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Tennis - Lacoste, le Mousquetaire inventeur

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Le plus célèbre des Mousquetaires n’était pas seulement à l’origine de la marque au crocodile. Il était aussi un formidable inventeur.

« J’ai voulu rendre au tennis ce qu’il m’a donné. » René Lacoste a-t-il un jour eu conscience de l’héritage qu’il a légué à ce sport qu’il a tant aimé ? Né en 1904 à Paris, il est surtout connu pour avoir été l’un des quatre Mousquetaires avec Jean Borotra, Henri Cochet et Jacques Brugnon.

Sa carrière de joueur n’a duré qu’une dizaine d’années, marquées par sept titres du Grand Chelem et par deux victoires en Coupe Davis, mais Lacoste a également laissé une trace indélébile grâce à ses inventions qui ont révolutionné le tennis, même si ce n’est pas l’aspect le plus connu de sa vie. Car Lacoste, ce n’est pas seulement un crocodile brodé sur un polo en jersey petit piqué blanc.

Sans doute inspiré par son père, un sportif confirmé – il excellait en aviron –, et un industriel talentueux, le « Crocodile » a passé sa vie à innover et à créer. A 20 ans, il dépose son premier brevet : une table portative de mah-jong (NDLR : jeu de société chinois voisin des dominos).

L’idée lui vient lors du voyage sur un paquebot et sera vendue à plusieurs milliers d’exemplaires sous licence. L’aventure de ce « Géo Trouvetou » avant l’heure ne fait que commencer. Il va se servir de son brillant esprit pour améliorer ses performances techniques.

Ainsi, quelques années plus tard, il a l’idée de mettre du sparadrap médical sur le manche de sa raquette pour la rendre plus maniable. En 1927, âgé de 23 ans, il dépose le brevet de la machine à lancer des balles de tennis afin de pouvoir améliorer ses smashes. Entre-temps, le Mousquetaire est devenu le « Crocodile ».

Il parie une valise en crocodile

Alors qu’il se trouve aux Etats-Unis, en 1926, il fait un pari avec le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Celui-ci lui promet une valise en crocodile s’il remporte un match capital pour son équipe contre l’Australien James Anderson.

Lacoste perd. Mais un journaliste qui a entendu le pari s’empare de l’anecdote et dans son papier écrit que Lacoste a joué comme un « Crocodile » avec beaucoup de sang-froid et de ténacité. C’est l’ami de René Lacoste, Robert George, qui lui dessinera le fameux crocodile qui est tout d’abord brodé sur le blazer qu’il portait sur les courts avant de trouver sa place sur ses chemises.

En 1928, pour lutter contre la chaleur, il fait confectionner à Londres un lot de chemises en maille qu’il portera pour disputer la finale des Championnats de France et provoque le scandale en jouant bras nus. S’inspirant des tuniques des joueurs de polo en petit piqué blanc, le polo « 1212 » devient une référence dont le succès ne se dément toujours pas.

Si les premières trouvailles du Mousquetaire-Crocodile apportent un plus indéniable au tennis, celle qui révolutionne réellement ce sport est la raquette en acier qui fait son apparition bien après la retraite sportive de Lacoste et qui sonne le glas des raquettes en bois. Il passa plus de trente ans à travailler sur ce projet et en 1963 le numéro 1 français de l’époque, Pierre Darmon, est le premier à l’utiliser sur le central de Wimbledon. D’abord sceptique, Darmon se laisse rapidement séduire.

Il teste même les raquettes afin que Lacoste puisse y apporter régulièrement des améliorations. De son côté, l’inventeur réalise ses propres essais dans sa chambre, contre ses murs en essayant de taper toujours aux mêmes endroits, ce qui lui vaut quelques vases brisés et quelques lampes cassées.

La T2000 est commercialisée par sa société La Chemise Lacoste dans l’Europe communautaire et par Wilson aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Elle sera vendue à plus de 6 millions d’exemplaires en une dizaine d’années. L’un des plus célèbres ambassadeurs de la T2000 est sans doute Jimmy Connors qui remportera plus de 100 matches avec cette raquette.

Une vingtaine de brevets déposés

Entre 1960 et 1980, René Lacoste dépose une vingtaine de brevets. Devenu ingénieur en aéronautique après avoir mis un terme à sa carrière tennistique, il continue à s’intéresser à la petite balle jaune. En 1974, il met au point, avec son fils François, le damper, un anti-vibrateur placé à l’extrémité du manche mais qui permet aussi d’obtenir une meilleure précision dans le coup et augmente la vitesse de la balle. Il fallait y penser, Lacoste l’a fait et il ne se contente pas d’innover pour le tennis.

Marié à Simone Thion de la Chaume, il travaille sur les drivers du golf, le sport dans lequel excelle son épouse et dans lequel sa fille Catherine s’illustrera en devenant la seule femme amateur à remporter l’US Open féminin. Mais Lacoste n’en a pas fini avec les raquettes.

En 1988, il commence des travaux sur un nouveau modèle qui allie les avantages des petits et des grands tamis. Pour les premiers essais, il fait appel à un petit jeune, Guy Forget, âgé d’une vingtaine d’années et qui commence à faire parler de lui. Comme Darmon, il est d’abord incrédule mais se laisse convaincre au bout d’une heure avec l’Equijet dans les mains.

En 1991, « armé » de cette fameuse raquette, Forget atteint son meilleur classement mondial – 4e – et surtout offre à la France une victoire en Coupe Davis après 59 ans de disette. « C’est le plus beau jour de ma vie », avouera, ému, René Lacoste à son fils Michel alors que les deux hommes assistent au succès des Français devant leur poste de télévision. Jusqu’aux dernières années de son existence, le « Crocodile » sera sollicité pour ses idées.

En 1993, c’est Christian Bîmes, alors président de la Fédération française de tennis, qui lui demande de réfléchir sur des balles pour la pratique du mini-tennis. Il travaillera sur le concept de la « balle lente » qui devait faciliter la tâche aux enfants. Un projet qu’il ne peut mener à terme puisqu’il décède en 1996, à l’âge de 92 ans, en ayant bien évidemment rendu au centuple ce que le tennis lui avait offert.

A lire : Le Style René Lacoste, de Patricia Kapferer et Tristan Gaston-Breton, L’Equipe, 2008.
Remerciements à Michaël Guittard et à Claire Venambre du Tenniseum de Roland-Garros.

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