapport à la victoire de Paris à Lorient. Ils ne pouvaient pas arrêter le match comme ça. Si le match avait été arrêté, j'ose espérer qu'on n'aurait pas été punis.

F.-S. Avez-vous partagé ces moments de joie avec votre président Louis Nicollin ?
R. G. J'ai commencé à cinq minutes de la fin du match en le voyant stressé sur le banc de touche. Je lui ai dit : 'Ça devient bon, relâchez-vous président!' Il y a le match sur le terrain mais lui fait le sien aussi. A trois minutes du coup de sifflet final, il s'est levé derrière moi et il m'a dit que ce n'était pas encore fini. Je lui ai répondu : 'Positivez et soyez un peu cool' Après, il m'a dit que cette fois-ci, on y était. Je pense qu'il réalisera demain ce qui se passe pour le club. C'est une page exceptionnelle de son histoire qu'on vient d'écrire. C'est un grand moment pour le football pailladin et montpelliérain. C'est le plus cadeau qu'on pouvait lui faire ce titre.

F.-S. Finir devant les cadors de la L1 doit signifier beaucoup à vos yeux…
R. G. On a déjà vu ce genre de situation par le passé. Je pense que c'est une bonne chose. Ça ravive un peu notre football. Dans la vie comme sur le terrain, je ne crains personne. L'argent ne fait pas le bonheur, il y contribue. Ces clubs là font du bien aussi car il y a de grands joueurs qui viennent en Ligue 1. On a fait un clin d'oeil ce soir à une équipe de copains et un club qui a fait des choix judicieux. Je les en remercie et à l'arrivée, le cocktail n'est pas trop mal. On a tenu 38 journées ce qui n'est pas simple. On a été souvent devant. On nous a mis la pression, ce qui est logique. Je suis bluffé par mes joueurs. Je ne pensais pas qu'il tiendrait jusqu'au bout.

F.-S. Vous projetez-vous sur la saison prochaine déjà ?
R. G. Ce serait l'idéal de conserver le groupe actuel et y apporter deux ou trois retouches. On pourrait rester compétitifs. Depuis trois ans, nous faisons de bons parcours. La première année, on finit 5es. La seconde, on arrive en finale de la Coupe de la Ligue et il ne manquait pas grand chose pour finir dans la première partie du classement en championnat. Cette année, on va cherche le titre alors que demande le peuple ?

F.-S. Ce titre est-il aussi fort que ceux que vous avez conquis en tant que joueur (avec Bordeaux en 1984, 1985 et 1987) ?
R. G. Ce n'est pas la même joie. En tant que joueur, on agit et on est acteur. Quand on est entraineur, on ne l'est qu'à certains moments. On prend les décisions dans les compositions d'équipes et on subit beaucoup de choses aussi. C'est un grand moment de ma vie mais peut-être qu'on va gagner la Ligue des champions donc je vais y aller doucement (rires). Quand on vit avec un groupe de 24 joueurs toute une saison, ce partage, c'est le pied !

F.-S. Est-ce l'aboutissement de votre carrière ?
R. G. Une carrière d'entraîneur n'est pas très longue. J'ai arrêté très tard de jouer et je m'y suis mis tard avec dix années passées à la Direction technique nationale. Mais vaut mieux tard que jamais comme on dit. Je l'ai déjà vécu en tant que joueur. C'est fort. Le vivre de cette manière l'est également. Je pense à nos supporters qui ont été exceptionnels. J'espère qu'on fera une fête extraordinaire avec eux lundi à Montpellier. Je ne pensais pas qu'on pouvait soulever un enthousiasme comme celui-là. Ce soir, quand on est arrivé dans les rues d'Auxerre, on a vu des Montpelliérains partout. On doit leur tirer un gros coup de chapeau.

De notre envoyé spéciale à Auxerre, Jonathan Murciano

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